Imposition de tarifs douaniers par les Américains: l’impact se fait sentir chez les commerçants d’ici

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Par Marc-André Couillard
Imposition de tarifs douaniers par les Américains: l’impact se fait sentir chez les commerçants d’ici
L'imposition par les États-Unis de droits de douane sur l'acier et l'aluminium en provenance du Canada entraîne une hausse du prix de vente de la machinerie agricole de près de 10 %, estime Martin Archambault, directeur du concessionnaire CASE-IH, à Saint-Cyprien-de-Napierville. (Photo : Coup d'oeil - Marc-André Couillard)

ACTUALITÉ – Depuis le 1er juin, les États-Unis imposent des droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada. Le gouvernement canadien a répliqué en imposant notamment une taxe de 10 % sur l’importation d’embarcations. Ces mesures se traduisent par une hausse du prix de vente d’environ 10 % de la machinerie agricole et de bateaux, deux industries très présentes dans la région. 

Les impacts négatifs de ces politiques se font sentir chez le concessionnaire de machineries agricoles Claude Joyal, à Saint-Cyprien-de-Napierville.

«On a une hausse des prix de tous les équipements, indique Martin Archambault, directeur de la succursale qui vend de la machinerie de marque CASE-IH, fabriquée aux États-Unis. Ce n’est pas quelque chose de facile pour le marché agricole et pour les agriculteurs du Québec.»

La hausse des prix des équipements agricoles est de l’ordre de 8 % à 10 % depuis le printemps, estime M. Archambault.

«Cette augmentation n’a pas rapport avec l’augmentation annuelle, la hausse du coût de la vie ou les nouvelles logistiques sur les machines», assure-t-il.

Impact

L’impact de ces mesures se fait sentir sur le volume d’affaires de l’entreprise.

«Ça amène la clientèle à gérer son parc de machineries différemment, indique M. Archambault. Au lieu de changer leur machinerie aux trois ou quatre ans, les gens vont attendre cinq ou six ans. À date, j’en ai vendu autant que l’an passé, mais ce sont des plus petites machines. Une hausse de 10 % sur une machine à 50 000 $, ce n’est pas la même chose que sur une batteuse à 500 000 $.»

Alternatives

Malheureusement pour les agriculteurs du Québec, il n’y a aucune alternative pour l’achat de tracteurs.

«On ne peut pas dire, demain matin, j’achète un tracteur au Québec, souligne M. Archambault. Ça n’existe pas. Ici, on n’a pas le choix.»

Bateaux

La marina Fortin, à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, est touchée par la contre-mesure canadienne. Pour répliquer aux droits de douane imposés par les Américains, le Canada impose une taxe de 10 % sur l’importation d’embarcations en fibre de verre en provenance des États-Unis, et ce, depuis le 1er juillet.

«Pour l’instant, on ne voit pas trop les impacts, mais il va y en avoir à long terme», indique le propriétaire de la marina, Pierre Fortin.

Cette nouvelle taxe est nécessairement ajoutée au prix de vente, auquel il faut ajouter la TPS et la TVQ. Selon l’Association maritime du Québec, plus de 60 % des embarcations vendues au Canada sont fabriquées aux États-Unis.

Plusieurs plaisanciers ont reviré de bord. On parle d’une centaine. C’est près d’un demi-million de dollars qu’on perd.

Claude Leroux, maire de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix

Christine Gosselin et Claude Leroux, respectivement copropriétaire de la Marina Gosselin et maire de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix.

Comble

Le comble pour M. Fortin, c’est l’imposition de cette même taxe de 10 % pour les propriétaires de bateaux canadiens qui naviguent en eaux internationales, mais qui rentraient au pays seulement que pour remiser leur embarcation l’hiver ou encore pour la réparer. Cela concernait même les embarcations usagées et celles qui avaient déjà été dédouanées.

Pourtant, ces plaisanciers entrent au Canada de manière temporaire, donc ils ne sont pas considérés comme ayant importé leur bateau au pays.

Le gouvernement canadien a décidé de revenir sur sa décision, mais le mal était fait puisque plusieurs clients des marinas de la région ont décidé de réserver un emplacement aux États-Unis pour remiser leur bateau.

Pertes

Entre 600 et 1000 plaisanciers transitent vers les marinas québécoises chaque automne pour l’entreposage hivernal, les réparations et la remise à l’eau au printemps. De ce nombre, plusieurs convergent vers les marinas de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix.

À la marina Gosselin, 90 clients réguliers étaient affectés par la surtaxe. De ce nombre, une quinzaine a déjà décidé de laisser leur bateau en sol américain.

Le maire de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, Claude Leroux, illustre que le propriétaire d’un petit bateau peut dépenser, annuellement, entre 3000 $ à 6000 $ pour l’entreposage, quelques réparations et la remise à l’eau.

(Avec la collaboration de Stéphanie Mac Farlane)

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