Syndicalisation des travailleurs agricoles

Syndicalisation des travailleurs agricoles
Sylvain Terrault

Quelque 300 agriculteurs, dont plusieurs membres de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), réunis en assemblée générale extraordinaire le 19 mars, ont adopté à l’unanimité une résolution visant à entamer une négociation avec le prochain gouvernement du Québec, pour restreindre le droit à la syndicalisation des travailleurs agricoles entré en vigueur le 11 mars.

Rappelons que suite à un jugement rendu par la Cour supérieure, les travailleurs agricoles ont acquis le droit à la syndicalisation.  Le gouvernement du Québec a choisi de se conformer à ce jugement et n’a pas porté la cause en appel. 

Les agriculteurs craignent de ne plus être concurrentiels si les travailleurs agricoles se syndiquent.  «Si je vends ma boîte de salade 0,25$ plus cher, ce sont les États-Unis qui entrent, explique Éric Van Winden, un des producteurs qui assistaient à la rencontre.  Il faut rester compétitifs, c’est ça qui est important.»

La directrice générale de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec, Guylaine Gosselin et son président, Marcel Groleau, assistaient à cette rencontre, puisque l’UPA appuie les démarches de l’APMQ.  «Le gouvernement du Québec doit modifier le Code du travail, explique M. Groleau.  Il doit encadrer le droit d’association.  On ne peut pas faire de lockout.  Comme employeur, on est sans moyens devant les travailleurs.»

Projet de loi

Peu de temps avant le déclenchement des élections, le Parti libéral du Québec a déposé un projet de loi privé, qui n’a pas été adopté, visant à encadrer le droit d’association des travailleurs agricoles, sans leur donner un droit à la syndicalisation.  Contrairement à la syndicalisation, ce droit d’association ne donne pas le droit de grève aux travailleurs, qui ne pourraient pas signer de convention collective ni avoir recours aux griefs.

La position adoptée par l’APMQ est de négocier avec le gouvernement qui sera élu le 7 avril, sur la base de ce projet de loi. 

Selon le directeur général de l’APMQ, André Plante, le rapport de force est inéquitable puisque les agriculteurs travaillent avec des produits vivants et périssables.  «Ils ne sont pas en position de force face aux moyens de pression.  Si les légumes ne sont pas récoltés, ils pourrissent dans le champ.»

 

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