Leur appartement sera démoli: des locataires se retrouvent sans logement

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Par Marc-André Couillard
Leur appartement sera démoli: des locataires se retrouvent sans logement
Sindy Sawyer et Julie Colangelo doivent quitter leur appartement respectif, sur la rue Perras, à Saint-Rémi, le 30 juin. En raison du coût élevé des logements, elles n'ont trouvé nulle part ailleurs où se loger à compter du 1er juillet. (Photo : Coup d'œil – Marc-André Couillard)

ACTUALITÉ – Sindy Sawyer et Julie Colangelo doivent libérer leur appartement respectif, au plus tard le 30 juin. Situés sur la rue Perras, à Saint-Rémi, les bâtiments qu’elles habitent seront démolis pour faire place à  de nouveaux multilogements tout neufs. Elles cherchent un nouvel endroit où habiter depuis plusieurs mois, mais en raison de la hausse du coût des loyers, elles ne trouvent nulle part où aller. 

Quelques résidences de la rue Perras, situées entre les rues Saint-Charles et Saint-Sauveur, auraient été rachetées par un entrepreneur qui compte les démolir. Les locataires en ont été avisés à l’automne 2020.

Julie Colangelo loue le 126, rue Perras, depuis cinq ans. Elle paie actuellement un loyer mensuel de 565 $ pour un appartement 4 ½.

«J’ai regardé partout, mais je n’ai rien trouvé, lance-t-elle. Ma fille de 17 ans va venir habiter avec moi au mois d’août. On ne peut pas dormir dans la même chambre. J’ai besoin de deux chambres.»

Sa voisine, Sindy Sawyer, habite un appartement situé à l’angle de la rue Perras et de la rue Saint-Viateur, qui doit lui aussi être détruit. Elle loue un 4 1/2, dans lequel elle habite avec ses trois enfants.

«J’aurais besoin de quatre chambres, dit-elle. Je cherche, mais on ne trouve rien. Tout est trop cher.»

Démarches

Le père de Julie Colangelo, Claude Colangelo, aide sa fille dans ses démarches, mais il se bute à des portes closes. Il déplore le fait que ces gens soient ainsi déplacés, sans que des ressources leur soient offertes pour les aider à se relocaliser.

«Ma fille est sur l’aide sociale après avoir été victime d’un accident de travail, explique-t-il. Elle gagne 12 000 $ par année. J’ai appelé plusieurs organismes et elle est sur une liste d’attente pour un logement social, mais il y a un an et demi d’attente à Saint-Rémi. En attendant, on fait quoi avec ces gens qui n’ont pas d’endroit où aller à partir du 1er juillet?»

«Ce n’est pas de la faute à personne, convient M. Colangelo, mais où peut-on les loger? Bâtir plus et enrichir la ville, c’est bien, mais ça écrase une classe de gens plus pauvres. Je ne veux pas plus que ce à quoi nous avons droit, mais il faut penser à ces gens-là. C’est déplorable! J’ai demandé à la mairesse, mais elle ne peut rien faire. Je souhaiterais juste qu’elle soit consciente que si quelqu’un veut se loger demain matin, dans sa ville, il n’y a rien de disponible.»

Réaction

De son côté, la Ville de Saint-Rémi indique qu’elle n’a pas encore reçu de demande de permis de démolition pour ces bâtiments.

«Nous savons par contre qu’effectivement, un promoteur a acheté ces maisons et qu’il travaille sur un projet sur ces terrains, précise Cynthia Ménard, responsable des communications à Saint-Rémi. Dans ce type de situation, nous dirigeons les citoyens vers la régie du logement, car les villes n’ont pas autorité en la matière.»

La mairesse de Saint-Rémi, Sylvie Gagnon-Breton, se dit sensible à la situation vécue par ces locataires, mais indique qu’elle ne peut pas intervenir dans le cadre d’une transaction pour la vente d’un bâtiment ni sur le prix des loyers.

«On voit de plus en plus de familles monoparentales et des aînés qui ont de la difficulté à se trouver un loyer abordable, remarque la mairesse. Ce problème est vécu partout au Québec. Le coût des maisons est excessivement cher.»

Des résidences situées sur la rue Perras, entre les rues Saint-Charles et Saint-Sauveur, seront démolies pour faire place à des logements neufs. Entre temps, les locataires, qui doivent quitter les lieux, peinent à trouver un endroit où aller.

Actions

Mme Gagnon-Breton souligne que la Ville de Saint-Rémi est active dans le dossier du logement social depuis plusieurs années, notamment en ayant appuyé le projet de construction des habitations La Rémoise, qui offre des loyers à prix modique.

Il s’agit de deux bâtiments de 24 logements chacun. L’un d’eux est destiné aux familles et l’autre, aux personnes de 55 ans et plus. Ces logements sont gérés par un organisme à but non lucratif, la Fédération des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie.

«Saint-Rémi participe au programme AccèsLogis, précise Mme Gagnon-Breton. La Ville paye 10 % du loyer de 12 logements de chacun des deux immeubles de La Rémoise. En tant que ville, c’est à travers ces programmes de subvention du gouvernement que nous pouvons aider ces gens-là.»

Mme Gagnon-Breton est aussi présidente de l’organisme Concertation Horizon, qui regroupe cinq municipalités régionales de comté (MRC), dont la MRC des Jardins-de-Napierville. Cet organisme travaille sur différents dossiers en développement social.

«Concertation Horizon se penche sur le dossier du logement, conclut la mairesse. Un comité sur le logement social a été créé pour étudier ça et voir ce qui peut être fait sur notre territoire.»

 

 

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