Pompiers sur appel: Napierville et Saint-Cyprien n’adopteront pas le feu vert clignotant

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Par Marc-André Couillard
Pompiers sur appel: Napierville et Saint-Cyprien n’adopteront pas le feu vert clignotant
Les municipalités de Napierville et Saint-Cyprien ont décidé qu'elles n'autoriseraient pas leurs pompiers à utiliser le feu clignotant vert. (Photo : Coup d'œil –Archives)

ACTUALITÉ – À compter du 1er avril, les pompiers sur appel pourront munir leur véhicule personnel d’un feu vert clignotant, permettant de mieux les identifier lorsqu’ils répondent à un appel d’urgence. Le service des incendies de Napierville et Saint-Cyprien n’adoptera pas le clignotant. Son directeur, Patrick Gagnon, est d’avis que la seule façon d’améliorer leur temps de réponse est d’avoir des pompiers de garde, en caserne. 

Pour qu’un service des incendies puisse utiliser le feu clignotant vert, la municipalité doit d’abord adopter une résolution en ce sens.

Si tel est le cas, le pompier qui reçoit un appel provenant d’un service des incendies pourra actionner son feu vert clignotant lorsqu’il se dirige à la caserne ou sur le lieu d’une intervention, à l’aide de son véhicule personnel.

«Il permettra aux autres usagers de la route de repérer le pompier et de faire preuve de courtoisie à son égard», précise la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Le pompier pourra aussi circuler sur l’accotement et immobiliser son véhicule à tout endroit, s’il peut le faire de manière sécuritaire.

Pas de priorité

M. Gagnon rappelle que le feu vert clignotant installé sur le véhicule personnel d’un pompier ne lui donne pas la priorité de passage. «C’est une fausse bonne solution», pense-il.

Le véhicule muni d’un tel feu vert clignotant n’est pas considéré comme un véhicule d’urgence, rappelle la SAAQ, sur son site Internet. En tout temps, le pompier devra respecter les règles du code de la sécurité routière, comme les limites de vitesse et la signalisation routière.

Le pompier qui ne respecterait pas ces règles s’expose à une amende allant de 200 $ à 300 $.

«On a fait des tests ici avec et sans gyrophare, explique M. Gagnon. Ça ne sert à rien parce que ça ne donne pas la priorité. Ça n’améliore pas le temps de mobilisation des pompiers. Il n’y a pas de gain, pas de plus-value, à part la confusion chez les citoyens. Ça risque de prendre de trois à cinq ans avant que les gens sachent que le gyrophare vert c’est un pompier.»

Regroupement

M. Gagnon est d’avis que l’amélioration du service offert aux citoyens doit passer par de la garde en caserne, comme à Napierville, ce qui n’est pas le cas pour plusieurs municipalités, où les pompiers sont sur appel seulement.

«Peut-être que le gyrophare vert peut être utile dans certaines régions du Québec, mais nous avons un autre combat ici, celui de regrouper les services incendie», affirme M. Gagnon. C’est un faux combat. Ça ne fait que donner des outils aux municipalités qui veulent repousser le moment de se doter d’une garde interne.»

On roule avec un véhicule de 30 000 kg, avec des gyrophares rouges et une sirène à 105 décibels et les gens ne se tassent même pas.

-Patrick Gagnon, directeur sur service des incendies de Napierville et Saint-Cyprien

M. Gagnon pense que la façon d’offrir le meilleur service à la population passe par la mise en commun des services des incendies.

«Au Québec, nous devrions avoir une Sûreté du Québec des incendies, dit-il. Tout le monde paierait une quote-part au prorata de sa population. On le fait avec Saint-Blaise-sur-Richelieu. En ce moment, tout le monde a de belles casernes et de beaux véhicules, mais ils n’ont pas de pompiers dedans.»

«Nous avons une masse salariale de 380 000 $, mais à toute heure du jour, j’ai quatre gars qui partent en 40 secondes», conclut M. Gagnon.

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