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Fondatrice de Sourire sans fin: Sylvie Rémillard reçoit la Médaille du service méritoire

Photo de Marc-André Couillard
Par Marc-André Couillard
Fondatrice de Sourire sans fin: Sylvie Rémillard reçoit la Médaille du service méritoire
La fondatrice de Sourire sans fin, Sylvie Rémillard, entourée de ses deux petites-filles, Ophélie et Mariange, lors de l'assemblée générale de l'organisme, en 2019. (Photo : Coup d'œil – Marc-André Couillard)

HOMMAGE – Sylvie Rémillard a fondé Sourire sans fin en 1993. Basé à Saint-Rémi, cet organisme soutient les personnes et les familles vulnérables de tout le territoire de la MRC des Jardins-de-Napierville. La Médaille pour service méritoire lui est décernée en reconnaissance de son apport pour la justice et la lutte contre la pauvreté.

Cette décoration reconnaît les Canadiens ayant accompli des actions exceptionnelles et qui font ainsi honneur à leur communauté et à leur pays.

Cet honneur, Mme Rémillard le reçoit avec beaucoup d’humilité.

«Quand le fonctionnaire du bureau de la gouverneure générale m’a appelé, j’étais stupéfaire, dit-elle. Je suis très émue de ça. Je reçois ça avec beaucoup d’émotions parce que quand tu travailles au quotidien, c’est rare que tu regardes derrière toi pour te dire «Wow, c’est ça que j’ai semé». Les 26 ans que j’ai donnés à ma communauté, je ne l’ai jamais fait pour me faire voir, mais ça va avoir laissé des traces. C’est ça qui est le plus beau cadeau pour moi, d’avoir laissé une empreinte dans ma communauté.»

Parcours

Native de Saint-Rémi, Mme Rémillard a d’abord mené une prolifique carrière dans le domaine de la typographie, pendant 17 ans, avant de fonder Sourire sans fin.

«Mes valeurs sociales m’ont rattrapée quand je suis devenue jeune maman, explique-t-elle. J’habillais mes enfants comme des cartes de mode. J’avais l’impression que je m’en allais dans créneau qui allait à l’encontre de mes valeurs. Je me suis demandé si c’est vraiment ce que je voulais. J’ai décidé de prendre une année sabbatique pour retourner à l’université en gestion et en démarrage d’entreprise, pour bâtir quelque chose.»

Engagement social

Avant de fonder Sourire sans fin, Sylvie Rémillard était impliquée à titre de présidente du conseil d’administration du centre de femmes La Marg’Elle, à Saint-Rémi.

«L’engagement social et les valeurs familiales ont toujours été très présents chez les Rémillard, dit-elle. À La Marg’elle, on organisait beaucoup d’activités. Des femmes de tous les niveaux sociaux se regroupaient. J’entendais des femmes se demander si leur mari allait accepter de leur donner de l’argent pour aller au restaurant. Je pensais que ça n’existait plus. Ça me touchait profondément. Je me disais qu’il fallait travailler avec les gens pour que les choses changent.»

Briser l’isolement

Mme Rémillard a décidé de s’y prendre en s’attaquant à l’isolement dont souffraient les gens qui l’entourent.

«Sourire sans fin est né avec pour mission de briser l’isolement de tous, pour que le monde ait sa place, explique-t-elle. Je constatais qu’on ne pouvait pas être là juste pour les femmes, parce qu’elles ne devaient pas être les seules à porter la charge familiale. On a décidé de faire de l’éducation populaire pour amener les gens à être plus autonomes.»

La Médaille du service méritoire.

Famille

Au début des années 1990, le réseau communautaire commençait à se structurer. Voyant que les besoins étaient multiples, que l’on parle de pauvreté, mais aussi de violence, Sourire sans fin a rapidement orienté son action vers les familles.

Les gens qui ont des besoins sont avec nous. C’est ça, Sourire sans fin. On a avancé ensemble et aujourd’hui, l’œuvre continue. C’est très émouvant.

-Sylvie Rémillard

«Nos premiers groupes de cuisines, c’était ça, rappelle Mme Rémillard. C’était très intergénérationnel. On a bâti ça comme ça. Notre richesse vient du fait qu’on a toujours avancé avec les gens.»

26 ans plus tard

Les années ont passé, mais les enjeux liés à la pauvreté et à l’exclusion persistent.

«La souffrance est ailleurs. Il y a des ressources, mais la quête de vivre une vie idéale fait mal aux gens, croit Mme Rémillard. À travers le rythme effarant de cette vie, on oublie notre vrai bien-être. On cherche le bonheur à l’extérieur de soi, on n’y arrive pas, alors on se paye la piscine, le spa, les consoles de jeu, mais on n’est pas plus heureux. Ça amène des problèmes de santé mentale, de dépendances.»

«Briser l’isolement, c’est beaucoup plus difficile maintenant, poursuit Mme Rémillard. Avec leur téléphone, les gens ont des communications virtuelles, mais qui ne sont pas personnelles. Je pense qu’il faut nous ramener à la base, à nos besoins essentiels et le redonner à nos enfants. Il faut prendre le temps et non pas miser sur la performance. Il faut retourner à comment on se sent intérieurement et répondre à ça.»

Futur

Sourire sans fin a récemment doublé la superficie de sa Boutique du bambin, une friperie qui permet à l’organisme de se financer, en partie.

«Pour l’avenir, on pourrait souhaiter à Sourire sans fin la même chose qu’on souhaite aux jeunes de notre communauté, soit d’atteindre l’autonomie, conclut Mme Rémillard. Dans dix ans, sa mission sera encore d’être un organisme branché sur les besoins de la communauté.  On a un très fort engagement des bénévoles et il faut que ça reste comme ça. Ça fait de nous un organisme distinct. On veut garder cette couleur-là. C’est la maison à tout le monde.»

Sylvie Rémillard devait recevoir sa Médaille pour service méritoire des mains de la gouverneure générale, mais la cérémonie est reportée à une date ultérieure en raison de la pandémie.

 

 

 

 

 

 

 

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