Les agriculteurs passent à l’action

Les agriculteurs passent à l’action
Les agronomes Samuel Comtois

Végétaliser les berges, adopter des pratiques pour éviter l’érosion des sols, respecter les bandes riveraines ou, encore, aménager des milieux humides bénéfiques pour les poissons, les grenouilles et les pollinisateurs; depuis 2010 plus d’une centaine d’agriculteurs travaillent en concertation afin de limiter le ruissellement d’engrais et de pesticides dans les cours d’eau et d’accroître la biodiversité dans trois projets collectifs. En créant la campagne d’affichage «D’Agriculture et d’eau pure» en Montérégie-Ouest, les responsables souhaitent inviter d’autres agricultures à se joindre au mouvement.

«Le public cible, ce sont les agriculteurs, on veut faire une campagne de fierté, une campagne de financement pour aller encore plus loin. On pense que d’autres vont embarquer et vont continuer le projet.  On veut aussi que le grand public voie que les gens d’ici font quelque chose », confie Julie-Andrée Gagnon, coordonnatrice des projets Lacolle et des Fèves.  

La douzaine d’affiches grand format qui bordent les principaux axes routiers, visent à souligner les actions réalisées par les agriculteurs de la région pour améliorer la qualité de l’eau des rivières Fèves et Lacolle ainsi que du ruisseau Norton.  Une centaine de petites affiches sont aussi exposées dans plusieurs commerces et édifices municipaux de la région.

Les trois projets collectifs (Fèves, Lacolle et Norton) réunissent plus d’une centaine de producteurs agricoles de la région, qui ont accepté de manière volontaire de poser des gestes concrets en collaboration avec les clubs-conseils en agroenvironnements Techno-Champ 2000, Agri-Action, Agro-Moisson, RAAC, DataSol et Phytodata. Démarrés en 2010, ces trois ils couvrent 230 km2 tandis que depuis 2005, 56 projets du même type ont vu le jour dans plusieurs régions du Québec. 

Une démarche collective

Les cours d’eau traversent plusieurs terres, appartenant à différents agriculteurs.  C’est la raison pour laquelle la gestion de l’eau par bassin versant est l’approche privilégiée pour favoriser la participation du plus grand nombre d’agriculteurs à ces projets.  Un bassin versant est un territoire, qui draine toute l’eau de surface vers un même cours d’eau.  Cette façon de gérer l’eau permet de coordonner les efforts des tous les usagers d’un même bassin versant, tout en évitant que tous se lancent la balle en accusant son voisin d’être responsable de la mauvaise qualité de l’eau.  

«Il faut lutter contre l’érosion et limiter le transport de sol chargé d’engrais de phosphore et de pesticides, vers l’eau, ce qui favorise le développement des algues bleu vert, explique la responsable. C’est le résultat des pratiques des 30 dernières années.» 

Selon elle, l’approche par bassin versant permet de dresser un portrait de la situation actuelle, tout en favorisant la sensibilisation des producteurs et en mettant de la pression sur les récalcitrants, qui hésitent à participer au projet.

Des retombées positives pour toute la communauté

La mauvaise qualité de l’eau provoque des impacts pour toutes les communautés, selon la principale intéressée qui donne en exemple le moratoire sur la pêche à la perchaude, qui a été décrété au lac Sait-Pierre, où les frayères qui s’y trouvent sont menacées par les sédiments érodés provenant des terres agricoles.

Puisque l’eau est si vitale, les clubs-conseils en agroenvironnement, qui regroupent des agriculteurs désireux d’améliorer la qualité de l’environnement, ont lancé la campagne d’affichage qui se concentre sur cet enjeu.

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