Sherrington: une étudiante démarre son entreprise en pleine pandémie

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Par Marc-André Couillard
Sherrington: une étudiante démarre son entreprise en pleine pandémie
Rosalie Boyer (Photo : gracieuseté - Kellyan Smith)

PORTRAIT – Qui a dit que les jeunes ne savaient rien faire d’autre que d’avoir les yeux rivés sur leur téléphone cellulaire? Rosalie Boyer, une étudiante de cinquième secondaire, de Sherrington, est l’exemple parfait d’une jeunesse inspirante et entreprenante. En pleine pandémie, elle a lancé son entreprise de photographie et a répondu à l’appel du gouvernement en allant prêter main-forte aux agriculteurs.

Rosalie Boyer est inscrite au Programme d’éducation internationale, à l’école de la Magdeleine, à La Prairie. Elle entamait la dernière ligne droite de sa quatrième secondaire, lorsque tout s’est arrêté, au mois de mars, en raison de la pandémie.

«L’une des qualités prônées par ce programme est l’altruisme, explique l’étudiante. Ayant toujours été une jeune fille créative et empathique, j’ai marié ces deux caractéristiques de ma personnalité en mettant sur pied mon entreprise de photographie.»

Rosalie Boyer s’adonne à la photo depuis quelques années, avec l’appareil photo familial. Elle a sa page Instagram, @rosalie.photo, et sa page Facebook Rosalie Boyer Photographie, où l’on peut voir ses photos. À partir du mois d’avril, elle a offert ses services de photographe aux finissants du secondaire qui ont vu leur bal être annulé.

«Je me désolais à l’idée que les finissants du secondaire passent à côté d’une étape si importante de leur parcours scolaire sans pouvoir l’immortaliser et en garder de précieux souvenirs, dit-elle. J’ai offert mes services à très bas coût, entre 15 $ et 50 $, pour ainsi offrir cette opportunité à toutes les familles de finissants, même aux plus démunies.»

«Je pensais faire trois ou quatre contrats, mais finalement, avec le bouche-à-oreille, j’en ai fait près de 40 au cours de l’été, poursuit-elle. Je me promenais en scooter pour me rendre à mes séances de photos parce que ma mère est infirmière clinicienne et elle était de garde. J’ai respecté toutes les règles de la COVID. Je prenais mes photos dans des aires ouvertes, comme les parcs. Les gens me faisaient des paiements par virement.»

Si ça peut aider les autres à lancer leurs projets, je les encourage à le faire.

-Rosalie Boyer

Sur cette photo, prise par Rosalie Boyer, on aperçoit Jorane et Ariane Van Winden, deux finissantes de Napierville.

Travail dans les champs

Du mois d’avril à la fin du mois d’août, Rosalie Boyer a aussi répondu à l’appel du gouvernement du Québec qui demandait du renfort pour aide les agriculteurs à récolter leurs légumes.

«J’ai travaillé à la ferme Delfland, à Saint-Cyprien-de-Napierville, à cueillir de la salade, explique-t-elle. Il manquait de personnes avec les travailleurs étrangers qui ne pouvaient pas venir. C’était la première fois que je faisais ça. Avant, je travaillais dans la restauration.»

«Je travaillais de 7 h à 17 h dans les champs, quatre jours par semaine, ajoute l’étudiante. Je faisais mes séances de photos le soir et la fin de semaine et je faisais les retouches de mes photos la journée de semaine que je ne travaillais pas au champ. Au début du confinement, je faisais aussi du tutorat avec une petite fille de cinquième année que je gardais avant. Je l’ai aidée à reprendre la matière qu’elle a manquée à l’école.»

Inspiration

Si Rosalie Boyer a décidé de partager son histoire, c’est d’abord pour encourager les jeunes à croire en eux et en leurs projets.

«Loin de moi l’idée de vouloir me vanter, lance-t-elle. Je me suis dit qu’en axant l’article sur l’entrepreneuriat chez les jeunes, l’altruisme, le dépassement de soi et l’ambition dès l’adolescence et les impacts positifs que l’on en tire dès un jeune âge, nous pourrions réaliser une chronique inspirante pour les jeunes de mon âge, les encourageant ainsi à oser réaliser les objectifs qui nous semblent impossibles à atteindre.»

«Souvent, les jeunes ne croient pas en leurs projets. Ils pensent que ça ne marchera pas, que les gens vont leur faire des commentaires négatifs et ils s’arrêtent à cause de ça. Ils ont beaucoup de talents qu’ils n’exploitent pas assez. La jeunesse est prometteuse. Je veux les encourager et qu’ils voient que ça fonctionne. Au début, je n’étais pas sûre que mon projet fonctionnerait, mais je me suis lancée quand même», conclut Rosalie Boyer.

Sur cette autre photo prise par Rosalie Boyer, on aperçoit Meagan Smith, de Sherrington, en compagnie de sa cousine, Élodie Joly, de Saint-Rémi.
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