Les frênes menacés par un insecte dévastateur

Les frênes menacés par un insecte dévastateur
L’agrile du frêne mesure ½ pouce de long et 1/8 pouce de large.  Il s’attaque à toutes les essences de frêne.  Le taux de survie est d’environ un sur mille

L’agrile du frêne, cet insecte dévastateur originaire d’Asie, qui a été détecté pour la première fois au Québec à Carignan, en 2008, menace maintenant les MRC des Jardins-de-Napierville et du Haut-Richelieu. 

«Il ne s’attaque qu’aux frênes, mais à tous les frênes et les tue», explique Hugo Fréchette, spécialiste en confinement des biorisques de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

L’insecte de couleur vert métallique n’a pas encore été observé dans la région, mais selon M. Fréchette, il est bien présent.  C’est la raison pour laquelle, depuis le 1er avril, ces deux MRC, comme plusieurs autres d’ailleurs, sont réglementées par l’ACIA.

L’insecte lui-même ne se déplace que de quelques kilomètres par année, soutient M. Fréchette.  Ce sont les déplacements humains qui favorisent sa propagation.

Observé pour la première fois en Amérique en 2002, l’agrile aurait déjà causé la mort de millions de frênes, selon l’ACIA.  «C’est probablement le ravageur le plus difficile qu’on a eu à contrôler dans l’histoire de l’ACIA», soutient M. Fréchette.

L’Union des municipalités du Québec estime les impacts de l’agrile du frêne pour la Communauté métropolitaine de Montréal à 450 M$ au cours des 15 prochaines années.  «C’est un gros défi pour les finances publiques des municipalités, estime M. Fréchette.  Un arbre mort peut tomber sur les voitures et sur les gens.  L’obligation d’agir pour les municipalités est incontournable.»

Heureusement, cet insecte ne s’attaque pas aux cultures, explique M. Fréchette.  Malgré tout, les agriculteurs pourraient être touchés puisque nombre d’entre eux utilisent cet arbre comme haie brise-vent ou encore pour consolider les berges des cours d’eau.

Zones réglementées

Concrètement, la réglementation de l’ACIA qui est entrée en vigueur le 1er avril pour les secteurs des Jardins-de-Napierville et du Haut-Richelieu, entre autres, impose de sévères restrictions sur le déplacement du bois de frêne à partir des zones réglementées, où l’on soupçonne la présence de l’insecte, vers l’extérieur de ces zones. 

Ainsi, les produits du frêne, tels que les planches, les billes ou encore le bois de chauffage, peuvent circuler à l’intérieur des zones réglementées, mais ne peuvent la quitter sans avoir d’abord obtenu la permission écrite de l’ACIA.  De nombreuses conditions doivent être remplies pour pouvoir sortir le bois de frêne à l’extérieur des zones réglementées.  Il doit notamment être déchiqueté en copeaux de un pouce par un pouce ou encore avoir été traité à la chaleur.

Désormais, en plus de l’Outaouais, la portion sud des Laurentides, Laval, Montréal et Longueuil, les zones réglementées couvriront Lanaudière, la Montérégie et l’Estrie.

Pour obtenir plus de renseignements sur l’agrile du frêne, composez le 1-866-463-6017 ou visitez le site Internet de l’ACIA au www.inspection.qc.ca.

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