ProductivitéLa Montérégie, nouvelle locomotive du Québec

ProductivitéLa Montérégie, nouvelle locomotive du Québec
La Montérégie est la région qui a le plus contribué à l'augementation de la productivité du travail au Québec

MONTÉRÉGIE – Alors que certaines régions du Québec piétinent économiquement, la Montérégie n’est rien de moins que la nouvelle locomotive du Québec, révèle une étude obtenue en primeur par TC Media.

Selon l’enquête intitulée Croissance de la productivité au Québec – Une perspective régionale, réalisée par le Centre de productivité et prospérité (CPP) des HEC Montréal, la productivité de la Montérégie atteignait 45,62$ par heure travaillée en 2012, comparativement à 42,78$ en 2002. Durant ces dix années, la Montérégie a connu une croissance de 7%. C’est un peu moins que celle enregistrée pour l’ensemble du Québec, qui s’élevait en moyenne à 8%.

Pourtant, le directeur du CPP, Robert Gagné, affirme que la Montérégie est la région la plus dynamique. «C’est là où il y a de l’action, en terme de contribution au Québec. C’est la championne!», s’exclame-t-il. Sa contribution régionale, évaluée à 17%, dépasse Montréal de deux points.

«La Montérégie a amélioré sa productivité, pas par des masses, mais cela a suffi. La Montérégie, c’est 15% du Québec. C’est environ la moitié de Montréal. Ça n’a pas besoin de bouger beaucoup pour avoir un impact important. Elle a enregistré de petites augmentations, mais étant donné la taille, elles ont un effet important», explique le chercheur.

L’économiste en chef de Développement économique Canada pour les régions du Québec, Stéphane Pronovost, n’hésite pas non plus à la comparer à une locomotive, en termes de population et d’industries.

Des solutions propres à chaque région

La nature du tissu industriel de chaque région influence les performances en matière de productivité. «C’est évident», lance M. Gagné. «La Montérégie est très hétérogène, avec des parties agricoles et manufacturières», note M. Pronovost, indiquant que cette région fait l’objet de spécialisation fonctionnelle, pour utiliser un terme à la mode chez les chercheurs. «Cette tendance veut qu’une même entreprise possède un siège social dans un grand centre, comme Montréal, et qu’un centre de production soit érigé en région, où le pied carré coûte moins cher», explique-t-il.

L’effet de proximité de la Montérégie, près des artères majeures, attire des entreprises. «On assiste au phénomène d’éclatement et de fragmentation des fonctions. Ça fait partie des éléments à considérer», commente l’économiste.

De 2002 à 2012, le poids de la Montérégie au sein du PIB du Québec a enregistré une légère augmentation, passant de 14,9% à 15%. Quant à la proportion des heures travaillées en Montérégie, parmi le total de la province, elle représentait 15% en 2002 et 15,3% en 2012.

Si le CPP tenait à étudier la productivité québécoise dans une perspective régionale, c’est qu’il est convaincu d’une chose. «Soutenir une industrie à Montréal et en région, ce n’est pas la même chose. Ça prendrait des programmes plus adaptés à la réalité des régions du Québec. Il faut miser sur des secteurs porteurs et laisser tomber le soutien public pour les autres. Présentement, on aide tout le monde avec des programmes généraux. C’est coûteux et on a peu d’impact», croit M. Gagné.

Certes, les investissements en machinerie et en équipement, la modernisation des méthodes de travail et la formation du personnel davantage qualifié font toujours partie des formules gagnantes.

«Je suis contente qu’on ait enfin une perspective régionale, parce que ça interpelle tout le monde. Pour nous, le nerf principal de cette guerre, c’est la hausse de la productivité au Québec, surtout à un moment où on a une croissance démographique en déclin», conclut Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

La productivité au travail en Montérégie

804,40$

Rémunération hebdomadaire moyenne, en 2013. En hausse de 0,8% par rapport à 2012.

763 000

Emplois en 2013. En hausse de 1,1% par rapport à 2012.

6,3%

Taux de chômage en 2013. 6,5% en 2012.

Source: Études économiques Desjardins

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