Se lancer en agriculture: du rêve à la réalité

Photo de Charles Poulin
Par Charles Poulin
Se lancer en agriculture: du rêve à la réalité
Christopher Ryan et Patricia Duquette ont démarré leur ferme laitière en 2004.

Prendre le relais d’une ferme existante, qu’elle soit familiale ou autre, comporte déjà son lot de difficultés. Imaginez lorsqu’on doit partir de zéro, comme l’ont fait les propriétaires de la Ferme des Frontières de Lacolle.

Patricia Duquette et Christopher Ryan avaient depuis longtemps l’idée de se lancer en affaires dans le domaine agricole. Respectivement originaires de Lacolle et Noyan, ils ont été élevés sur des terres.

Sauf que prendre la relève de la ferme familiale n’était pas possible. Le père de Patricia Duquette avait vendu la sienne quelques années plus tôt, et celle de la famille Ryan ne convenait pas pour la production laitière.

Juste avant de terminer leur formation en gestion et exploitation d’entreprise agricole au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu, en 2004, ils se sont mis à chercher un endroit où ils pourraient se lancer en affaires.

«Nous avons visité quelques endroits, à Hawkesbury en Ontario, à Mansonville et à Saint-Félix-de-Kingsey, raconte Mme Duquette. Ça ne répondait toutefois pas vraiment à nos attentes. Parfois, c’était beaucoup trop loin pour nous. Nous étions encore jeunes et nous n’avions pas encore terminé le cégep.»

Retour aux sources

C’est alors que s’est présentée une belle occasion pour eux. Le propriétaire de la ferme de l’arrière-grand-père de Patricia Duquette, une personne à l’extérieur de la famille, les a contactés pour leur indiquer qu’il avait l’intention de vendre l’emplacement situé quelques pas de la frontière américaine, à Lacolle.

Le problème? Les bâtiments avaient sérieusement besoin d’une mise à niveau et il n’y avait plus aucune vache sur place. Il fallait aussi acquérir des quotas pour la production.

«Ça avait beaucoup changé, affirme Mme Duquette. Tout avait été laissé à l’abandon. Les bâtiments étaient brisés. L’intérieur de l’étable était à refaire.»

Difficultés

Patricia Duquette et Christopher Ryan se sont tout de même lancés dans cette aventure. Heureusement pour eux, en 2004, il était encore possible de trouver des quotas de production laitière sans trop de difficulté. S’ils avaient lancé leur entreprise en 2013, la chose aurait été presque impossible.

«Nous avons réussi à obtenir 30 kg de quotas, révèle M. Ryan. Nous avons été chanceux parce que pas très longtemps après, c’est tombé à zéro. Actuellement, il y a beaucoup d’offres d’achat, mais très peu de vendeurs.»

En plus des quotas, il fallait trouver des vaches pour produire le lait. Les deux nouveaux propriétaires se sont promenés de ferme en ferme pour finalement mettre la main sur une trentaine de vaches et ainsi amorcer la production en novembre 2004.

Investissement

L’investissement initial pour démarrer «comme il le faut» la Ferme des Frontières se chiffre à environ 1,2 M$ dont la majeure partie en quotas, estime M. Ryan. Et, une fois cet argent avancé, les revenus se sont encore fait attendre.

 

«Comme nous n’avions pas de terre à cultiver, il a fallu acheter tous les intrants pour démarrer la production, se souvient-il. Les revenus, eux, arrivent seulement plus tard, le temps que les vaches commencent à produire.»

Les premiers revenus ont immédiatement été réinvestis dans la ferme. Aménagement de la relève pour les génisses, mise à niveau de l’éclairage, installation de la ventilation, finition de l’étable, construction d’un nouveau silo à ensilage. Toutes des dépenses qui auraient été moindres s’ils avaient réussi à mettre la main sur une ferme déjà en opération.

«Je ne dis pas que c’est facile quand tu prends la relève d’une ferme, loin de là, explique Patricia Duquette. Mais au moins, tu as déjà un bon bout de fait. Il y a des actifs d’accumulés.»

Aide

Le couple de Lacolle souligne qu’il a reçu beaucoup d’aide dans le processus de démarrage. Leurs parents leur ont fourni de l’argent, mais surtout de précieux conseils sur leur propre expérience dans le domaine de l’agriculture. Le père de M. Ryan leur donne également un coup de main sur le terrain.

Malgré la charge de travail que le démarrage de leur entreprise a nécessité, Patricia Duquette et Christopher Ryan sont entièrement satisfaits des résultats.

«Si c’était à refaire, nous recommencerions demain matin», lance sans hésitation M. Ryan.

La détermination du couple leur a d’ailleurs valu un Prix d’excellence lors du dernier gala de la Chambre de commerce du Haut-Richelieu. À découvrir dans l’article Des efforts couronnés par un Prix d’excellence.

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