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Le centre de plein air l’Estacade craint pour sa survie

Louise Bédard
Le centre de plein air l’Estacade craint pour sa survie
La question de la survie du centre de plein air l'Estacade se posera s'il n'y a pas d'aide gouvernementale dans un avenir rapproché. (Photo : gracieuseté)

COVID-19 – L’existence du centre de plein air l’Estacade, à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, est en jeu s’il n’obtient pas d’aide gouvernementale pour traverser la période difficile de la pandémie.

C’est ce que soutient son directeur général, Yannick Godin. Depuis le mois de mars, seul le camp de jour organisé pour les enfants des municipalités avoisinantes a pu se tenir. Toutes les sorties scolaires, le camp de vacances et les projets, notamment pour décrocheurs, n’ont pu avoir lieu.

Il s’agit d’une perte de revenu de 600 000$ et aucune rentrée d’argent n’est prévue pour le reste de l’année puisque toutes les activités sont annulées. Le centre de plein air a un budget annuel de 1 M$.

Habituellement, dès la rentrée scolaire, les écoles effectuent des réservations pour les sorties scolaires des mois de mai et juin. L’Estacade n’a quasiment pas reçu de réservations cette année, indique M. Godin.

Camp de vacances

L’avenir demeure tout aussi incertain pour les activités du camp de vacances de l’été prochain. Les inscriptions commencent dès janvier. Le directeur se demande si les parents auront l’argent nécessaire pour y inscrire leur enfant.

Le centre doit par ailleurs assumer certaines dépenses. M. Godin évalue à au moins 300 000$ les frais fixes pour assurer l’entretien des bâtiments et des terrains malgré l’absence d’activités. La situation est semblable à celle que vivent plus de 130 camps du Québec, dont ceux de la Montérégie, souligne-t-il.

Les camps de vacances certifiés demandent donc à la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, de créer un fonds d’urgence pour les aider à payer 75% de leurs frais fixes, comme le gouvernement l’a fait pour les bars, les restaurants et les salles de spectacles, et ainsi, s’assurer d’une réouverture l’an prochain.

«Les mesures de soutien actuelles des gouvernements ne sont pas adaptées à ce secteur d’activité caractérisé par son aspect saisonnier. Il est impossible de combler le manque à gagner depuis le début de la pandémie. Si nous ne recevons pas une aide substantielle du gouvernement, dans quelques mois, ce sera la fin», déplore M. Godin.

Même si le gouvernement donne le feu vert en mars pour le retour des camps de vacances, il se demande comment redémarrer sans revenu. «Est-ce que dans six mois, la clé ne sera pas déjà dans la porte?», craint-il.

Éducation

Pour le directeur de l’Estacade, les principaux perdants seront les enfants et les familles qui ne pourront plus avoir accès à des sites comme l’Estacade qui sont solidement ancrés dans les communautés et offrent un accès inédit à la nature et au plein air.

M. Godin considère que l’Estacade est un partenaire du milieu de l’éducation favorisant l’adoption de saines habitudes de vie. Il mentionne que le centre de plein air accueille chaque été 250 enfants provenant de centres jeunesse qui y trouvent un répit et passent une semaine dans un milieu sain et sécuritaire.

Le conseil d’administration du centre tiendra une assemblée générale le 29 novembre. Le directeur général doit présenter des prévisions budgétaires aux administrateurs. Or, il n’a pas de chiffres à inscrire à la colonne des revenus.

Des appuis

Les conseils des municipalités environnantes ont adopté des résolutions d’appui au centre. Près d’une centaine de personnes sont embauchées durant l’année par le centre. Ce sont des jeunes, mais aussi des gens plus âgés qui travaillent à l’entretien, à la cuisine, etc. Des entreprises de 100 employés, il n’y en a pas beaucoup à Saint-Paul, fait remarquer M. Godin.

Le centre l’Estacade est situé sur le bord de la rivière Richelieu et existe depuis 1979.

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