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Réduction des pesticides: des experts internationaux s'inspirent des innovations de nos agriculteurs


Publié le 11 octobre 2017

Une centaine de délégués internationaux ont visité les Jardins Vinet et la ferme Delfland, le 5 octobre.

©gracieuseté - PELI

AGRICULTURE - Une centaine de décideurs politiques internationaux étaient de passage dans les Jardins-de-Napierville pour découvrir les outils technologiques développés et utilisés par les agriculteurs d'ici qui, soucieux de leur environnement et de la santé, veulent réduire leur utilisation des pesticides.

Les agriculteurs d'ici sont toujours dans l'action et à l'affût des nouvelles technologies. C'est pour ça que la région avance aussi bien.

Anne Ammerlaan, coordonnatrice du PELI

Utiliser des mouches stériles ou des guêpes minuscules pour contrer les attaques d'ennemis des cultures ou encore développer de nouvelles variétés de laitues plus résistantes, voilà quelques exemples d'avancées technologiques développées par les agriculteurs de la région qui ont été présentées aux délégués internationaux qui ont visité les Jardins Vinet, à Saint-Rémi et la ferme Delfland, à Napierville, le 5 octobre.

Ces derniers participaient au 3e Sommet mondial sur les homologations mineures qui se tenait à Montréal, du 1er au 4 octobre. Lors de cet événement, plus de 200 personnes, provenant de 35 pays, ont échangé dans le but d'harmoniser leur réglementation quant aux pesticides qui sont autorisés dans le secteur horticole.

Visiteurs

C'est dans le cadre de ce sommet que le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) a décidé d'inviter ces délégués dans la région. Ces visiteurs provenaient du Canada et des États-Unis, mais aussi de l'Équateur, de la Thaïlande, du Chili, du Brésil, de la Hollande, mais aussi du Maroc et du Sénégal.

Le Pôle d'excellence en lutte intégrée (PELI), qui est chapeauté par le Centre local de développement des Jardins-de-Napierville, a participé à l'organisation de cette visite sur le terrain.

Né en 2012, le PELI regroupe des producteurs qui ont à cœur cet enjeu de réduction des pesticides dans leur agriculture. En collaboration avec des chercheurs et différents intervenants du secteur horticole, ils développement et mettent en pratique différents outils et techniques dans leurs champs qui leur permettent de réduire leur utilisation de produits chimiques.

«Cet événement est une occasion de visibilité unique, explique Anne Ammerlaan, coordonnatrice du PELI. C'est la première fois que nous sommes impliqués dans l'organisation d'un événement mondial. C'est hyperintéressant parce que notre mandat est de mettre en valeur les initiatives des producteurs d'ici et de transférer l'information.»

Ici

Si la visite sur le terrain s'est déroulée dans les Jardins-de-Napierville, c'est d'abord parce que les producteurs de la région sont très sensibles à l'enjeu de la réduction de l'utilisation des pesticides.

«Notre région a été choisie parce que les agriculteurs d'ici s'impliquent beaucoup, affirme Mme Ammerlaan. Ils en mangent de l'innovation et ils s'ouvrent au grand public. Avec la saison tardive des récoltes, ils sont dans le <@Ri>rush<@$p>, mais ils nous accueillent quand même parce qu'ils estiment qu'il faut montrer ce qu'on fait pour que les consommateurs reconnaissent les efforts qu'ils mettent en œuvre pour réduire l'utilisation des pesticides.»

Rencontré à la ferme Delfland, Nar Diene, toxicologue au ministère de la Santé du Sénégal a vu dans cette visite une possibilité de collaboration. «Ça nous a permis de voir d'autres alternatives, dit-il. Nous, on a la mouche de la mangue et la nouvelle technologie à l'aide de drones pourrait être intéressante.»

M. Diene est d'avis que les pesticides ne sont pas prêts de disparaître, mais qu'il faut en faire usage de manière raisonnée. «On ne peut pas s'en passer pour assurer la sécurité alimentaire, mais il faut les utiliser à bon escient», dit-il.

Même son de cloche de la part d'Ahmed Zouaoui, du Laboratoire officiel d'analyses et de recherches chimiques, au Maroc. «Il y a des alternatives aux pesticides, mais les coûts sont encore trop élevés. Les gens ne peuvent pas supporter tous ces frais. Le marché n'est pas assez important.»