Traverser le Canada à vélo pour lutter contre le travail des enfants

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Par Marc-André Couillard
Traverser le Canada à vélo pour lutter contre le travail des enfants
Le périple d'Alexandre Pié démarrera à Toronto, le 6 juillet. Il se rendra à vélo jusqu'à Saint-Jean, à Terre-Neuve, où il arrivera le 5 août. Cette «balade» représente 3300 km. (Photo : gracieuseté)

AVENTURE – Alexandre Pié, un résident de Napierville, s’apprête à traverser le Canada à vélo à l’occasion de deux voyages, cet été et à l’été 2020. Son départ, pour ce projet qu’il a nommé Mission Traversée Équitable, est prévu pour le mois de juillet. Dans un premier temps, il va parcourir pas moins de 3300 km en 23 jours. Au-delà du défi sportif, M. Pié veut profiter de la tribune que lui donnera cet exploit pour sensibiliser la population au drame que vivent les enfants qui sont forcés de travailler, un peu partout dans le monde.   

M. Pié a lui-même été témoin de cette misère. Il a été exposé à cette dure réalité lors d’un voyage qu’il a fait en Chine, en 2013, dans le cadre de son travail. Ingénieur de métier, il devait visiter certains sites de production où des sous-traitants fabriquaient des pièces pour l’entreprise qui l’employait.

«En entrant dans l’usine, j’ai vu ce qu’on voit à la télévision, se désole M. Pié. Il y avait des jeunes filles, très jeunes, entre 8 et 12 ans, qui travaillaient sur une ligne d’assemblage de précision. Elles fabriquaient des circuits imprimés. Des 40 personnes qui étaient dans la pièce, au moins une dizaine étaient trop jeunes. C’était vrai! Ils ne se cachaient même pas.»

Message

C’est cette prise de conscience qui a mené M. Pié à passer à l’action et à faire de cette cause son cheval de bataille.

«On le sait, on le voit! Chaque personne a son lot de choses à régler, mais quand je l’ai vu en personne, j’ai décidé de mener cette cause de front.»

Le message qu’il aimerait que les consommateurs canadiens retiennent, c’est qu’acheter ici de façon responsable, en optant pour des produits équitables par exemple, peut faire une différence réelle dans la vie de milliers d’enfants en Chine ou au Mexique.

«Mes propres parents ont travaillé à la ferme quand ils étaient jeunes, convient M. Pié. La différence, c’est qu’ils ont quand même eu droit à l’éducation.»

Réalisme

M. Pié n’est pas dupe. Les comportements humains prennent souvent beaucoup de temps à changer. Puis, si on arrêtait de consommer tous ces produits du jour au lendemain, les conséquences économiques pourraient être dévastatrices pour bon nombre de familles qui travaillent dans ces usines, même si les conditions y sont misérables.

«L’objectif, c’est de le faire de façon progressive et de migrer vers un monde plus juste, explique M. Pié.

Action

L’athlète appelle la population à se questionner sur la provenance des produits qu’ils achètent et autant que possible, de faire des choix équitables.

Il propose d’utiliser le site Internet thegoodshoppingguide.com, qui recense une tonne de produits de beauté, des vêtements, ou de la nourriture, pour nous aider à faire des choix éthiques. On y apprend notamment qu’il vaut mieux acheter des jeans de marque Calvin Klein que Wrangler ou encore qu’il faut préférer une chaussure Fila à une espadrille Nike.

En achetant de façon responsable, les gens ont un pouvoir sur le sort de ces enfants.

Alexandre Pié

On peut y consulter la grille d’analyse et les critères retenus pour chacune de ces entreprises et les raisons qui expliquent pourquoi elles représentent un choix plus ou moins éthique.

Loi

Au-delà des actions que chaque individu peut poser dans sa vie quotidienne, M. Pié est d’avis que le gouvernement canadien a le devoir de s’imposer certaines règles éthiques. Il réclame une loi qui imposerait une surveillance accrue des conditions de travail dans les sites de production d’où les produits qui sont importés pour le Canada proviennent.

«Quatre pays ont déjà adopté une loi semblable sur les importations, rappelle M. Pié. Ils établissent des règles et des audits pour s’assurer qu’il n’y a pas d’enfants qui travaillent sur les sites de productions ou d’exploitation des produits qu’ils importent.»

Alexandre Pié et sa conjointe, Élise Martin. C’est elle qui va conduire la voiture de poursuite de Toronto à Montréal pendant la première section de son parcours.

Voyage

Le périple de M. Pié démarrera à Toronto, le 6 juillet. Il se rendra à vélo jusqu’à Saint-Jean, à Terre-Neuve, où il arrivera le 5 août. Cette «balade» représente 3300 km qu’il pédalera en 23 jours, avec une moyenne de 110 km parcourus chaque jour.

À l’été 2020, il entend franchir la distance entre la ville de Vancouver et celle de Winnipeg, ce qui représente une distance d’environ 2600 km.

«Mon objectif est de traverser des villes et à chaque arrêt, je vais présenter des conférences pour discuter de l’impact des choix éthiquement responsables», explique M. Pié.

Aide

Il est possible de soutenir Alexandre Pié dans son projet. Il amasse des dons pour financer son aventure par le biais d’une campagne de sociofiancement. Les personnes intéressées à le supporter peuvent se rendre sur le site Internet www.gofundme.com/traversee-mission-equitable-fair, pour verser un don en ligne.

On peut aussi en apprendre davantage sur son projet en visitant son site Internet à l’adresse www.missiontraverseefair.ca.

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