Les leaders religieux veulent accueillir plus de fidèles dans les lieux de culte

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Par Marc-André Couillard
Les leaders religieux veulent accueillir plus de fidèles dans les lieux de culte
L'église de Saint-Rémi. (Photo : Coup d'oeil - Marc-André Couillard)

COVID-19 – Les représentants des principales religions au Québec, dont fait partie l’imam Hassan Guillet, un citoyen de Saint-Rémi, demandent au gouvernement Legault de pouvoir accueillir davantage de fidèles dans leurs lieux de culte.   

Actuellement, seulement 10 personnes à la fois peuvent fréquenter les lieux de culte de la province, que ce soit une église, une synagogue ou une mosquée.

Ces représentants de la Table interreligieuse de concertation voudraient pouvoir accueillir 30 % de la capacité d’accueil des lieux de culte, à condition que cela respecte toutes les règles sanitaires de distanciation qui sont en vigueur.

Ils dénoncent la politique du deux poids, deux mesures, permettant aux salles de cinéma d’accueillir jusqu’à 250 personnes, tandis que les lieux de culte ne peuvent excéder 10 visiteurs.

«Nous avons été de bons partenaires depuis le début de la pandémie, explique M. Guillet. Nous collaborons avec le gouvernement et nous avons développé des protocoles sur les mesures sanitaires à prendre pour protéger la vie des gens. Dans nos lieux de culte, on traduit les messages du gouvernement et on parle aux gens dans leur langue. On fait partie de la solution.»

Problèmes

Le fait de ne pouvoir accueillir que 10 fidèles à la fois cause plus de problèmes que si les lieux de culte étaient fermés, et ce, surtout depuis l’annonce de la réouverture des salles de cinéma. Selon M. Guillet, cette annonce est incohérente et inéquitable.

Si c’est assez sécuritaire d’ouvrir les cinémas, ça doit être assez sécuritaire pour les lieux de culte également.

-Hassan Guillet, imam

«Avant l’annonce de l’ouverture des cinémas, c’était facile d’expliquer aux gens que nous étions limités à 10 personnes et qu’il fallait faire notre part, poursuit M. Guillet. Là, c’est perçu comme un manque de respect et ça dérange beaucoup plus. Les fidèles sont au bout de leur patience et ils pensent que nous sommes inactifs, mais on s’active jour et nuit.»

L’imam Hassan Guillet, un résident de Saint-Rémi, fait partie des représentants qui siègent à la Table interreligieuse de concertation.

Les lieux de culte, un service essentiel

Les difficultés que vivent les gens en cette période trouble les rapproche de leur spiritualité, pense M. Guillet. Dans ce contexte, les lieux de culte pourraient très bien être considérés comme un service essentiel.

«On s’occupe de la santé physique des gens, mais il y a aussi la santé mentale, dit-il. Les gens ont besoin de se ressourcer et ils sont privés de la place où ils peuvent se recueillir et se rapprocher de leur spiritualité.»

Dans tout ce débat, M. Guillet assure qu’il ne veut pas opposer la culture et la religion et il insiste sur le fait que la vie humaine est la valeur qui doit primer.

«Pour moi aussi, la culture est sacrée, mais le premier ministre doit être un bon père de famille et agir de manière équitable, affirme M. Guillet. Je sais que la situation est difficile pour lui et il a tout mon respect pour ça. La vie humaine est sacrée et c’est plus important que de faire la prière. On est d’accord. Le problème, c’est le manque de logique et la politique du deux poids, deux mesures.»

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