L’accaparement des terres inquiète les agriculteurs

L’accaparement des terres inquiète les agriculteurs
Selon Jérémie Letellier

Agriculture – Le phénomène d’accaparement des terres agricoles par des sociétés d’investissement prend de l’ampleur au Québec. L’Union des producteurs agricoles (UPA) a proposé des moyens pour freiner cette tendance qui va à l’encontre du modèle d’agriculture familiale qu’elle encourage, lors de son dernier congrès qui se tenait à Québec, du 2 au 4 décembre.

On ne connaît pas avec précision le nombre d’hectares de terres agricoles qui ont été acquis par des sociétés d’investissement comme Pangea, Investerre inc. ou Partenaires agricoles S.E.C., mais le phénomène inquiète. «Ces sociétés arrivent dans un village et achètent 2000 acres d’un coup comme à Kamouraska et au Saguenay, explique Jérémie Letellier, vice-président de l’UPA Montérégie, qui exploite aussi une ferme à Napierville. Ça fait monter les prix des terres.»

Selon M. Letellier, ces sociétés n’auraient pas encore acquis de terres dans les Jardins-de-Napierville. «Le prix des terres est déjà élevé ici. La plus-value est moins intéressante pour un groupe comme Pangea, mais rien ne dit qu’ils ne viendraient pas.»

Capitaux

Ces sociétés disposent de capitaux importants et ils utilisent les terres agricoles, dont la valeur augmente constamment, comme une valeur refuge. Elles louent ensuite ces terres aux jeunes agriculteurs qui débutent et qui n’ont souvent pas les moyens d’en acquérir une.

«Il ne faut pas attendre que ça s’étende avant d’intervenir, explique Hélène Boyer, directrice des communications à l’UPA Montérégie. Ça dépend du type d’agriculture qu’on veut au Québec, une agriculture de propriétaires ou de locataires. Le problème avec ce modèle, c’est que le propriétaire de la terre n’est pas celui qui la travaille.» Dans ce modèle d’affaires, l’actif qui prend de la valeur est la propriété des investisseurs, tandis que le risque est partagé avec les agriculteurs de la relève, explique M. Letellier.

Résolution

Une résolution a été adoptée lors du dernier congrès de l’UPA, qui demande au gouvernement de limiter à 100 hectares par année la superficie que pourrait acquérir une entité. L’UPA demande aussi que la Commission de protection du territoire agricole du Québec tienne un registre des transactions de manière à connaître l’identité des acheteurs de terres agricoles.

Les députés de l’Assemblée nationale du Québec membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles ont décidé de se pencher sur la question de l’accaparement des terres agricoles par des firmes d’investissement privées, afin de dresser un portrait de la situation.

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