Réduction des pesticides: le Pôle d’excellence en lutte intégrée fait ses recommandations à l’Assemblée nationale

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Par Marc-André Couillard
Réduction des pesticides: le Pôle d’excellence en lutte intégrée fait ses recommandations à l’Assemblée nationale
Les membres du PELI qui ont présenté le mémoire de l'organisation à l'Assemblée nationale, le 26 septembre, soit Nicolas Chatel-Launay, agent de recherche, Jocelyn Leclair, président, Jean-Bernard Van Winden, membre du comité directeur, Isabelle Matteau, coordonnatrice, et Denys Van Winden, membre du comité directeur. (Photo : gracieuseté)

AGRICULTURE – Des membres du Pôle d’excellence en lutte intégrée (PELI) ont présenté le mémoire de l’organisation aux élus de l’Assemblée nationale qui participent au mandat d’initiative portant sur la question des pesticides, le 26 septembre. Ils plaident en faveur d’un investissement de l’État dans la recherche et le développement d’alternatives efficaces aux pesticides.

Le PELI, qui est chapeauté par le Centre local de développement des Jardins-de-Napierville (CLD), était représenté par Jocelyn Leclair, président du PELI, Jean-Bernard Van Winden et de Denys Van Winden, deux membres de son comité directeur, ainsi qu’Isabelle Matteau et Nicolas Chatel-Launay, respectivement coordonnatrice et agent de recherche du PELI.

Le PELI est un réseau d’information, dont la mission est la diffusion des méthodes de lutte intégrée. La lutte intégrée consiste à lutter contre les ennemis des cultures de manière à n’utiliser les pesticides qu’en dernier recours.

Les agriculteurs qui ont recours à la lutte intégrée misent d’abord sur le dépistage des ennemis des cultures et favorisent l’usage de moyens biologiques pour les contrer, comme le recours aux mouches stériles pour lutter contre la mouche de l’oignon, par exemple. Dans cette approche, les pesticides ne sont utilisés qu’en tout dernier recours.

Frein

Les pratiques de lutte intégrées ne sont pas adoptées par l’ensemble des fermes du Québec. Ces pratiques, qui sont des alternatives aux pesticides, ne sont pas efficaces contre tous les ennemis des cultures.

La perception de la complexité technique de la lutte intégrée et des risques financiers qui y sont associés freine son adoption, estime le PELI. De plus, le contexte de recherche difficile freine le développement de pratiques alternatives aux pesticides.

«Les producteurs sont aujourd’hui presque exclusivement responsables de la réduction des risques liés aux pesticides, alors que c’est toute la société qui demande des changements, estime-t-on du côté du PELI. On ne peut laisser les producteurs seuls. La société, et par extension l’État, doivent participer aux efforts.»

Les membres du PELI ont donc présenté aux élus de l’Assemblée nationale quelques recommandations pour inciter les agriculteurs à adopter la lutte intégrée.

PRISME

La région était bien représentée à ces travaux de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles, puisque des membres du Consortium Prisme ont aussi présenté un mémoire, le 25 septembre.

Hervé Van Der Heyden, directeur scientifique de Phytodata, un centre de recherche qui fait partie du Prisme, a rappelé tous les efforts qui ont été déployés au cours de la dernière décennie, efforts qui ont porté leurs fruits, puisque l’utilisation des mouches stériles a permis de réduire de plus de 50 tonnes la quantité de l’insecticide chlorpyrifos utilisé dans les champs d’oignons.

Prisme réclame aussi un financement récurent en recherche et un soutien financier pour permettre aux agriculteurs de retenir les services d’agronomes et de conseillers qui ne sont pas liés à l’industrie des pesticides.

Recommandations du PELI

  • augmenter le financement de la recherche à long terme;
  • mettre davantage d’efforts de recherche dans le secteur maraîcher, où il n’existe encore aucune technique alternative pour de nombreux ravageurs;
  • assurer un meilleur financement des clubs-conseils pour un accompagnement agronomique de qualité;
  • mobiliser des ressources financières destinées à la tenue d’activités de transfert des connaissances;
  • soutenir les initiatives de promotion et de transfert en place, comme le PELI et sa campagne Agrobonsens;
  • documenter et diffuser les risques financiers liés à l’adoption de chaque alternative;
  • revoir les programmes de financement en conséquence;
  • récompenser les producteurs qui, sans être biologiques, font des efforts pour réduire leur usage de pesticides;
  • promouvoir l’achat local et sensibiliser les consommateurs quant à l’impact de leurs choix.
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Infos du matin – 2019/10/02 | Infos du matin
3 années

[…] Réduction des pesticides: le Pôle d’excellence en lutte intégrée fait ses recommandations à l…| coupdoeil.info, 2 octobre 2019 Des membres du Pôle d’excellence en lutte intégrée (PELI) ont présenté le mémoire de l’organisation aux élus de l’Assemblée nationale qui participent au mandat d’initiative portant sur la question des pesticides, le 26 septembre. Ils plaident en faveur d’un investissement de l’État dans la recherche et le développement d’alternatives efficaces aux pesticides. […]