Lise Trottier répond au promoteur des éoliennes

Lise Trottier répond au promoteur des éoliennes
Lise Trottier répond aux promoteurs du projet de parc éolien à Saint-Cyprien.

Débat – À la suite de la publication d’extraits d’une entrevue que le président d’Énergies durables Kahnawake (EDK), John Bud Morris, a accordée au Coup d’œil, dans son édition du 12 août, la mairesse de Saint-Jacques-le-mineur, Lise Trottier, a tenu à réagir.

«Depuis 2010, les populations environnantes ont clairement démontré leur opposition ferme à ce projet. De plus, 2700 citoyens de la région se sont exprimés contre le projet en signant une pétition», rappelle-t-elle d’emblée.

La mairesse de Saint-Jacques-le-Mineur pense que si les Québécois soutiennent effectivement le développement de l’énergie renouvelable, plusieurs se sont désillusionnés devant le coût associé au financement de l’industrie éolienne. «Depuis qu’il a été démontré que chaque famille du Québec dépense en moyenne 200$ par année pour subventionner cette industrie, bon nombre de Québécois ont commencé à déchanter», dit-elle.

Arguments de premier niveau

Mme Trottier réfute l’argument selon lequel les citoyens seraient même prêts à voir des éoliennes s’installer près de leur résidence. «Qui veut vraiment d’une tour de 450 pieds de haut dans sa cour? Qui en veut huit devant chez lui?, questionne-t-elle. Il est malheureux et très surprenant que M. Morris en soit encore à défendre ce projet avec des arguments de premier niveau. Les enjeux sont autrement plus contraignants et dévastateurs pour nos populations et notre région.»

Dans l’entrevue qu’ils ont accordée au Coup d’œil, M. Morris et la porte-parole d’EDK, Lynn Jacobs, soutenaient que certains opposants au projet, en particulier le groupe Le vent tourne, avaient toujours refusé de dialoguer avec le promoteur. Mme Trottier refuse que l’on pointe du doigt ce groupe de citoyens. Selon elle, un très grand nombre d’organisations et d’individus ont refusé de rencontrer le promoteur.

«L’étude d’impact a clairement démontré que plusieurs organisations du territoire invitées à le rencontrer n’ont pas voulu aller s’asseoir avec le promoteur. Dès 2010-2011, la région a tranché quant à la non-acceptabilité de ce projet», souligne-t-elle.

Entêtement

Mme Trottier estime plutôt que le promoteur actuel démontre de l’entêtement face au refus de la population. «Depuis cinq ans, dit-elle, les citoyens de la région et les élus soucieux de protéger le territoire agricole et la qualité de vie de leurs citoyens n’ont jamais changé d’avis sur ce projet.

«Pourtant, poursuit Mme Trottier, on tente encore de l’imposer sous des prétextes assez simplistes, à mon avis. M. Morris reconnaissait lui-même en 2010 qu’il n’y avait pas d’acceptabilité sociale pour un projet éolien dans ce secteur de la Montérégie. Il a voulu malgré tout continuer à l’imposer.»

Elle reconnaît que ce projet aurait des retombées positives pour la communauté de Kahnawake, mais pas pour la région qui doit l’accueillir.

«Nous, les élus de la MRC des Jardins-de-Napierville, avons-nous analysé les inconvénients de ce projet pour nos communautés?, demande-t-elle. Le projet éolien industriel que l’on nous propose n’a pas sa place en milieu agricole. Les terres agricoles où on envisage ce projet industriel sont des terres à haut rendement, de haute qualité, qui ont été drainées à coup de subventions.»

Harmonie

Enfin, la mairesse ne croit pas que M. Morris puisse rétablir l’harmonie avec les populations locales, si le projet devait aboutir. «Il n’y a pas d’harmonie possible à vouloir s’imposer chez des gens opposés à voir leur qualité de vie bouleversée et la valeur de leur propriété abaissée.

«Je m’insurge tout autant de voir avec quelle facilité on repousse du revers de la main les témoignages de gens qui souffrent à vivre entouré d’éoliennes industrielles. Ces témoignages de citoyens qui vivent de graves problèmes doivent être entendus par les autorités en place, martèle Mme Trottier. Qu’on ne nous parle plus d’harmonie quand, depuis cinq ans, on a foutu le bordel dans nos communautés. Les citoyens disent non et c’est leur droit.»

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