Onze cas confirmés de la maladie de Lyme en Montérégie cet été

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Par Valerie Legault
Onze cas confirmés de la maladie de Lyme en Montérégie cet été

SANTÉ. La progression de la maladie de Lyme se confirme. Depuis ce printemps, on recense 11 cas de la maladie en Montérégie. Plusieurs autres sont sous analyse. Les chiens de la région sont également nombreux à recevoir des antibiotiques pour traiter l’infection causée par la tique à pattes noires, parasite porteur de la bactérie.

«On avait anticipé cette augmentation, note la Dre Patricia Hudson, coordonnatrice du programme sur les maladies infectieuses à l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie. Est-ce le portrait exact? Non. Ce chiffre est probablement sous-estimé, car l’enquête sur l’ensemble des cas de la maladie de Lyme est très longue à réaliser.»

Reste que les 11 cas répertoriés cette année sont plus nombreux qu’à pareille date l’an dernier. En 2013, la Montérégie a connu une hausse fulgurante du nombre d’infections. Au total, 74 cas avaient été recensés, soit quatre fois plus qu’en 2012, dont huit dans le Haut-Richelieu. La région était alors la deuxième plus touchée en Montérégie, après la Haute-Yamaska.

Discrète

La tique à pattes noires est très discrète. Le parasite passe facilement inaperçu. Sa morsure est aussi sans douleur. Bien repue de notre sang après s’en être gavé pendant 24 à 36 heures, elle peut avoir la taille d’un pépin de raisin.

Pas étonnant que bien des propriétaires de chiens ne la détectent pas sur leur animal de compagnie. En 17 ans de carrière, la vétérinaire Marie-Claude Duval pouvait compter les cas annuels de la maladie de Lyme sur ses doigts.

C’est tout le contraire maintenant. Les tests de dépistage contre le ver du coeur permettent de voir que de plus en plus de chiens ont développé des anticorps contre la bactérie Borrelia burgdorferi. Soit qu’ils sont déjà malades, soit que la bactérie est en période d’incubation.

En revanche, la Dre Duval doit en soigner beaucoup aux prises avec des symptômes d’abattement et de douleurs articulaires typiques de la maladie de Lyme. Ils répondent bien aux antibiotiques, ce qui lui confirme une fois de plus qu’ils ont bel et bien été des hôtes du parasite.

Surprise

«Le printemps nous a jetés par terre. Nous aussi, on est surpris, on ne s’attendait pas à ça», dit-elle. Selon la vétérinaire, les chiens seraient particulièrement sensibles pour attraper la tique dans les herbes hautes. Toutes les parties de leurs corps peuvent être touchées, que ce soit la tête, le dos, les pattes ou le ventre. Une inspection de la peau et du pelage est donc de rigueur après une sortie dans la nature.

Qui dit tique à pattes noires ne dit pas nécessairement maladie de Lyme. Seulement 10% à 12% de ces parasites transmettent la bactérie. «La tique peut rester accrochée plusieurs jours, mais il n’y a pas de risque de transmission avant 24 ou 36 heures», rappelle Patricia Hudson.

Pas de panique

Il est important de l’enlever sans l’écraser en la soulevant avec une pince à sourcils. «La bactérie se loge dans le tube digestif de la tique. Le risque de transmission est parti quand le corps est parti», précise le médecin.

Si l’intervention est délicate, elle peut aussi échouer. Pas de panique si un morceau de sa bouche reste coincé dans la peau. Il partira de lui-même après s’est bien lavé.

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