Les productions maraîchères affectées par la sécheresse

Par Marie-Pier Gagnon
Les productions maraîchères affectées par la sécheresse
Denys Van Winden nous montre une salade affectée par des brûlures attribuables à la sécheresse et à la chaleur excessive. (Photo : : gracieuseté - Denys Van Winden)

AGRICULTURE. La météo a donné du fil à retordre aux producteurs maraîchers de la région cet été. Sécheresse et chaleur sont entre autres à l’origine de pertes très importantes dans les champs de laitue. De la pluie est à souhaiter pour les semaines à venir.

« C’est le genre de saison qu’on n’a pas vécu souvent. Le manque d’eau est assez flagrant », affirme d’emblée le copropriétaire de Production horticole Van Winden, Denys Van Winden. Située à Sherrington, l’entreprise embauche 80 personnes et cultive 250 hectares de légumes, dont de la laitue, des oignons, des carottes, de l’ail et des courges.

Ce dernier n’hésite pas à parler d’une récolte « catastrophique » pour la laitue. La sécheresse a particulièrement affecté les champs où l’on remarque maintenant des brûlures sur les pointes des plants, signe d’un assèchement. Une situation qui survient malgré les nombreux efforts mis de l’avant par les employés en matière d’irrigation.

La température des derniers mois a aussi eu un impact sur l’ail. Bien qu’on parle d’une bonne récolte, on a remarqué une diminution de la grosseur des gousses. Du côté des carottes, on note un retard dans la production, alors que c’est l’inverse pour les courges que l’on a déjà commencé à récolter afin d’éviter leur brûlure par le soleil.

EMPLOYÉS

Cela dit, la chaleur n’aura pas eu un impact que sur les légumes. Les employés ont été touchés par la chaude température qui entraînait une fatigue beaucoup plus rapidement lorsqu’ils étaient à l’extérieur. « Le mois d’août a été très difficile à traverser », de dire M. Van Winden à ce sujet. Ce dernier compte sur une main-d’œuvre provenant à 90 % de l’étranger.

Pour ce producteur maraîcher, la sécheresse a aussi amené des coûts de production supplémentaires liés, entre autres, à l’irrigation. Il faut savoir que les systèmes de pompe mis en place dans les dernières années fonctionnent au diesel, ce qui entraîne des dépenses d’énergie importantes en raison du coût élevé de cette ressource.

Si bien qu’au final, en ajoutant à l’équation la forte compétition, Denys Van Winden explique que plusieurs producteurs vendent leurs légumes en deçà des coûts de production. Une situation qui s’ajoute à un marché à l’exportation tranquille et une baisse de la demande remarquée en août qui ne serait toutefois pas inhabituelle à cette période.

« C’est souvent comme ça à la fin août. On cuisine moins, on mange sur le pouce. On est tous pareils. Généralement, ça reprend après la rentrée scolaire », explique M. Van Winden tout en précisant que cette situation continue d’inciter les producteurs à développer des méthodes de conservation efficaces pour leurs légumes.

AUTOMNE

Il reste néanmoins encore quelques bonnes semaines à la saison. Selon le producteur de Sherrington, des journées de pluie sont à souhaiter. On surveille toutefois avec un œil attentif la trajectoire des ouragans comme Ida qui a touché la Louisiane à la fin du mois. On se souviendra que la queue de l’ouragan Irene avait laissé des traces importantes dans les champs de la région en 2011.

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