Travailleurs agricoles étrangers: Ottawa accepte de les laisser entrer au pays

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Par Marc-André Couillard
Travailleurs agricoles étrangers: Ottawa accepte de les laisser entrer au pays
Des 16 000 travailleurs étrangers que le Québec accueille chaque année, environ la moitié provient du Guatemala et l'autre, du Mexique. (Photo : Coup d'œil - Archives)

AGRICULTURE – Les producteurs maraîchers de la région ont poussé un soupir de soulagement lorsque le gouvernement fédéral a annoncé, le 18 mars, qu’il acceptait d’assouplir les restrictions imposées aux étrangers qui veulent entrer au Canada, pour permettre aux travailleurs saisonniers de venir prêter main-forte à nos agriculteurs.

«Le gouvernement canadien a pris la bonne décision, pense Marcel Groleau, président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Empêcher la venue de ces travailleurs aurait entraîné des conséquences désastreuses sur le secteur agricole, plus particulièrement horticole (fruits, légumes, etc.), mais surtout sur le coût du panier d’épicerie des Canadiens et des Canadiennes.»

Une fois arrivés au pays, ces travailleurs devront respecter toutes les règles sanitaires imposées à l’ensemble des citoyens. Ils devront notamment s’isoler pendant 14 jours.

Chaque année, 16 000 travailleurs étrangers temporaires sont embauchés au Québec, rappelle l’UPA. Les produits horticoles d’ici représentent 17 % du panier d’épicerie des Québécois. La valeur de ce secteur de l’économie est de près de 5 G$ par année, toujours selon l’UPA.

Impact

Jean-Claude Guérin est un producteur maraîcher de Sherrington. Il est aussi le président du syndicat de l’UPA des Jardins-de-Napierville.

Il se réjouit de cette annonce du gouvernement fédéral, lui qui emploie près de 80 travailleurs étrangers. Il cultive environ 1000 acres de légumes, soit de la laitue, des carottes, du chou-fleur et des oignons. Environ la moitié de sa main-d’œuvre provient du Guatemala et l’autre du Mexique.

Ces travailleurs sont essentiels pour M. Guérin. Ce sont eux qui plantent les transplants de légumes en début de saison. Ils désherbent les cultures et ils récoltent la laitue et le chou-fleur à la main.

«Le gouvernement fédéral s’est engagé, mais on attend de savoir quand les frontières vont ouvrir, dit-il. J’ai commencé mes semis de laitue et d’oignons. On s’est dit que si les hommes arrivent et qu’il n’y a rien à récolter, on va perdre de l’argent aussi. J’espère qu’on pourra les faire venir plus vite, pour qu’ils puissent faire leurs deux semaines en quarantaine.»

Négociations

Des pourparlers sont toujours en cours entre le Canada et les pays d’origine de ces travailleurs pour déterminer la façon dont se déroulera leur arrivée.

Pour le Guatemala, une démarche du gouvernement canadien auprès du gouvernement guatémaltèque est requise.

-Patrice Juneau, conseiller principal à l’UPA

«Les détails quant à la venue des travailleurs étrangers temporaires sont en discussion avec les instances concernées du gouvernement canadien, indique Patrice Juneau, conseiller principal à l’UPA. La Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre étrangère fait partie des discussions.»

Un défi supplémentaire s’ajoute à la situation depuis que le Guatemala a décidé de fermer ses aéroports, ce qui empêche les travailleurs de quitter leur pays.

«Les travailleurs du Guatemala ne peuvent pas venir même si le gouvernement du Canada lève l’interdiction d’entrer des étrangers, explique Fernando Borja, directeur général de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre étrangère (FERME). Cet organisme sans but lucratif sert d’intermédiaire entre les pays d’origine de ces travailleurs étrangers et les entreprises québécoises qui recherchent de la main-d’œuvre. Le consulat général du Guatemala, à Ottawa, est prêt à travailler avec le Canada pour faire venir ces travailleurs par vols nolisés», poursuit M. Borja.

L’UPA rappelle que compte tenu de la pandémie de coronavirus, il se peut que certains travailleurs étrangers ne puissent pas venir au Québec. La recherche de main-d’œuvre québécoise, par le biais des centres d’emploi agricole, est donc toujours en cours.

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