Cheval Karuna: apprivoiser ses émotions au contact des chevaux

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Par Marc-André Couillard
Cheval Karuna: apprivoiser ses émotions au contact des chevaux
La fondatrice de Cheval Karuna, Caroline Martel, enseigne la psychologie au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu depuis une dizaine d'années. (Photo : : gracieuseté - Jessica L'Heureux)

ACTUALITÉ. Caroline Martel a fondé Cheval Karuna il y a environ un an, alliant ainsi ses deux passions que sont les chevaux et la relation d’aide. Enseignante en psychologie au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu depuis une dizaine d’années, Mme Martel offre une expérience unique, qui permet aux participants de développer leur confiance et leur estime de soi, en présence de chevaux.  

Mme Martel monte à cheval depuis l’âge de sept ans. « Les animaux ont toujours été mon refuge, confie-t-elle. J’ai toujours eu une relation particulière avec les chevaux. »

Sa formation clinique en psychologie et sa grande connaissance des chevaux ont amené Mme Martel à développer une méthode d’intervention inspirée de l’approche du mieux-être facilité par le cheval.

« Le cheval nous reflète ce que nous communiquons de manière inconsciente par notre non verbal, explique-t-elle. Nous ne prenons jamais conscience de ce que l’on envoie comme signaux chez l’autre, quand on lui parle. Cette démarche, en présence des chevaux, nous amène à prendre conscience de notre corps, de nos émotions et à être authentique. »

DÉVELOPPEMENT DE SOI

Elle a donc fondé Cheval Karuna, chez elle, à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, après avoir elle-même vécu une telle expérience, à raison d’une rencontre par mois, pendant toute une année. « Ç’a été une des plus belles expériences de ma vie », confie-t-elle. 

Karuna signifie compassion ou auto compassion, en sanskrit, une langue indienne. « La compassion, c’est accueillir les faiblesses et les vulnérabilités de l’autre, et les siennes aussi, sans les juger, et d’en faire une force », précise-t-elle. 

Cette approche s’adresse à quiconque désire se développer émotionnellement et vivre une expérience.

Nul besoin d’être passionné par les chevaux ou de savoir monter à cheval pour profiter des bienfaits de cette démarche, qui convient autant aux personnes de tout âge. « Il faut vouloir prendre soin de soi, vouloir se ressourcer et avoir une ouverture à un certain développement personnel », précise Mme Martel. 

EXPÉRIENCE

L’expérience vécue chez Cheval Karuna peut aider quelqu’un qui vit du stress et qui cherche un environnement apaisant. Cela s’applique aussi bien à une personne timide qui a de la difficulté à entrer en communication avec les autres ou à quelqu’un qui vit un deuil ou qui souffre d’anxiété de performance.

« Être en présence des chevaux, ça change les gens, remarque Mme Martel. Ils nous ramènent dans le moment présent et nous font prendre conscience de nous-mêmes, de notre corps, de nos sensations et de notre comportement envers nous-mêmes et les autres. »

Elle cite l’exemple d’une personne qui vit de l’intimidation ou du harcèlement. « Mon approche est très bonne pour la confiance en soi, dit-elle. J’amène la personne à mettre des limites saines, par une communication consciente, en étant calme et centrée. J’utilise le cheval pour faire respecter le bien-être et la bulle de la personne. Si le cheval approche et je vois que la personne n’est pas confortable, mais qu’elle ne dit rien, cela peut vouloir dire qu’elle ne dit rien dans ses autres relations non plus. Je leur demande alors si ça va et je les invite à arrêter le cheval en mettant une main devant ou on lui dit d’arrêter et il arrête. »

DÉROULEMENT

Cheval Karuna, ce n’est pas un centre d’équitation. Au cours d’une séance d’environ une heure et demie, le participant va identifier son besoin, avant d’aller à la rencontre des chevaux. Mme Martel agit alors comme une médiatrice entre le participant et le cheval. 

« De manière toute naturelle, nous allons voir ce qui va se passer, décrit-elle. Les chevaux vont peut-être venir vers nous… ou pas. Je suis là et je reçois beaucoup d’information de mes chevaux parce que je les connais. Je vois l’interaction qu’il y a entre le participant et le cheval, je le nomme et je demande à la personne comment elle se sent. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. »

Le participant sera amené à faire des exercices de respiration et de pleine conscience, suivis d’une réflexion sur son expérience vécue en présence du cheval. 

« Par la suite, nous retournons vers les chevaux et nous observons s’ils réagissent de manière différente », ajoute-t-elle. 

Le participant monte rarement sur le dos du cheval. « Il m’arrive de le faire, mais ce n’est pas l’objectif premier, précise Mme Martel. Je peux parfois suggérer à une personne de se coucher sur le cheval et de respirer au même rythme que lui, ce qui permet de mieux prendre conscience de soi. Cela aide particulièrement les personnes qui sont en hypervigilance et qui ne lâchent jamais les armes. »

LIBERTÉ   

Toute cette démarche est rendue possible par la façon dont vivent les trois chevaux de Mme Martel, dans une complète liberté.  

« Ça prend des chevaux qui ont la capacité de s’exprimer librement, conclut-elle. Ils vivent et mangent en liberté 24 heures par jour. Ils vont venir vers nous s’ils le veulent. Le cheval souhaite que nous soyons authentiques et que nous soyons dans la vérité. C’est un animal de proie qui nous fait confiance lorsque nous assumons qui nous sommes et que nous reconnaissons ce que l’on porte en nous. » 

Pour obtenir plus d’information au sujet de Cheval Karuna, il suffit de visiter le site Internet chevalkaruna.com.

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