Découverte d’un foyer d’infestation à l’agrile du frêne à Saint-Édouard

Découverte d’un foyer d’infestation à l’agrile du frêne à Saint-Édouard
Vigile verte organise deux conférences gratuites qui porteront sur l'agrile du frêne

Environnement – Un foyer d’infestation à l’agrile du frêne a été découvert aux limites des municipalités de Saint-Édouard, de Saint-Philippe et de Saint-Mathieu.  L’insecte a également été aperçu par des citoyens de Saint-Jacques-le-Mineur.  Cette espèce exotique envahissante progresse sur le territoire.  Il est difficile d’évaluer le nombre de frênes qui se trouvent dans la région, mais à eux seuls, les agriculteurs en ont planté environ 9 700, depuis 2002, dans la Municipalité régionale de comté (MRC) des Jardins-de-Napierville. 

Ces frênes, comme presque tous les frênes en Amérique, sont condamnés à mourir s’ils ne sont pas traités, préviennent les environnementalistes. Selon Vigile verte, un organisme à but non lucratif, les gens devraient commencer à voir dès l’an prochain des arbres morts à Saint-Michel et à Saint-Édouard, deux municipalités voisines de Saint-Mathieu, où l’insecte a été détecté.

À Saint-Édouard, on prend la chose au sérieux.  Un document d’information sera distribué aux citoyens dans les prochaines semaines, explique Carl Simard, urbaniste stagiaire de la municipalité.  «On sait qu’on a des frênes, mais on ne sait pas quelle quantité», explique-t-il. 

Municipalités

Par le biais de son organisme, Philippe Blais, qui est biologiste, médecin, mais aussi président de Vigile verte, cherche à informer la population et à sensibiliser le milieu municipal à cette problématique.  «Ça devient un danger public, explique M. Blais.  Un coup mort, il ne faut pas attendre avant de les abattre.»  Un frêne infecté par l’agrile représente un danger imminent puisqu’une fois mort, il devient cassant très rapidement.

Selon M. Blais, il n’y a qu’un frêne sur 10 000 qui résiste à l’agrile.  «Ces arbres n’ont pas de système immunitaire pour se défendre contre cet insecte.»   

C’est ce qui fait dire à Gina Philie, qui fait aussi partie de Vigile verte et qui travaille à titre de chargée de projet en environnement à Saint-Mathieu, que les municipalités risquent d’être sollicitées par les citoyens, même si les frênes ne se trouvent pas sur les terrains publics, étant donné les coûts importants que représente l’abattage de ces frênes.  «Les jeunes familles, les personnes âgées, vont être prises avec ça.»  Elle cite aussi le cas où les frênes matures se trouvent dans l’emprise municipale des terrains privés.  «Il est possible que les gens disent qu’ils n’ont pas d’argent pour faire couper ces arbres.»

MRC

La MRC des Jardins-de-Napierville ne s’est pas attaqué à la problématique de l’agrile du frêne. «Il n’y a eu aucune discussion sur l’agrile du frêne au sein de la MRC, soutient Nicole Inkel, directrice générale de la MRC.  C’est de la gestion municipale.  Aucune municipalité n’a adopté une résolution pour mandater la MRC.  On ne peut pas s’ingérer comme ça.» 

Pour obtenir plus d’informations sur l’agrile du frêne et sur les actions à prendre, visitez le site Internet du Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes au www.agrile.cqeee.org ou encore le site Internet de l’Agence canadienne d’inspection des aliments au www.inspection.gc.ca.

Frênes et agriculture

Selon Robert Beaulieu, directeur régional du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, depuis 2002, des subventions ont été versées aux agriculteurs de la MRC des Jardins-de-Napierville pour l’achat d’environ 9 700 frênes, utilisés pour former des haies brise-vent, ce qui représente environ 15% des essences d’arbre utilisées.  «On ne veut pas les perdre, mais s’ils devaient tous mourir, ça voudrait dire qu’on devrait remplacer un arbre sur sept.  Ça serait faisable», estime M. Beaulieu. 

Chose certaine, et les chiffres le démontrent, les conseillers des agriculteurs ont vu la vague de l’agrile du frêne venir puisqu’au début des années 2000, le MAPAQ a subventionné l’achat d’environ 1 000 frênes, tandis qu’en 2013, ce nombre est tombé à zéro.

Diagnostic d’un frêne attaqué

Certains signes permettent de savoir si un frêne est atteint par l’agrile.  On note un dépérissement global de la cime de l’arbre.  On remarque aussi des trous d’insertion en forme de lettre D, sur l’écorce.  En écorçant une branche, on remarquera aussi de nombreux canaux creusés.  L’hiver venu, si l’arbre est mort, on remarquera la présence de pics-bois sur l’écorce. 

Traitement

L’approche préconisée par Vigile verte est de protéger des îlots de frênes matures qui sont éloignés les uns des autres.  «Une ville pourrait désigner une douzaine d’arbres matures qu’elle va être capable de traiter pendant 20, 30 ou 40 ans et abattre les autres pour éviter la propagation, conseille M. Blais.  Il faut que ça se fasse à petite échelle parce que ça devra être fait à très long terme.» 

Le traitement en question est le TreeAzin.  Pour être efficace, il doit être administré tous les deux ans.  Il en coûte entre 200$ et 400$ par traitement, en fonction de la grosseur de l’arbre.

Selon Mme Philie, la période recommandée pour appliquer le traitement préventif est du 1er juin au 31 août.  «Le traitement ne sera pas efficace dans le cas d’un frêne déjà envahi par l’agrile et ayant un dépérissement de plus de 30%», prévient-elle.  Ce traitement utilisé de manière préventive est efficace à 90%, estime Monique Patenaude, de l’entreprise Arbre conseil inc., qui se spécialise dans ce type d’intervention.  Parfois, le traitement peut être utilisé pour ralentir la mort de l’arbre, de manière à avoir le temps d’en planter un autre.  «Dès que les signes sont apparents, l’agrile détruit l’arbre en maximum deux ans», soutient Mme Patenaude.

 

 

 

 

 

 

 

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