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La nature se déchaîne sur la région: des agriculteurs perdent leurs récoltes


Publié le 9 août 2017

Le champ d'oignons de Denys Van Winden est une perte totale.

©TC Media - Marc-André Couillard

AGRICULTURE - Plusieurs agriculteurs ont tout perdu sous cette nappe d'eau qui s'est accumulée dans les champs. C'est le cas de Denys Van Winden, de la ferme Productions horticoles Van Winden, située sur le rang Saint-Paul, à Sherrington.   

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Denys Van Winden, agriculteur

Ses 400 acres de carottes, d'oignons, de laitue et d'ail, prêts à être récoltés, sont perdus. «Tout ce qui est dans le rang Saint-Paul, entre le rang Saint-Patrice et le rang Saint-Michel, c'est perte totale, lance-t-il. On a le moral abattu et les pieds mouillés, mais c'est pas en braillant qu'on va sécher le cours d'eau.»

Sa ferme n'est pas en péril, malgré ce désastre, mais ses effets se feront sentir pendant plusieurs années. «Ça prend quatre ou cinq ans à se relever d'une catastrophe comme ça», explique M. Van Winden. Il a investi environ 1 M$ sur ses terres depuis le printemps et il n'a bénéficié que de trois semaines pour récolter. «On a récolté 10 boîtes d'oignons, alors qu'on aurait dû en récolter 400, précise-t-il. Il y a trois pieds d'eau sur le champ de salade.»

Les terres de M. Van Winden ont été inondées en raison de la rivière l'Acadie qui est sortie de son lit. Les agriculteurs réclament depuis plusieurs années que cette rivière soit creusée et il accuse le gouvernement de se traîner les pieds dans ce dossier.

«Ça fait 20 ans qu'on le demande, mais rien ne se fait, déplore-t-il. On est une région qui investit, on innove, mais de l'autre côté, on ne fait rien pour nous aider. La rivière fait encore 300 pieds de large, 60 heures après la pluie. C'est inacceptable. Il faut arrêter les études. Il faut mettre une pelle et creuser.»

Le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, a annoncé qu'il apporterait de l'aide aux sinistrés. «Ce sont des vœux pieux, croit M. Van Winden. On n'y croit pas vraiment. Les inondés de ce printemps n'ont même pas eu leur argent encore et ils vivent dans des motels.»

L'Union des producteurs agricoles estime que les dommages causés par ces orages se chiffrent à plusieurs dizaines de millions de dollars pour les producteurs agricoles de Sherrington, Saint-Édouard, Saint-Cyprien-de-Napierville et Saint-Isidore.