Partenariat transpacifique:les producteurs laitiers inquiets

Partenariat transpacifique:les producteurs laitiers inquiets

Le président de la Fédération de l'UPA de la Montérégie

Agriculture – Les producteurs de lait du Québec craignent de voir leurs ventes diminuer suite à l’entente de principe conclue le 5 octobre pour créer une zone de libre-échange avec 11 nations. Une partie de leur marché, qui était protégé par le système de gestion de l’offre, sera désormais ouvert aux pays signataires du Partenariat transpacifique (PTP).

Avec l’annonce d’une ouverte de 3,25% du marché canadien du lait aux entreprises de ces 11 autres pays, les fermes laitières du Québec pourraient perdre entre 10 000 et 15 000 dollars par année, estime le président de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles de la Montérégie, Christian Saint-Jacques. «Cela s’ajoute au 2% du marché qui a déjà été consenti dans le cadre de l’accord de libre-échange conclu entre le Canada et l’Europe», explique-t-il.

Cette perte de production sera difficilement récupérable, croit M. Saint-Jacques. «Pour produire 3,25% de plus, il va falloir acheter des quotas à gros prix. Le coût est d’environ 25 000$ pour une vache.»

Le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, s’est engagé à verser des indemnités aux producteurs, pour compenser ces pertes. «Avec les calculs que nous avons faits au niveau provincial, il semble que ce ne sera pas suffisant», prévient M. Saint-Jacques.

Au Québec, 43% des revenus agricoles dépendent de la gestion de l’offre et 1600 fermes de la Montérégie fonctionnent d’après ce modèle, rappelle M. Saint-Jacques.

Partenariat transpacifique

Le PTP est un accord de libre-échange qui implique 12 pays, dont une des frontières donne sur l’océan Pacifique (Canada, États-Unis, Mexique, Pérou, Chili, Nouvelle-Zélande, Australie, Malaisie, Vietnam, Japon, Singapour et Brunei).

Ces pays regroupent environ 800 millions de personnes et représentent 40% de l’économie mondiale.

Cet accord prévoit l’abolition des droits de douane qui s’appliquent aux exportations canadiennes vers ces pays, notamment sur les métaux, les machines industrielles, les équipements de construction, etc.

De son côté, le Canada s’engage à ouvrir partiellement les marchés agricoles protégés par le système de gestion de l’offre (lait, œufs et volaille).

Source: Radio-Canada

Parts de marché consenties aux autres pays dans le PTP

– Lait: 3,25%

– Œufs: 2,3%

– Poulet: 2,1%

– Dindon: 2%

– Œufs d’incubation: 1,5%

Source: Radio-Canada

La gestion de l’offre

Ce modèle agricole, est en vigueur au Canada depuis les années 1970. Il s’appuie sur trois piliers.

1- Les producteurs de lait, d’œufs et de volaille ajustent leur production en fonction des besoins de la population du Canada.

2- Le gouvernement canadien limite l’importation de ces produits.

3- Le gouvernement canadien met en place un mécanisme pour stabiliser les prix et assurer un revenu décent aux producteurs. En contrepartie, aucune subvention ne leur est versée.

Source: Coalition GO5

La gestion de l’offre dans la MRC des Jardins-de-Napierville

43

Fermes laitières

6

Fermes avicoles

2

Fermes spécialisées dans la production d’œufs

Ces 51 fermes génèrent un revenu de plus de 24 M$, soit 8% des revenus agricoles de la MRC.

Source: MRC des Jardins-de-Napierville

 

 

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