Problème d’eau potable à Saint-Rémi: un gros défi et des dépenses de plus pour les garderies

Problème d’eau potable à Saint-Rémi: un gros défi et des dépenses de plus pour les garderies
Comme le montre Annick Boyer

Environnement – L’avis d’ébullition de l’eau qui est en vigueur depuis le 7 février à Saint-Rémi donne des maux de têtes à bien des citoyens. C’est le cas des éducatrices en garderie, dont la tâche s’est grandement alourdie en raison de cette contrainte.

Voilà maintenant plus de sept mois que les citoyens sont privés d’eau potable. La situation est d’autant plus difficile pour les institutions comme les services de garde, où les éducatrices doivent redoubler de vigilance pour s’assurer que les enfants ne boivent pas l’eau du robinet.

C’est notamment le cas à la garderie La petite maternelle qui accueille tous les jours 80 enfants âgés de 0 à 5 ans. Pour pallier le manque d’eau, l’installation doit commander de grosses cruches d’eau de près de 20 litres.

Jusqu’à maintenant, cela a entraîné des coûts d’environ 1500$. Les éducatrices doivent s’approvisionner à même ces cruches à l’aide d’un pichet qu’elles remplissent et qu’elles trimbalent dans leur local respectif.

Impacts

Que l’on pense à l’eau que l’on donne à boire aux enfants, ou à l’eau utilisée pour préparer les repas des plus petits, au brossage de dents, au lavage des mains ou au nettoyage de la vaisselle, en passant par les jeux d’eau extérieurs, les éducatrices ont constamment besoin d’eau pour subvenir aux besoins des enfants.

«Cela alourdit beaucoup la tâche des éducatrices, explique Annick Boyer, directrice adjointe de l’établissement. On ne brosse pas les dents des enfants parce que c’est compliqué avec des bouteilles d’eau. C’est quelque chose qu’on ferait si on avait accès à l’eau.»

Lorsque les éducatrices sortent avec les jeunes, elles doivent transporter une lourde cruche d’eau pour abreuver les enfants. La direction a d’ailleurs demandé à tous les parents de fournir une gourde à leurs enfants.

On a aussi dû restreindre l’utilisation des jeux d’eaux extérieurs pour éviter que les enfants ne boivent l’eau du robinet. «Habituellement, les enfants jouent avec des bacs d’eau et des petites cuillères, mais nous n’avons pas pu les sortir, dit Mme Boyer. Sans compter que l’année dernière, on n’a pas pu faire de jeux d’eau du tout en raison de la contamination de l’eau par l’usine PolyOne, ajoute Mme Boyer. Aucun jeu d’eau ou pataugeoire n’était fonctionnel.»

Solution

Rappelons qu’en raison de la présence de coliformes dans un échantillon prélevé dans le puits numéro 13, un avis d’ébullition de l’eau pendant une minute est imposé par le ministère de l’Environnement depuis le 7 février 2015. Cet avis concerne tous les citoyens qui sont desservis par le réseau d’aqueduc municipal.

Au mois d’août, la Ville de Saint-Rémi a octroyé un contrat de 21 000$ à la firme BHP Experts Conseils pour la réalisation des plans et devis d’un système temporaire de traitement de l’eau du puits numéro 13. Il s’agit d’un dispositif de chloration de l’eau et d’un système de désinfection par rayonnement ultraviolet. Cela permettrait la levée de l’avis d’ébullition.

Même si le ministère de l’Environnement a accepté que la Ville mette en place un tel système, un certificat d’autorisation doit être émis avant d’entamer les travaux.

Dossier prioritaire

La Ville a soumis sa demande au ministère à la mi-septembre. «En théorie, le ministère a 70 jours pour répondre, mais on nous a dit que notre dossier serait traité en priorité», expliquait la mairesse Sylvie Gagnon-Breton.

Une fois les plans et devis acceptés, la Ville devra retourner en appel d’offres pour l’achat et l’installation du matériel dont le coût oscille entre 500 000$ et 600 000$. Ces travaux seront financés via la taxe sur l’essence et la contribution du Québec.

On estime qu’il faudra au moins deux mois pour la réalisation des travaux. Comme ces travaux ne peuvent être réalisés en entier pendant la période hivernale, les travaux ne pourraient être exécutés qu’au printemps prochain. «De là notre espérance que le ministère réponde rapidement à notre demande de certificat d’autorisation», soutient Éric Corbeil, directeur des communications à la Ville de Saint-Rémi.

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