MRC des Jardins-de-Napierville: les cinq chantiers du milieu communautaire

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Par Marc-André Couillard
MRC des Jardins-de-Napierville: les cinq chantiers du milieu communautaire
Sylvain Rémillard, président du conseil d'administration, et Philippe Jallon, directeur général, de la CDC des Jardins-de-Napierville. (Photo : : Coup d'oeil - Marc-André Couillard)

Actualité. Dès la prochaine année, la -Corporation de développement communautaire des -Jardins-de-Napierville (CDC), qui regroupe 24 organismes communautaires œuvrant sur le territoire de la -MRC, travaillera sur différents projets touchant cinq priorités, soit le transport, le logement, l’immigration, la santé et le milieu des affaires. L’objectif : diminuer les « trous de service » dans ces -secteurs-clés pour la -MRC.

La mission de la -CDC est de regrouper ces organismes qui œuvrent dans différents champs d’activités, pour les amener à travailler ensemble sur des enjeux sociaux, dans le but d’améliorer les conditions de vie de la communauté.

Travailleurs agricoles

C’est dans cette perspective que la -CDC veut lancer quatre grands chantiers, dont celui de l’immigration.

« -Dans la -MRC des -Jardins-de-Napierville, nous accueillons 5000 travailleurs agricoles parmi les 17 000 qui viennent au -Québec, rappelle -Philippe -Jallon, directeur général de la -CDC. Ce qui est problématique, c’est qu’ils n’entrent jamais dans nos statistiques. Pourtant, cela représente plus que le nombre d’habitants de -Napierville. »

Plusieurs de ces travailleurs, dits saisonniers, restent au -Québec presque toute l’année, précise M. Jallon.

« -Nous devons faire en sorte d’améliorer l’accueil de ces immigrants et de faciliter leur insertion pour leur donner un bon départ dans leur nouvelle communauté, dit M. Jallon. Il faut leur donner des services d’alphabétisation et de francisation. On a même envisagé de mettre sur pied des écoles mobiles. Ça fait partie des projets. »

Pour atteindre cet objectif, la -CDC travaille avec le -Centre de services scolaires des -Grandes-Seigneuries, -Alliance -Carrière -Travail et le -Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs agricoles du -Québec.

Immigrants

Il en est de même pour les immigrants reçus, qui choisissent de s’établir dans notre région.

« -Il y en a de plus en plus et ils sont livrés à -eux-mêmes, remarque M. Jallon. Il faut s’en occuper pour les aider à s’insérer socioprofessionnellement, ainsi que leurs enfants. »

Pénurie de logements

Entre 2016 et 2021, la population de la -MRC des -Jardins-de-Napierville a augmenté de 11 %, ce qui représente un record au -Québec, selon M. Jallon.

Il y a un manque criant de logements sociaux et abordables sur le territoire de la -MRC, -rappelle-t-il.

« -Les gens qui gagnent 18 $ l’heure doivent pouvoir habiter quelque part, souligne M. Jallon. Il nous faudrait 450 logements dans la -MRC. On en est encore bien loin, mais on pourrait miser sur une cible de 25 %. Si on commençait avec 50 ou 100 logements, ce serait un très bon début. »

Financement du logement

M. Jallon est conscient que les municipalités rurales ont souvent peu de moyens pour supporter de tels projets, mais il se dit prêt à les appuyer.

« -Tout ce qu’on demande aux mairies, c’est de donner, de prêter ou de vendre des terrains à prix abordable, -précise-t-il. Par la suite, il y a des ressources au fédéral et au provincial pour prêter ou donner de l’argent. Des fonds existent pour ce type de constructions. »

Par la suite, ce serait à un organisme à but non lucratif ou une coopérative de gestion de piloter la construction et d’assurer la gestion de ces habitations.

« -La -CDC est là pour trouver des outils, -souligne-t-il. On veut appuyer les élus et s’il faut porter le message jusqu’à -Québec, nous le ferons. La -Chambre de commerce de -Châteauguay est prête à travailler avec nous. Des projets sont en train d’être identifiés à -Saint-Jacques–le-Mineur et à -Sherrington. Nous allons voir comment on peut les appuyer. Nous avons un des plus bas taux de diplomation au -Québec, dans la -MRC. Les jeunes qui vont au cégep doivent souvent quitter la région. Les logements sociaux pourraient aussi servir de résidence étudiante. »

Transport collectif prise 2

Il y a quelques années, la -MRC des -Jardins-de-Napierville a bien tenté de mettre sur pied un système de transport collectif qui permettait de se déplacer seulement à l’intérieur de la -MRC. Cette initiative a été un échec.

« Ça ne correspondait pas aux besoins de la population, soutient M. Jallon. Cet hiver, nous allons rouvrir ce dossier. -Est-ce que les gens veulent aller de -Saint-Rémi à -Saint-Constant ou de -Napierville à -Saint-Jean ? -On ne le sait pas, mais nous allons acheter un véhicule et faire des essais. Ce qui m’étonne, c’est qu’on ne se serve pas plus des autobus jaunes. Il y a plein de pistes de solution. »

Santé

La -CDC veut aussi s’attaquer au manque de services en santé dans la -MRC. Pour ce faire, M. Jallon a réuni plusieurs partenaires, dont les élus de la -MRC et la -Chambre de commerce et d’industrie du -Grand -Roussillon, pour réclamer au -Centre intégré de santé et de services sociaux de la -Montérégie-Ouest la mise sur pied d’une clinique mobile, qui sillonnerait le territoire pour soigner les citoyens.

Sensibiliser le milieu d’affaires

Enfin, la -CDC propose de lancer une opération -Grande séduction auprès de la communauté d’affaires, afin de la sensibiliser à ces enjeux sociaux, qui ont des répercussions sur les entreprises.

Certaines municipalités risquent de se dévitaliser économiquement, parce que les entreprises ne s’installent généralement pas où leurs employés ne peuvent pas trouver du logement, sans compter que ces travailleurs ne peuvent pas compter sur du transport collectif dans la -MRC, remarque M. Jallon.

« -Le milieu communautaire et l’entrepreneuriat privé ont un objectif commun : avoir une population en bonne santé physique et mentale, conclut M. Jallon. Les entreprises ont besoin d’un bassin de travailleurs et la mission du communautaire est d’aider la population. »

M. Jallon entend demander la collaboration des chambres de commerce pour trouver des solutions concrètes à ces enjeux.

« -Si des entreprises ne peuvent pas payer plus de 19 $ l’heure pour rester compétitives, c’est dans leur intérêt que leurs travailleurs aient accès à du transport en commun pour se rendre au travail, ou du logement social pour habiter à proximité. »

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