Saint-Cyprien-de-Napierville: il élève des moutons avec ses chiens de troupeau

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Par Marc-André Couillard
Saint-Cyprien-de-Napierville: il élève des moutons avec ses chiens de troupeau
Daniel Turcotte et son chien Denver. (Photo : Coup d'oeil - Marc-André Couillard)

À la Ferme Desjardins Surprenant, située à Saint-Cyprien-de-Napierville, on élève des moutons Dorper depuis 2014. Les propriétaires se passionnent pour les moutons, mais aussi pour les chiens de troupeau, qui les aident dans leur travail quotidien.

Daniel Turcotte et sa conjointe, Jacinthe Surprenant, se sont installés à Saint-Cyprien-de-Napierville, en 2012. Quand ils ont emménagé dans cette maison ancestrale qui appartient à la famille de Mme Surprenant depuis les années 1840, ils avaient pour projet de faire l’élevage des agneaux, ce qu’ils ont fait à partir de 2014.

La fille du couple, Laurie-Lee Surprenant, et son conjoint, Benoit-Étienne Desjardins, font aussi partie de cette aventure familiale.

Ils élèvent un troupeau comptant environ 70 moutons Dorper, une race qui est originaire de l’Afrique du sud. Ces moutons se distinguent par leur laine blanche et leur tête toute noire. Autre trait distinctif, cette race mue. Les moutons perdent leur laine avant l’hiver, ce qui facilite le travail des éleveurs, qui n’ont donc pas à les tondre.

« On fait de la génétique, explique M. Turcotte. Nous sommes détenteurs du statut diamant, la plus haute distinction donnée au Canada, qui souligne la qualité génétique du troupeau. » Les moutons sont ainsi élevés, puis revendus à d’autres éleveurs, pour favoriser la diversité génétique de la race. On compterait une vingtaine d’éleveurs de moutons Dorper au Québec, estime M. Turcotte. « Seulement deux ou trois d’entre eux ont le statut diamant », dit-il.

TRAVAIL DES CHIENS

Les moutons de M. Turcotte sont nourris exclusivement à l’herbe. La ferme compte 51 arpents de pâturages. Il doit donc leur faire faire une rotation dans les prés. C’est là que ses chiens entrent en action. M. Turcotte est un des rares éleveurs de la région à travailler avec des chiens.

« Nous avons beaucoup de respect pour notre terre et ceux que nous hébergeons, souligne M. Turcotte. Les agneaux sont laissés avec la mère le plus longtemps possible. Les animaux ont accès aux prés et à la bergerie comme bon leur semble, pendant toute l’année. »

Dans son travail de berger, M. Turcotte se fait donc aider de ses fidèles compagnons, Oslo, Denver et Eska.

Olso, un imposant berger de Maremme, originaire d’Italie, protège le troupeau de prédateurs, comme les coyotes et les chiens errants. « Je ne me ferai jamais voler un agneau ici », lance M. Turcotte.

CHIENS DE TROUPEAU

Quand vient le temps de ramener les moutons à la bergerie ou lorsqu’ils doivent être chargés dans une remorque, le travail des chiens devient indispensable. Cela permet à l’éleveur de sauver beaucoup de temps et d’énergie. C’est à ce moment que Denver et Eska, deux chiens de troupeau de race Border Collie, entrent en scène.

Le travail de ces chiens consiste à guider le troupeau de moutons et à le déplacer. M. Turcotte n’a qu’à donner quelques coups de sifflet et à héler de courtes indications vocales pour que les chiens courent vers les moutons et qu’ils les rassemblent par la gauche ou par la droite ou encore pour qu’ils ramènent un individu qui s’est séparé du troupeau.

« J’ai déjà perdu trois moutons dans un champ. Une douzaine de voisins ont essayé de les ramasser, mais ils n’ont jamais été capables, raconte M. Turcotte. Je suis arrivé avec mon chien et ça lui a pris que dix minutes pour les ramener. »

Denver n’a qu’un an, mais il maîtrise déjà très bien l’art de guider les moutons. « Il fait partie d’une lignée irlandaise, précise M. Turcotte. Ses parents sont des champions canadiens et sa génétique est très forte. La première fois que je l’ai mis dans l’enclos, à l’âge de six mois, il me ramenait déjà les moutons. »

COMPÉTITIONS

M. Turcotte entraîne aussi ses chiens dans le but de participer à des compétitions de herding. Lors de ces compétitions, les chiens de troupeau doivent déplacer un troupeau d’un point A à un point B. Une autre épreuve consiste à scinder le troupeau en deux groupes, pour ensuite les conduire à des endroits distincts, et ce, sans jamais toucher les moutons.

« Je fais entrer une nouvelle espèce de moutons, le Cheviot North Country. On les appelle aussi « petits chevreuils », parce qu’ils sont rapides. C’est juste pour entraîner mes Border Collie Denver et Eska », explique l’éleveur.

Ce dernier participera d’ailleurs à une compétition de chiens de troupeau le 23 octobre, à Alfred, en Ontario. « L’an prochain, j’aimerais participer à la compétition nationale avec Denver, dit-il. Les meilleurs chiens canadiens vont ensuite aller compétitionner aux États-Unis. D’ici là, si on déconfine, je veux aller les entraîner en Floride au mois de mars. Mon rêve serait de faire une compétition en Europe. »

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