Saint-Jacques-le-Mineur: Anatis Bioprotection se démarque dans un palmarès d’entreprises dirigées par des femmes

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Par Marc-André Couillard
Saint-Jacques-le-Mineur: Anatis Bioprotection se démarque dans un palmarès d’entreprises dirigées par des femmes
Silvia Todorova (à gauche) et son équipe, à la ferme d'Anatis Bioprotection, à Saint-Jacques-le-Mineur. (Photo : gracieuseté)

PORTRAIT – Anatis Bioprotection, une entreprise basée à Saint-Jacques-le-Mineur, fait partie du tout premier palmarès d’entreprises féminines québécoises, compilé par le magazine d’actualité économique pour les femmes, Premières en affaires.   

Ce sont 75 PME québécoises dirigées par des femmes, qui font partie de ce palmarès, qui a été dévoilé le 28 janvier. La présidente et directrice générale d’Anatis Bioprotection, Silvia Todorova, était à la fois surprise et ravie d’apprendre qu’elle avait été choisie. Son entreprise a été classée dans la catégorie «Étoile montante» du palmarès. Avec un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 5 M$, «leur avenir est prometteur», estiment les auteurs.

«C’est une belle nouvelle! Je ne sais pas comment je me suis retrouvée là. J’ai commencé à recevoir des félicitations. Je me suis dit qu’il y avait erreur sur la personne… mais je ne veux pas dire qu’on ne le mérite pas», lance Mme Todorova, en riant.

Entreprise

Anatis Bioprotection élève, vend et distribue des insectes, des acariens, des nématodes bénéfiques (sorte de vers) et des bioinsecticides, qui sont utilisés en agriculture pour contrôler les ravageurs de cultures, en remplacement des pesticides chimiques.

Les insectes et les acariens sont élevés dans une ferme située à Saint-Jacques-le-Mineur, tandis que les bioinsecticides sont développés dans des locaux qui sont loués par l’entreprise à l’Institut national de la recherche scientifique Armand-Frappier, à Laval.

L’entreprise compte environ 400 clients au Québec, mais aussi en Ontario, en Colombie-Britannique, dans les Maritimes et aux États-Unis.

Palmarès

«Le dernier classement des «300 PME les plus importantes du Québec», publié à l’automne 2019 dans le journal Les Affaires, comptait seulement 8 % d’organisations détenues ou dirigées par des femmes, rappelle la rédactrice en chef de Premières en affaires, Déborah Levy. Dans ce dossier très attendu par les milieux économiques chaque année, les entrepreneures se font trop rares.»

Anatis Bioprotection emploie une douzaine de personnes, majoritairement des femmes. «Je n’ai jamais ressenti de discrimination, confie Mme Todorova. Je suis très bien reçue par les producteurs. Je ne ressens aucune différence dans mes démarches du fait que je sois une femme ou une immigrante.»

C’est la firme Léger qui a analysé les données utilisées pour réaliser ce palmarès, qui ne se présente pas comme un classement, mais plutôt comme un recensement non exhaustif, précisent les auteurs. Pour réaliser l’étude, près de 200 entrepreneures ont été ciblées selon des critères liés à l’étendue des opérations et la taille de leur entreprise. Pour figurer au prochain palmarès, qui sera publié à l’hiver 2021, les entrepreneures et leurs équipes peuvent contacter la rédaction à info@premieresenaffaires.ca.

Histoire

Lorsqu’elle est arrivée au Québec depuis sa Bulgarie natale, il y a de cela une trentaine d’années, Mme Todorova avait déjà complété des études en lutte biologique. Une fois installée au Québec, elle a obtenu une maîtrise en biologie et un doctorat en science de l’environnement, ce qui l’a amenée à travailler au niveau de la recherche universitaire.

C’est son désir de mettre en pratique les résultats des recherches qu’elle mène qui l’a incitée à fonder Anatis Bioprotection, en 2005.

«Je viens d’un pays communiste. Il n’y avait pas d’entrepreneuriat là-bas, explique Mme Todorova. J’ai toujours voulu mettre en application les résultats de la recherche. Les agriculteurs et les chercheurs travaillent souvent en silo. La science fondamentale, c’est très important, mais il faut que ça se rende jusqu’aux producteurs.»

Silvia Todorova, PDG d’Anatis Bioprotection

Environnement

Les travaux menés par Anatis Bioprotection portent sur l’élevage à grande échelle d’insectes et d’acariens qui sont utilisés en remplacement des pesticides chimiques, pour lutter contre les ennemis des cultures.

Ces petits animaux sont indigènes, c’est-à-dire qu’ils sont déjà présents dans l’environnement, au Québec. Les espèces choisies par Anatis Bioprotection sont aussi très spécifiques à leur proie. Dès que l’ennemi des cultures n’est plus présent, ces petits soldats ne survivent pas.

Il y a beaucoup de femmes qui font de la recherche. Au niveau des producteurs, il y en a de plus en plus, mais pas suffisamment.

-Silvia Todorova, PDG d’Anatis Bioprotection

«Parmi les employés, il y en a trois qui ont un doctorat et trois qui ont une maîtrise. On travaille beaucoup sur l’innovation, explique Mme Todorova. On n’a pas fait de grandes découvertes. Les insectes et les acariens sont connus pour être des ennemis naturels de certains ravageurs. Nous savons que c’est efficace, mais le défi c’est de la mettre en production commerciale et d’en produire des millions par jour.»

L’entreprise fabrique aussi des bioinsecticides à base de champignons. C’est d’ailleurs le principal champ d’expertise de Mme Todorova.

«J’ai commencé à faire des insectes parce qu’il n’y avait personne au Québec qui faisait ça, explique-t-elle. Aussi, les bioinsecticides doivent être homologués. C’est très long et ça coûte très cher. Ça a pris cinq ans pour homologuer nos produits. J’ai donc commencé avec les insectes parce que ça ne demandait pas d’homologation. Ça nous permet de nous bâtir une crédibilité auprès des producteurs et avec ses revenus, nous pouvons faire homologuer nos produits.»

Projet

Anatis Bioprotection projette maintenant d’agrandir ses installations à Saint-Jacques-le-Mineur.

«Nous ne sommes pas rendus au financement. Il n’y a rien de confirmé, mais l’objectif est de construire un bâtiment de 2000 pieds carrés pour agrandir notre espace de production, dit Mme Todorova. Nous n’avons pas de très bonnes conditions à la ferme actuellement. Nous avons besoin d’un espace plus efficace et convivial.»

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