Novembre, mois des morts: de trucs pour faciliter la succession à notre décès

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Par Marc-André Couillard
Novembre, mois des morts: de trucs pour faciliter la succession à notre décès
Steve Finnegan est le propriétaire des salons funéraires Serre et Finnegan, dont le siège social est situé à Lacolle.   (Photo : Coup d'œil – Marc-André Couillard)

ACTUALITÉ – La mort est un sujet dont on discute peu. Pourtant, les gens auraient tout intérêt à échanger avec leurs proches à propos de leurs dernières volontés, de façon à faciliter la tâche aux personnes qui seront responsables de leur succession. De la même façon, mourir sans avoir fait son testament complique grandement les choses pour les survivants, qui sont déjà éprouvés par le deuil.

Pour Steve Finnegan, thanatologue et propriétaire des salons funéraires Serre et Finnegan, les funérailles marquent un temps d’arrêt pour les familles. «C’est le côté positif, le côté humain de la mort, pour les survivants, dit-il. Les gens prennent le temps de visiter la famille, avant et après les funérailles, ils s’envoient des messages sur les réseaux sociaux ou ils s’invitent à souper. Le but des funérailles, c’est d’avoir le support des amis, de la famille, de la communauté pour passer à travers le deuil.»

Il arrive que des gens ne veuillent pas organiser de funérailles, pour éviter la peine ressentie lors de cette cérémonie. Pourtant, ce moment est souvent salutaire pour les familles et les proches, qui ont besoin d’être entourés pour passer au travers de cette épreuve, d’où l’importance d’en discuter en famille.

Si certaines personnes ne veulent pas de funérailles, d’autres disent vouloir un «party», à leur décès.

«Ça se prête à certaines situations, mais à d’autres, moins, dit M. Finnegan. Il y a des décès qui sont attendus, mais il arrive aussi qu’ils soient tragiques.»

Prévoir

Si le plus important est de discuter de nos dernières volontés avec nos proches, il existe d’autres façons de consigner ces informations pour les personnes qui seront responsables de notre succession.

Il est possible de déposer ses volontés, par écrit, au salon funéraire. Cela se fait gratuitement.

Les préarrangements funéraires sont une autre façon de faciliter la tâche à nos proches. Cela comprend les services funéraires (embaumement, cérémonie, enterrement, crémation, cercueil, urne ou pierre tombale) et la disposition du corps ou des cendres (cimetière ou columbarium). Les préarrangements sont payés à l’avance.

S’il est primordial de faire son testament, ce n’est pas la meilleure façon de transmettre ses dernières volontés. En effet, à la suite du décès, une recherche testamentaire doit être effectuée par la succession, ce qui peut entraîner un délai de quelques semaines.

Il faudra aussi prévoir laisser une trace de nos accès à notre vie numérique, que ce soit notre boîte de courriels ou encore nos réseaux sociaux, pour permettre à la succession d’y avoir accès. De cette manière, il sera possible de fermer ces comptes ou encore de les transformer en page commémorative, ce que Facebook permet de faire.

L’importance du testament

Bien qu’il n’y a rien de réjouissant à faire son testament, ce document est tout de même essentiel pour la succession. Le fait de ne pas en avoir peut entraîner d’importantes complications. Dans un tel cas, le patrimoine est partagé selon ce qui est prévu au Code civil du Québec, plutôt qu’en fonction des volontés du défunt.

«Si on ne fait pas de testament, on plonge nos proches dans la confusion et ça ajoute une lourdeur au deuil qu’ils vivent», affirme M. Finnegan.

La situation est d’autant plus problématique pour les familles recomposées, dont les conjoints ne sont pas mariés. À titre d’exemple, dans le cas d’un défunt qui n’a pas de testament, qui a des enfants, mais qui n’était pas marié à sa nouvelle conjointe, ce sont les enfants du défunt qui héritent de la succession en entier, même si le couple vivait ensemble depuis 20 ans.

«S’il n’y a pas de testament, ça peut entraîner de longs et coûteux délais juridiques, prévient M. Finnegan. Sans testament, il faut déterminer qui sont les héritiers et il faut les retrouver pour savoir s’ils acceptent ou s’ils refusent la succession. Par exemple, si un défunt qui n’avait pas de testament, n’avait pas de conjointe, ni de frères et sœurs, il faudrait trouver tous ses neveux et nièces pour savoir s’ils acceptent la succession.»

Cette question se pose dans une situation où le défunt a davantage de dettes que d’actifs. Dans un tel cas, les héritiers voudront certainement refuser la succession, pour ne pas avoir à assumer les dettes.

Mourir sans testament, ce n’est pas un cadeau qu’on laisse aux gens.

-Steve Finnegan, propriétaire des salons funéraires Serre et Finnegan

Ce processus de recherche des héritiers peut être long. Entre temps, il faut souvent continuer de payer l’hypothèque du défunt et ses comptes courants, mais sans testament, on ne peut rien vendre, tant que les héritiers ne sont pas désignés. La loi prévoit que les héritiers acceptent par défaut une succession s’ils ne l’ont pas refusée dans un délai de six mois.

«Il faut aussi savoir que dès que l’on retire de l’argent dans le compte de banque d’un défunt, même une toute petite somme, ça nous engage automatiquement à accepter sa succession», prévient M. Finnegan.

«Quand un décès survient, c’est souvent explosif, rappelle M. Finnegan. Les proches manquent de sommeil. Avec les familles recomposées, il se peut que les valeurs soient différentes d’une famille à l’autre. C’est donc important de prendre ces décisions en famille, d’en parler avant le décès, de façon à éviter les conflits et pour être sûr que ça convient aux survivants.»

Au sujet de la crémation

M. Finnegan veut déboulonner le mythe selon lequel plusieurs personnes sont incinérées en même temps.

«Les gens pensent encore que l’on incinère plusieurs personnes à la fois. C’est faux, insiste-t-il. Pourquoi ferions-nous ça? Vous nous confiez les êtres qui vous sont les plus chers. Nous avons un code d’éthique.»

Le four crématoire ne peut contenir qu’une seule dépouille à la fois. La crémation dure environ deux heures. À la fin du processus, tout ce qui reste, ce sont les os. Ils sont récupérés, puis on les met dans un appareil qui les transforme en poudre.

«Si les gens ont des doutes, ils peuvent même assister à la crémation», précise M. Finnegan.

De nos jours, les rituels funéraires prennent une multitude de formes. Certaines personnes demandent que leurs cendres soient dispersées.

«Disperser des cendres dans un lac ou une forêt, ça fait grand pour retrouver l’emplacement, rappelle M. Finnegan. On entend parfois des histoires, où des gens regrettent de l’avoir fait, mais il y en a d’autres pour qui ça convient. L’important, c’est que ça convienne aux familles. Il faut penser aux conséquences plus tard.»

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