Étudiants cherchent emploi d’été

Par Ali Dostie
Étudiants cherchent emploi d’été

Si 42% des étudiants à temps plein concilient travail-études pendant l’année scolaire*, le printemps demeure un temps chaud pour la recherche d’emploi, notamment chez Emploi étudiant offert par Emploi-Québec.

Chantal Thibodeau, conseillère en communication chez Emploi-Québec Montérégie, souligne que « le "boom" commence dans les mois suivants la promotion de février, mars et avril. Ça suit les différentes fins de session du cégep et de l’université ».

D’avril 2012 à mars 2013, 10 564 étudiants en Montérégie ont déposé une candidature sur le site Placement en ligne, 4 668 postes ont été affichés. Et les offres d’emploi à temps plein priment sur celles à temps partiel.  En effet, 46% des postes offerts étaient à temps plein, 39% à temps partiel et 14% mentionnaient « temps partiel ou temps plein », pour la même région et période.

Ces chiffres ne dressent pas un portrait exhaustif de l’emploi étudiant puisque cette plateforme n’est pas l’unique outil pour dénicher un emploi ou un stage, prévient Mme Thibodeau. « L’emploi étudiant est vraiment accessible de toutes sortes de façons. À une certaine époque, et ça se fait encore évidemment, les étudiants se présentaient sur place », relève-t-elle.

Placement en ligne est cependant l’unique porte d’entrée pour les emplois étudiants au gouvernement. D’avril 2012 à mars 2013, des 558 postes affichés dans la fonction publique, 150 exigeaient un diplôme d’études secondaires, 230 un diplôme d’études collégiales et 178 un diplôme d’études universitaires.

Au fil des ans, la participation au Placement en ligne semble assez stable chez les employeurs, leur nombre n’ayant pratiquement pas changé entre 2011-2012 et 2012-2013, observe Mme Thibodeau. Elle note cependant une fluctuation à la baisse d’environ 1000 chercheurs d’emploi l’année suivant le conflit étudiant: « étant donné les sessions retardées, il y a peut-être eu un impact, bien qu’il soit difficile de déterminer une cause exacte ».

En 2004-2005, première année d’existence du site Placement en ligne,  3 772 candidatures ont été déposées par des étudiantes et étudiants en Montérégie. Les entreprises ont offert  540 postes.

Le salaire minimum prime?

Sans grande surprise, il semblerait que le salaire minimum soit ce que l’on offre généralement aux étudiants, selon les observations de Peggy Hotte, conseillère en emploi au Carrefour-jeunesse emploi de La Prairie, rencontrée au Salon de l’emploi de Saint-Constant.

« Et la plupart des étudiants en sont conscients. Ils sont prêts à travailler les soirs et fins de semaine. C’est une minorité de jeunes qui pensent "trouver mieux". Mais ils reviennent nous voir », relate-t-elle. « Ça fait partie de l’apprentissage », ajoute sa collègue Béatrice Ménière.

Chez Emploi-Québec, on ne tient pas de données sur le salaire offert par les employeurs aux étudiants. Les conditions de travail se conforment néanmoins aux normes. Ainsi, le salaire minimum passera, le 1er mai, de 10,15$ à 10,35$, puis de 8,75$ à 8,90$ pour le travail avec pourboire.

Dans le domaine public, le salaire des étudiants et stagiaires est établi en fonction de l’échelle salariale réglementée par le Conseil du Trésor, variant entre 10,96$/heure (emploi de niveau secondaire) et 20,58$/heure (emploi de niveau universitaire troisième cycle).

*Chez les étudiants de 15 à 24 ans, en 2011. Selon l’Institut de la statistique du Québec. «Le travail rémunéré chez les étudiants québécois: portrait de trente années d’évolution», par Marc-André Gauthier.

Emploi-Québec pour tous

Emploi-Québec s’adresse tant aux chercheurs d’emplois, qui peuvent connaître les emplois offerts dans leur région et créer des alertes emplois, qu’aux employeurs qui ont ainsi accès à une banque de candidatures.  Ceux-ci consultent des fiches de candidats avant même que des postes soient affichés.

Une page Facebook «Emploi étudiant au Québec» a été mise en branle en mars dernier. Les étudiants chercheurs d’emplois y trouveront conseils et informations sur les salons et foires à venir, en plus de quelques offres d’emplois qui paraissent de façon aléatoire.

Un coup de pouce du fédéral

À l’été 2013, 830 aides financières ont été accordées à des organismes à but non lucratif, municipalités, villes, carrefour-jeunesse et autres employeurs du secteur public ou entreprises de moins de 50 employés de la Montérégie via le programme Emplois été Canada. 

Le programme du gouvernement fédéral instauré depuis 2006 vise à « créer des possibilités d’emploi d’été pour les étudiants à temps plein âgés de 15 à 30 ans qui prévoient retourner aux études l’année scolaire suivante », précise-t-on au Bureau des relations médias de Services Canada.

En 2014, 7050 demandes ont été faites au Québec pour recevoir ce soutien pour l’emploi étudiant. Le nombre de demandes reçues en 2013 est similaire, soit 7100, mais représente une légère baisse comparativement à 2012 et 2011 alors que 7 700 demandes d’aides financières avaient été envoyées pour chacune de ces années.

**Aides financières reçues en 2013, par circonscription de la Montérégie, (incluant certaines dont seulement une partie est en Montérégie)**

Bas Richelieu ? Nicolet ? Bécancour: 104

Beauharnois ? Salaberry: 62

Brome ? Missisquoi: 77

Brossard ? La Prairie: 31

Chambly ? Borduas: 82

Châteauguay ? Saint-Constant: 60

Longueuil ? Pierre-Boucher: 45

Saint-Bruno ? Saint-Hubert: 41

Saint-Hyacinthe ? Bagot: 76

Saint-Jean:49

Saint-Lambert: 44

Shefford: 55

Vaudreuil-Soulanges: 49

Verchères ? Les Patriotes: 55

Portrait chiffré de l’emploi étudiant au Québec en 2011*

? De 1980 à 2012, le nombre d’étudiants de 15-24 ans travaillant pendant l’été est passé de 208 000 à 308 000.

? En 2011, le taux d’emploi estival était de 46% chez les étudiants de 15-19 ans, et de 72% chez les 20-24 ans.

? À l’été 2012, 140 000 étudiants travaillaient, alors que 170 000 étudiantes travaillaient. Il s’agit d’un écart de 20%.

? 252 200 jeunes de 15 à 24 ans sont des étudiants travaillant pendant l’année scolaire. Ils représentent 6,5% de la population en emploi de 15 ans et plus.

? 42 % des étudiants à temps plein âgés de 15 à 24 ans travaillent pendant leurs études.

? Le taux d’emploi  pendant l’année scolaire  chez les étudiantes de15-24 ans. (47%) est plus élevé que chez les étudiants du même groupe d’âge (37%).

*Institut de la statistique du Québec. «Le travail rémunéré chez les étudiants québécois: portrait de trente années d’évolution», par Marc-André Gauthier, en collaboration avec Marie-Pier Labrie, février 2013.

 

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