Parc éolien: Le promoteur ouvre un bureau à Saint-Cyprien

Parc éolien: Le promoteur ouvre un bureau à Saint-Cyprien
EDK compte ouvrir un bureau à Saint-Cyprien-de-Napierville dans les semaines à venir. Lynn Jacobs (notre photo) et d'autres représentants du promoteur seront sur place pour répondre aux questions.

Énergie – Le promoteur du projet de parc éolien de Saint-Cyprien-de-Napierville, Énergies durables Kahnawake (EDK), ouvrira un bureau dans un local adjacent à la Fromagerie Le Métayer d’ici quelques semaines.

C’est ce que la porte-parole d’EDK, Lynn Jacobs, a confié dans une entrevue accordée au Coup d’œil. Les citoyens pourront ainsi avoir un accès direct au promoteur et obtenir des réponses à leurs questions. EDK affirme avoir loué cet espace pour une durée de six mois.

Le promoteur est toujours en attente d’une décision quant à la recevabilité de l’étude d’impact environnemental qu’il a déposé auprès du ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques.

Jusqu’à présent, le Ministère a soumis deux séries de questions à EDK, en septembre 2014 et en janvier 2015. «On a reçu des demandes de clarification et c’est normal», soutient Mme Jacobs.

Acceptabilité sociale

Nous avons demandé à Mme Jacobs si ces questions portaient sur l’acceptabilité sociale du projet. «Pas directement, dit-elle. Certaines questions concernaient la façon de gérer les plaintes sur le bruit, le transport durant la construction, les impacts sur les municipalités autour de Saint-Cyprien. Ils nous ont demandé comment nous allions continuer à communiquer avec la population et comment nous allions faire le suivi environnemental et le suivi des plaintes.»

Une fois que l’étude d’impact aura été jugée recevable, le Ministre mandatera le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour qu’il amorce la période d’information et de consultation du dossier par le public, d’une durée de 45 jours, explique Geneviève Lebel, coordonnatrice aux relations avec les médias au ministère de l’Environnement.

Quant à la tenue d’audiences publiques, tout dépendra si des individus ou des groupes en feront la demande, précise Mme Jacobs. «Je pense qu’il va y en avoir. C’est certain que ce projet suscite beaucoup de débats, mais on veut avoir plus de dialogue avec les gens de la région», dit-elle.

Comité consultatif

Le promoteur a formé un comité consultatif, dont l’objectif est d’échanger avec la population afin d’améliorer son projet. Plus d’une dizaine de personnes font partie du comité dont un des chefs Mohawks, Gina Deer, deux conseillers de Saint-Cyprien, Maurice Boissy et Jean-Marie Mercier, deux représentants parmi les propriétaires qui pourraient accueillir des éoliennes sur leurs terres, un représentant du COVABAR, un organisme de bassin versant, trois représentants du Conseil régional sur l’environnement de la Montérégie et quatre citoyens «qui n’ont rien à voir avec le projet», explique Mme Jacobs.

EDK est toujours à la recherche d’opposants à son projet pour faire partie du comité. «On a envoyé une lettre d’invitation à différentes parties prenantes, incluant les groupes d’opposants, soutient Mme Jacobs. On a fait un effort pour demander aux gens ouvertement opposés, mais personne n’a accepté.»

Le comité consultatif a tenu deux rencontres jusqu’à présent, le 14 et le 27 janvier. «Les rencontres sont facilitées par une tierce partie, précise Mme Jacobs. Nous, comme promoteurs, nous ne sommes pas participants au comité. Nous sommes observateurs et nous répondons aux questions.»

EDK souhaite tenir au moins dix rencontres afin d’aborder différents thèmes. «Le but est de continuer de réunir le comité pendant la construction et l’opération», confie Mme Jacobs. Les prochaines rencontres doivent se tenir dans le local qu’EDK loue à Saint-Cyprien-de-Napierville.

 

Un an de retard: une amende salée

Rappelons que ce projet implique la construction de huit éoliennes de 3 mégawatts chacune sur des terres agricoles.

Après le retard accumulé notamment en raison d’un procès qui opposait la municipalité au promoteur, EDK estime que son parc éolien sera mis en service en décembre 2016, soit un an plus tard que prévu.

Selon Marc-Antoine Pouliot, porte-parole chez Hydro-Québec, le contrat d’approvisionnement en électricité liant EDK et la société d’État prévoit une pénalité pour chaque jour de retard relatif au début des livraisons, jusqu’à un maximum de 480 000$.

Selon Mme Jacobs, bien qu’aucune entente formelle ne soit prise avec la municipalité, elle estime que Saint-Cyprien-de-Napierville pourra toucher environ 100 000$ par année en bénéfices versés par le promoteur.

«Le vent tourne» poursuit ses revendications

Pendant que le promoteur du parc éolien tente d’établir une communication avec la communauté de Saint-Cyprien-de-Napierville et des alentours, les opposants au projet, dont le regroupement de citoyens «Le vent tourne», continue de faire des représentations auprès des élus.

Ils s’opposent à la venue d’éoliennes industrielles sur leur territoire. Ils ont notamment présenté le résultat d’une pétition qui compte quelque 1750 signatures au conseil de la MRC des Jardins-de-Napierville, le 14 janvier dernier. «Quelques maires sont troublés par le fait qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale, dont la mairesse Lise Trottier (Saint-Jacques-le-Mineur) et même le préfet de la MRC, Paul Viau, soutient Brigitte Schoemans, membre du comité «Le vent tourne».

Mme Schoemans dit avoir l’appui d’un élu de l’Assemblée nationale du Québec dans leur démarche. Elle assure que l’identité de ce député sera connue prochainement.

Le groupe d’opposants espère que la municipalité de Saint-Cyprien-de-Napierville va remplir des engagements pris lors de la séance du conseil du mois de décembre. Des membres du comité «Le vent tourne» avaient demandé aux élus de faire connaître les résultats de la pétition à différentes instances, dont le gouvernement et la communauté de Kahnawake. Le groupe demandait aux élus de diffuser l’information dans les journaux publiés à Kahnawake. «S’ils sont là pour représenter les citoyens, ça doit être fait!», clame Mme Schoemans.

Le groupe réclame aussi le droit d’installer des pancartes sur leurs terrains afin d’afficher leur désaccord avec ce projet, ce qui est présentement interdit en vertu d’un règlement municipal.

 

 

 

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires