Une gare unique au Québec

Une gare unique au Québec
La gare Napierville Junction est abandonnée depuis au moins 20 ans selon M. Mireault.  Le CP en a fait l’acquisition en 1991.

L’intérêt patrimonial de la gare Napierville Junction, tient à son architecture de style château et à son rôle d’exception dans l’histoire ferroviaire québécoise puisqu’elle servait à la fois de gare, de poste de douane et de bureau d’immigration.

Le chemin de fer atteint Lacolle en 1853.  Cette ligne est importante puisqu’elle relie Montréal à Rouses Point, dans l’État de New York.  En 1930, la compagnie propriétaire du chemin de fer, la Delaware and Hudson érige l’actuelle gare de Napierville Junction.

Une architecture unique

La valeur patrimoniale de la gare Napierville Junction repose sur sa rareté.  Il n’y a que trois autres gares au Québec, dont l’architecture est de style château : les gares Windsor et Viger à Montréal et la gare du Palais, à Québec.

Au Québec, le style château était plutôt employé pour la construction des hôtels des compagnies ferroviaires, comme le château Frontenac et les édifices du gouvernement.

Les plans de cette gare ont été dessinés par l’architecte montréalais Charles Réginald Tetley (1886-1960).  Il s’est inspiré des manoirs écossais et de l’architecture des châteaux de la Loire en France.  «C’est un très bel édifice qui ressemble à un manoir de Normandie, explique Julie Dompierre, directrice de la Direction de la commémoration à Parcs Canada.  En 1930, on voulait permettre aux touristes américains de comprendre qu’ils arrivaient dans un environnement francophone.»

Autre élément de rareté, les gares étaient rarement dessinées par des architectes à cette époque, sauf celles qui se trouvaient dans les grandes villes.  Les gares destinées aux petites municipalités étaient habituellement construites à partir de plans standards fournis par les compagnies ferroviaires.

Si la Delaware and Hudson a décidé de construire un bâtiment si grandiose dans une petite municipalité, c’était pour éviter pour éviter de payer des impôts, raconte Don Robinson, un membre de la Société d’histoire Lacolle-Beaujeu.  «Entre Rouses Point aux États-Unis et Delson, il y avait 28 milles de chemin de fer, mais la compagnie de chemin de fer chargeait pour un trajet de 50 milles minimum.  Comme elle faisait beaucoup de profits, ils ont décidé de bâtir ça pour dépenser l’argent et donc payer moins d’impôts.»

Une vocation unique

Inaugurée le 17 novembre 1930, la gare Napierville Junction joue un rôle unique  dans l’histoire ferroviaire du Québec puisqu’elle remplit à la fois les fonctions de gare ferroviaire et de bureau d’immigration.  «C’est un aspect inusité de la gare de Lacolle, note Mme Dompierre.  On y retrouvait un bureau de douane et d’immigration.»

Étant donné la proximité avec les États-Unis, la gare loge des agents de l’immigration canadienne et américaine, dès sa mise en service.  Lacolle est alors vue comme la principale porte d’entrée du Canada.

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