TransAlta abandonne son projet de parc éolien

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Par Valerie Legault
TransAlta abandonne son projet de parc éolien

C’est sans surprise que le promoteur TransAlta a décidé de ne pas donner suite à son projet de parc éolien à Saint-Valentin. Après un rapport du BAPE défavorable et la décision du conseil municipal de ne plus appuyer l’industrie éolienne sur son territoire, la compagnie basée à Calgary s’est rendue à l’évidence. «L’acceptabilité sociale est prédominante pour TransAlta, mais il est évident que ce critère n’était pas au rendez-vous», déclare Julie Turgeon, chargée de projet de l’entreprise. Elle convient qu’il s’agit d’une grosse décision d’abandonner un projet dans lequel autant d’argent a été investi. Sans pouvoir révéler le budget précis que TransAlta y a accordé, Mme Turgeon avoue qu’il se chiffre en termes de millions. Les études sur le terrain et tout le processus du BAPE en ont coûté plusieurs à eux seuls, précise-t-elle. TransAlta en est aux étapes juridiques et contractuelles, ce qui n’est pas sans occasionner de coûteuses pénalités. Le promoteur a aussi informé les agriculteurs de sa décision il y a trois semaines. Parmi eux se trouve Jean Van Wijk, qui ne mâche pas ses mots sur l’abandon du projet. «Je suis très déçu et les autres agriculteurs aussi, dit celui qui devait recevoir une éolienne sur ses terres. C’était pourtant un bon projet avant-gardiste pour tout le monde. Je chauffe ma maison à la géothermie, je suis sensible à l’environnement.» «Une vraie farce» M. Van Wijk s’est senti désillusionné pendant les audiences publiques sur l’environnement. «Le BAPE, c’est une vraie farce, dit-il sans détour. Le rapport n’a pas suffisamment pesé le pour et le contre. Ça faisait l’affaire du gouvernement qu’il ne soit pas favorable au projet.» La controverse autour des éoliennes des Mohawks à Saint-Cyprien-de-Napierville et l’opposition à la ligne de haute tension qui allait relier les éoliennes au réseau électrique n’ont pas aidé à la cause, estime l’agriculteur. Au même moment survenait le tsunami au Japon et la catastrophe nucléaire de Fukushima. «L’énergie atomique fait peur et l’Europe plante des éoliennes partout. Tôt ou tard, il va y en avoir dans la région, soutient-il. Je trouve d’ailleurs très positif que le gouvernement ait refusé le nouveau projet de règlement sur les éoliennes de la MRC.» Soulagement Sa voisine et opposante de la première heure aux éoliennes, Astrid Ammerlaan, se réjouit de la décision de TransAlta. «Je suis soulagée comme la plupart des citoyens, dit-elle. La vie normale est revenue à Saint-Valentin.» La leader du comité Don Quichotte croit que l’entrée en scène de la coalition des sept maires a fait pencher la balance en faveur du refus du projet. En plus d’avoir toujours craint une défiguration du paysage champêtre de Saint-Valentin, Mme Ammerlaan n’a jamais cru aux avantages économiques des éoliennes. «Ce n’était pas un bon projet, notamment sur le plan des redevances et des ententes avec les municipalités.» La municipalité de Saint-Valentin a peu à redire sur la mort officielle du parc éolien. Le projet était sur le respirateur artificiel depuis qu’elle lui avait retiré son appui, l’automne dernier. «C’est la suite logique des événements et TransAlta a agi en conséquence», se contente de dire le maire Pierre Chamberland, qui ne semble pas triste de mettre cette saga derrière lui une bonne fois pour toutes.

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