Réduction des pesticides en agriculture: des fermes d’ici montrées en exemple

Photo de Marc-André Couillard
Par Marc-André Couillard
Réduction des pesticides en agriculture: des fermes d’ici montrées en exemple
Les participants à cet événement organisé par le Pôle d'excellence en lutte intégrée. On les voit ici sur les terres de la ferme Delfland, à Saint-Cyprien-de-Napierville.   (Photo : gracieuseté)

ENVIRONNEMENT – Des membres du Comité de suivi et de concertation de la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture (SPQA) ont visité trois fermes innovantes de la MRC des Jardins-de-Napierville, pour prendre connaissance des méthodes alternatives aux pesticides qui sont utilisées par nos agriculteurs.  

L’objectif de la SPQA est d’accroître l’adoption d’alternatives aux pesticides dans la gestion des ennemis des cultures et de réduire les risques des pesticides pour la santé et l’environnement, tout en assurant la viabilité économique des productions agricoles.

La SPQA est le résultat d’un partenariat entre les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé, ainsi que l’Union des producteurs agricoles.

Organisée par le Pôle d’excellence en lutte intégrée (PELI) du Centre local de développement (CLD) des Jardins-de-Napierville, cette tournée s’est déroulée le 19 juin.

«Le PELI est fier d’avoir contribué à ces échanges constructifs, affirme Michel Charbonneau, directeur général du CLD. Le PELI, chapeauté par le CLD des Jardins-de-Napierville, a pour mission la promotion et la diffusion de la lutte intégrée, un ensemble des pratiques permettant la diminution de l’usage des pesticides en agriculture. C’est dans cette optique que le PELI a mis en ligne un nouvel outil de communication, Agrobonsens.com.»

Grande culture

La journée a débuté chez Paul et Bertrand Lamoureux, à Sherrington. Depuis 20 ans, cette ferme de grandes cultures applique le semis direct, faisant d’elle une pionnière du travail réduit du sol. Cette technique consiste à semer les graines dans le sol sans travailler la terre préalablement. Cela permet de protéger le sol de l’érosion et diminue la consommation de carburant.

Cette ferme est aussi à l’avant-garde, puisqu’elle héberger des parcelles de terre destinées à la recherche, qui est menée par le groupe PleineTerre. Elle participe aussi au projet collectif L’AcadieLab, ainsi qu’au Projet pilote de réduction des risques des pesticides du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

Pyrodésherbage

Le groupe a ensuite été reçu par Raymond Durivage à la ferme EDPA Durivage, à Saint-Édouard.

Cet agriculteur est toujours à l’affût de nouvelles pratiques permettant de réduire la dépendance aux pesticides, comme le pyrodésherbage, qui consiste à brûler les mauvaises herbes à l’aide d’une flamme.

La recherche d’une culture alternative à intégrer dans sa rotation de cultures l’a poussé à essayer la caméline, une culture jusqu’alors peu connue au Québec. Cette exploration a donné naissance à l’entreprise Oliméga, qui commercialise les produits Signé caméline.

Le PELI tient à souligner l’apport inestimable des producteurs de la région qui n’hésitent pas à partager leurs bons coups.

-Nicolas Chatel-Launay, agent de recherche au PELI

Les participants se sont rendus au Club de golf de Napierville, où Jocelyn Leclair, copropriétaire des Fermes Leclair et frères, ainsi que président du PELI et de l’entreprise de recherche Phytodata, a expliqué comment Phytodata avait développé les mouches stériles ou «mouches roses». Ces mouches, qui sont élevées à Sherrington, permettent de lutter contre la mouche de l’oignon, sans avoir recours aux insecticides. Cette méthode alternative a permis de réduire de 30 tonnes l’utilisation de l’insecticide chlorpyrifos, depuis sa mise en place dans la région, en 2011.

Maraîcher

La journée s’est terminée à la ferme Delfland, tenue par la famille Van Winden, à Saint-Cyprien-de-Napierville.

Les Van Winden travaillent constamment avec divers chercheurs pour mettre au point des alternatives aux pesticides que d’autres pourront ensuite adopter. On parle ici de l’utilisation de capteurs de spores, qui permet de prédire à quel moment l’utilisation de fongicides sera requise.

Guillaume Cloutier, de la ferme Delfland, a aussi présenté deux autres essais qui sont en cours à la ferme, soit le paillis de seigle qui permet de réduire l’utilisation d’herbicides et l’utilisation d’engrais verts en sols organiques. Finalement, Gabriel Van Winden a organisé une démonstration avec le robot de désherbage Garford.

Jocelyn Leclair, copropriétaire de la Ferme Leclair et frères, président du PELI et président de Phytodata, Michel Charbonneau, directeur général du CLD des Jardins-de-Napierville, Yves Boyer, maire de Sherrington, Jean Cheney, maire de Saint-Cyprien-de-Napierville, Raynald Chassé, de la direction générale de l’appui à l’agriculture durable du MAPAQ, Jean-Marie Mercier, conseiller municipal de Saint-Cyprien-de-Napierville et Alain Gervais, président des Producteurs de grains Montérégie Nord.
Partager cet article

1
Laisser un commentaire

avatar
1 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
1 Comment authors
Iris Bolanos Recent comment authors
  S'inscrire  
plus récents plus anciens plus de votes
Me notifier des
Iris Bolanos
Invité
Iris Bolanos

Bravo!!!