Produite à Saint-Édouard: L’huile de caméline s’invite dans nos assiettes

Produite à Saint-Édouard: L’huile de caméline s’invite dans nos assiettes
Simon Durivage Guertin

Nouveauté – Encore méconnue au Québec, la plante de caméline passe du champ à l’assiette grâce à huit années de recherche du clan familial Durivage de Saint-Édouard.

par Audrey Leduc-Brodeur

Issue de la famille des crucifères, la caméline prend ses origines en Europe de l’Est et du Nord. En période de floraison, elle produit une petite fleur jaune et fournit des centaines de gousses de graines, récoltées par la suite avec une moissonneuse-batteuse. Fascinés par les bienfaits nutritifs et le goût de cette plante rare, les sept membres de la famille Van Winden-Durivage ont créé en 2014 Oliméga, une entreprise de mise en marché de l’huile de caméline nommée Et Voilà!

Déjà producteurs de soya, de maïs, de blé, de pois et de haricots, la Ferme EDPA s’est intéressée à la caméline en 2007. Les agriculteurs ont rencontré des scientifiques de l’Université du Montana, aux États-Unis, qui effectuaient déjà des recherches sur cette plante.

Le goût de la caméline rappelle la noisette et le sésame. Cultivée dans un champ sans OGM de 12,3 hectares à Sherrington et selon des pratiques écoresponsables, la caméline et ses graines sont recueillies vers le 15 juillet. Elles sont ensuite pressées à froid afin d’en extraire l’huile. «Exceptionnellement, nous avons retardé un peu la récolte, car les nuits sont trop froides», indique M. Durivage.

Des partenaires partout au Québec

Le producteur ne cache pas que le champ n’est pas assez grand pour suffire à la demande. Une bouteille d’huile de 500 millilitres nécessite la récolte de 1,5 litre de graines.

«Nous avons des partenaires à Sorel, Saint-Polycarpe et au Témiscamingue qui ont semé la caméline pour nous et qui sont sous contrat avec Oliméga. Nous faisons cela pour qu’elle soit partout au Québec et que les risques de la météo soient répartis», mentionne M. Durivage.

La caméline ne requiert pas de conditions météorologiques particulières. «C’est une plante au climat assez sec. Au début de sa croissance, elle aime beaucoup le temps chaud. À ce stade-ci de maturité, ce n’est pas grave s’il pleut un peu plus, car ses gousses sont déjà là», affirme le producteur agricole.

Une bouteille sur chaque comptoir

Le clan familial a de grands projets pour cette petite graine d’à peine 2 millimètres. «Nous voulons influencer les pratiques culinaires pour que les gens adoptent notre huile. Jusqu’à présent, les gens qui l’ont achetée nous disent qu’ils l’ont incorporée dans leur alimentation et c’est ce que nous voulons», explique Chantal Van Winden, présidente de l’entreprise Oliméga.

«Nous voulons qu’il y ait une bouteille d’huile de caméline sur les comptoirs des gens au même titre qu’un autre produit usuel de cuisine», affirme pour sa part Sandra Bourdages, responsable des communications chez Oliméga.

Pour Raymond Durivage, la production de caméline pourrait signifier un rayonnement sans pareil pour la ferme de Saint-Édouard. «Nous aimerions avoir un impact financier au Québec. Nous voulons faire un changement économique en créant une nouvelle industrie», conclut-t-il.

Où se procurer l’huile de caméline?

Elle est en vente dans plusieurs commerces dont les Metro de Saint-Constant et de Napierville, le IGA de Saint-Rémi, le supermarché Pasquier et le marché d’aliments naturels Pleine Lune à Saint-Jean-sur-Richelieu ainsi qu’aux épiceries fines Les 5 saisons, à Westmount et à Outremont. Oliméga espère faire son entrée bientôt dans plus d’une trentaine de supermarchés Metro au Québec. Le bistro Rumeurs à Saint-Jean-sur-Richelieu a aussi inclus l’huile de caméline dans ses plats.

Cuisiner l’huile de caméline

Son point de fumée est plus élevé que les autres huiles courantes. Elle peut atteindre les 475°F sans se décomposer ni brûler. En comparaison, le point de fumée de l’huile d’olive est de 350°F, alors que celui de l’huile de canola est de 400°F.

Sa tolérance à la chaleur fait en sorte qu’elle peut être badigeonnée sur des légumes et des viandes à griller.

Aussi utilisée dans les vinaigrettes et les salades, elle est notamment recommandée en entrée sur des tomates, du basilic et des bocconcini.

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