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Zone rouge: la tenue des funérailles bouleversée par la COVID-19

Photo de Marc-André Couillard
Par Marc-André Couillard
Zone rouge: la tenue des funérailles bouleversée par la COVID-19
En zone rouge, les contraintes lors des funérailles génèrent stress et anxiété chez les familles des défunts, remarque Steve Finnegan.   (Photo : Coup d'œil - Archives)

ACTUALITÉ – Les règles sanitaires strictes imposées dans les zones d’alerte maximale, aussi appelées zones rouges, forcent les familles à revoir la façon dont elles espéraient saluer la mémoire d’un proche. Si les funérailles peuvent toujours être célébrées en zone rouge, cette cérémonie d’adieu prend désormais une tout autre forme.

Les salons funéraires qui sont en zone rouge ne peuvent accueillir que 25 personnes par salle, en s’assurant de garder une distanciation physique entre les visiteurs, qui doivent aussi porter le masque en tout temps.

«Le plus gros changement en zone rouge, c’est au niveau de la capacité d’accueil lors des funérailles à l’église qui passe de 250 personnes en zone orange à 25 personnes en zone rouge», indique Steve Finnegan, propriétaire des salons funéraires Serre et Finnegan et qui est aussi embaumeur.

Pour ce qui est des visiteurs au cimetière, la limite de 25 personnes est la même en zone orange et en zone rouge.

«En zone rouge, il n’est plus possible de faire une réception après les funérailles, alors qu’on pouvait le faire avec un maximum de 25 personnes en zone orange, explique M. Finnegan. Les familles ne peuvent plus se réunir autour d’un goûter.»

«Il y a aussi des choses qui restent inchangées, comme les signets que nous remettons nous-mêmes aux gens, poursuit-il. Les fleurs sont aussi permises.»

Changement de méthodes de travail

La façon dont les funérailles se déroulent en zone rouge a aussi un impact sur le travail des propriétaires de salons funéraires et des embaumeurs.

En zone rouge, les maisons funéraires doivent tenir un registre des visiteurs au salon funéraire et à l’église, qui comprend leur nom, leur adresse et leur numéro de téléphone. Cela permettrait à la Direction de santé publique de retrouver ces gens, en cas de contagion.

«Ça nous prend un portier qui explique les règles et qui s’assure que les gens portent le masque, ajoute M. Finnegan. Il faut parfois limiter les discussions pour favoriser une rotation et permettre aux gens d’entrer. Ça va jusqu’à gérer les gens dehors. Ça se passe très bien. Les gens sont très respectueux parce qu’ils comprennent la situation.»

De la même façon, lorsque M. Finnegan embaume un corps, il doit se protéger comme si la personne était contagieuse, parce que certaines personnes pouvaient être atteintes de la COVID-19, mais être asymptomatiques à leur décès.

«On porte la visière en tout temps et nos produits désinfectants sont aussi différents, mais ce sont des ajustements faciles à faire parce que nous sommes formés pour ça», assure M. Finnegan.

Des funérailles peuvent être reportées, mais un deuil, ça ne se reporte pas.

-Steve Finnegan

Comme le nombre de personnes pouvant assister aux funérailles est considérablement réduit en zone rouge, plusieurs salons funéraires se sont dotés d’un système de caméras et de micros pour pouvoir enregistrer et diffuser la cérémonie sur le Web.

«Ce sont des produits qui existaient depuis longtemps, mais les gens ne l’utilisaient pas parce qu’ils se déplaçaient. Ils ne voyaient pas l’utilité de le faire, affirme M. Finnegan. Maintenant, on utilise cela même dans les églises. On enregistre et on diffuse en direct ou plus tard.»

Stress pour les familles

Toutes ces contraintes génèrent stress et anxiété chez les familles des défunts, remarque M. Finnegan.

«Souvent, 25 personnes, ce n’est pas assez pour inclure tous les membres de la famille, remarque-t-il. Les familles doivent faire des choix déchirants et choisir qui pourra assister aux funérailles. C’est un peu de l’improvisation pour nous aussi parce qu’on rencontre les familles aujourd’hui, mais il faut présenter différents scénarios en fonction des décisions du gouvernement. On doit gérer un grand stress. Les gens sont déroutés à cause de ça.»

Des rituels funéraires interdits en cas de COVID

Déjà, une personne qui décède de la COVID-19 ne peut pas être embaumée et donc la dépouille ne pourra pas être exposée.

«Une personne décédée de la COVID-19 peut être déposée dans un cercueil et mise en terre, précise M. Finnegan. Une autre option est la crémation.»

Dans certaines régions plus froides, il est impossible d’enterrer des défunts l’hiver. À leur décès, les dépouilles des personnes porteuses de la COVID-19 ne peuvent pas être déposées dans un charnier, en attendant la venue du printemps pour être enterrées. Elles sont donc gardées dans une salle réfrigérée pendant l’hiver.

«Certains cimetières peuvent entreposer jusqu’à 600 personnes dans leurs salles réfrigérées, précise M. Finnegan. Après un délai de deux mois, elles doivent être placées dans un congélateur. Par la suite, il n’y a pas de restriction dans le temps. On disposera de la personne en temps opportun.»

L’aquamation est aussi interdite aux personnes décédées de la COVID-19. Cette pratique consiste en la dissolution du corps dans une solution d’eau chaude et alcaline.

Un défunt qui n’est pas atteint de la COVID-19 peut choisir le rituel funéraire qu’il désire.

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