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COVID-19: dur coup pour les producteurs maraîchers

Photo de Marc-André Couillard
Par Marc-André Couillard
COVID-19: dur coup pour les producteurs maraîchers
La fermeture des frontières aux travailleurs agricoles étrangers risque de priver le Québec de fruits et légumes locaux cet été. (Photo : Coup d'œil - Archives)

AGRICULTURE – Les producteurs maraîchers ne savent pas s’ils pourront commencer à semer leurs transplants de légumes en serre dans les jours qui viennent, depuis l’annonce de la fermeture des frontières aux étrangers, à compter du 18 mars. Ces entreprises dépendant largement des travailleurs étrangers pour la période des récoltes. 

Marian Vinet, de l’entreprise Jardins Vinet, à Saint-Rémi, a envoyé un message aux députées de la région, Danielle McCann et Claire Isabelle, ainsi qu’au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, le 16 mars, réclamant des mesures d’aide pour les producteurs maraîchers.

M. Vinet demande que l’on permette à ces travailleurs d’entrer au pays et que le programme d’assurance-récolte s’applique dans le cas où les pertes de récoltes seraient liées au manque de main-d’œuvre. Actuellement, ce programme s’applique seulement aux pertes de récoltes liées aux causes climatiques.

«À date, on ne nous a rien dit pour nous rassurer, indique M. Vinet. En tant que producteur maraîcher, ma responsabilité est de nourrir les citoyens. J’ai l’équipement et je dois faire tout mon possible pour qu’il y ait des légumes dans les épiceries.»

Travailleurs étrangers

Chez les Jardins Vinet, on sème 130 hectares de brocoli, 75 hectares de maïs sucré, 18 hectares de céleri-rave et 1 hectare de fraise. Tous ces produits sont récoltés à la main par 35 travailleurs étrangers provenant du Guatemala et du Mexique, et quelques travailleurs locaux.

Les premiers de ces 35 travailleurs devaient arriver cette semaine. «On est prêt à les accueillir, assure M. Vinet. À leur arrivée, un autobus irait les prendre et ils seraient confinés dans leur appartement pendant 14 jours. On irait faire leur épicerie pour eux. Après, l’équipe aurait ordre de rester sur la ferme.»

La solution facile serait de semer du soya, mais ça ne donnerait pas plus de légumes sur nos tablettes. C’est ça l’enjeu présentement.

Marian Vinet, producteur maraîcher

Les producteurs maraîchers doivent savoir rapidement si le gouvernement canadien entend accorder une exception à ces travailleurs pour leur permettre d’entrer aux pays. L’ensemencement en serre débute dans les prochains jours.

«Si je sème mes terres comme si de rien n’était et que ça ne se résout pas, je n’aurai pas assez de main-d’œuvre pour récolter mon brocoli le 15 juin, dit M. Vinet. Est-ce qu’on va recevoir une compensation si on ne peut pas récolter 100 % de nos champs?»

Différents scénarios sont envisageables pour les producteurs maraîchers, mais ces décisions devront se prendre rapidement. Ils pourraient décider de changer leurs plans de cultures ou de réduire leurs superficies cultivées. Si les écoles devaient rester fermées, ils pourraient aussi compter sur un nouveau bassin de main-d’œuvre étudiante.

«Chez nous, on est équipés pour faire de la grande culture, mais pour les producteurs maraîchers qui ont investi pour acheter des terres à 20 000 $ l’arpent, s’ils doivent faire du soja, ce ne sera pas assez rentable, rappelle M. Vinet. Certains sont en danger de faillite.»

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