RecyVermico Express: Les «petits champions» à nouveau récompensés

Le projet de mini-entreprise de recyclage, RecyVermico Express, mis sur pied par l’enseignante Michelle Beaudin, s’est mérité plusieurs prix prestigieux dans les dernières semaines.

Le projet de mini-entreprise de recyclage, RecyVermico Express, mis sur pied par l’enseignante Michelle Beaudin, à l’école St-Viateur-Clotilde-Raymond, s’est mérité plusieurs prix prestigieux dans les dernières semaines et pourrait en remporter encore quelques-uns d’ici le mois de juin.

Mme Beaudin et ses petits champions, comme elle les appelle, ont remporté un prix à la 15ème édition du Concours québécois en entrepreneuriat pour la région de la Montérégie, dans la catégorie 2e cycle du primaire (3ème  et 4ème année).  Ce concours vise à soutenir le développement de l’entrepreneuriat au Québec par la récompense d’initiatives concrètes, tant dans le volet Entrepreneuriat étudiant que dans le volet Création d’entreprises.

Le projet de Mme Beaudin se retrouve maintenant en compétition avec les gagnants des 16 autres régions de sa catégorie, en vue de la grande finale nationale, qui se déroulera au Centre des congrès de Québec, au mois de juin.  C’est eux qui avaient remporté ce concours au niveau national l’an dernier et s’étaient ainsi mérité une bouse de 2000$.

Le 9 mai, Mme Beaudin s’est aussi mérité, à titre personnel, la médaille de bronze de l’Ordre du mérite de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), décernée à une personne ayant œuvré au service d’une commission scolaire et qui a su mettre en œuvre des activités ou programmes qui ont favorisé la réussite éducative des jeunes. 

Récemment, Mme Beaudin et ses élèves ont appris qu’ils ont aussi remporté le Prix d’excellence remis par le Regroupement des commissions scolaires de la Montérégie, dont l’édition 2012-2013 est présidée par l’astronaute Julie Payette et qui a pour thème «Commission scolaire et planète Terre».  Leur prix leur sera remis lors d’une soirée qui se tiendra au chic hôtel Reine Élizabeth de Montréal, le 30 mai prochain.

Finalement, pour une troisième année, Mme Beaudin et ses élèves sont en lice pour remporter un prix Phénix de l’environnement.  Il s’agit d’un concours annuel, créé il y a une quinzaine d’années, à l’issue d’un partenariat entre les secteurs public et privé.  Ce concours vise à faire connaître et à promouvoir l’excellence et le savoir-faire des organisations du Québec en matière de protection de l’environnement et de développement durable.  La remise des prix aura lieu au mois de juin, lors d’une cérémonie qui se tiendra au salon rouge de l’Assemblée nationale du Québec.

Un projet qui porte ses fruits

Madame Michelle, comme elle se fait appeler par ses élèves, enseigne à une douzaine d’élèves, âgés de 8 à 12 ans, qui éprouvent des difficultés d’apprentissage.  Certains sont dysphasiques ou dyslexiques, tandis que d’autres souffrent d’un trouble de l’attachement sévère.  «Ces élèves ont souvent été derniers de classe et ont été dévalorisés.  Avec ce projet, ils se font dire qu’ils sont bons et ça augmenter leur estime.  On a gagné 14 prix dans les 4 dernières années avec notre projet.  Ils réalisent que les autres croient en eux», explique Mme Beaudin.   

Le projet consiste en une mini-entreprise de recyclage de vêtement et d’accessoires de toutes sortes.  «C’est comme une vraie entreprise, explique Mme Beaudin.  Les élèves ont dessiné un logo, ont trouvé un slogan et l’entreprise est administrée par un conseil d’administration.  Les élèves votent pour un président, un vice-président et il y a un responsable de la publicité et un responsable des finances.  Nous avons formé des comités et des sous-comités pour la couture, le tri des boutons, etc.»

Les élèves recyclent notamment des cravates, des boutons et des fermetures éclair pour en faire des bijoux, des sacs à main ou encore des sacs à bouteille de vin.  Ils ont aussi fait des bracelets à partir de ceintures de sécurité de voiture et des protège-doigts qui permettent de tenir un café chaud sans se brûler.  «L’an dernier, on a recyclé 1250 cravates et cette année, ce sera 1500 cravates et plus de 1500 boutons», explique Mme Beaudin. 

C’est objets sont ensuite vendus afin de munir leur classe de nouveau matériel pédagogique, notamment des ordinateurs portables et des logiciels adaptés aux enfants qui éprouvent des difficultés en lecture.  On peut acheter leurs œuvres uniques sur leur page Facebook, où il est possible de voir les produits et de les réserver.  Ils sont aussi présents au Marché de Noël de St-Cyprien et étaient au Salon Jeunes-PROJET, à Brossard.  «Des gens d’Ottawa et de la Gaspésie veulent acheter nos produits, explique Mme Beaudin.  Depuis le mois d’avril 2012, nous offrons même le service d’envois postaux.»

«Tous les aspects de ce projet sont prétextes à faire des matières scolaires.  Chaque année, les élèves font leur CV.  On mesure des périmètres avec nos cravates.  Un papa de Napierville a même informatisé nos factures de façon à ce que ce soit plus facile de tenir un inventaire.  J’insère des petites erreurs dans les factures et ça devient un exercice de mathématique», explique-t-elle.

Une enseignante dévouée à ses élèves

Ainsi, dans la classe de Mme Beaudin, on retrouve 5 machines à coudre et les élèves confectionnent eux-mêmes tous ces objets pendant l’heure du dîner.  Tous les midis, Mme Beaudin est auprès de ses élèves pour les aider dans leurs projets.  Elle travaille pendant le congé de Pâques et aussi pendant la semaine de relâche, alors qu’une activité est organisée où les parents et les grands-parents sont invités à participer avec leur enfant.      

Mme Beaudin travaille aussi beaucoup à faire connaître son projet, notamment en approchant des personnalités publiques.  «On a fait un projet d’écriture et on a écrit à Jean-René Dufort, pour savoir s’il avait des cravates de trop.  Il nous a répondu et nous a envoyé 40 cravates. 

Nous sommes aussi allés à l’émission Des kiwis et des hommes.  On a aussi écrit à Marie-Chantal Toupin, à Philippe Bond et cette année on a aussi écrit à Guy Laliberté.  On a aussi soumis notre projet à l’émission Dans l’œil du dragon, mais on n’a toujours pas eu de nouvelles.»

 

 

 

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