Christine Normandin dénonce le fiasco du logiciel Cúram

Actualité. Retards de plusieurs mois dans les versements, erreurs dans les montants et difficultés de communication : les pensions de vieillesse offertes par le gouvernement du Canada en font voir de toutes les couleurs aux retraités depuis l’année dernière. Christine Normandin, la députée de Saint-Jean, dénonce les ratés du logiciel Cúram, qui serait à la source des inconvénients. 

Dans les dernières semaines, les médias ont rapporté des témoignages d’aînés aux prises avec Service Canada après avoir eu des problèmes avec le versement de leur pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV). Certains attendaient depuis neuf mois le dépôt d’un premier chèque, alors que d’autres ont reçu un montant bien supérieur à celui auquel ils avaient droit.

Le bureau de la députée de Saint-Jean à Ottawa a été contacté moins d’une dizaine de fois à ce sujet. Certains dossiers ont pu être réglés avec l’intervention de l’équipe de Christine Normandin, qui a contacté Service Canada de façon plus directe. Aux dernières nouvelles, toutefois, la situation avec la PSV toucherait plus de 85 000 citoyens au pays.

« On a l’impression que c’est juste la pointe de l’iceberg et qu’il y en aura de plus en plus, parce que les gens qui sont de nouveaux pensionnés, c’est 500 000 par année [au Canada] », s’inquiète Christine Normandin.

Le couvercle sur la marmite

Jusqu’à récemment, les fonctionnaires de Service Canada avaient la consigne de dire à la population que le problème n’était pas la faute du logiciel, soutient la députée et leader parlementaire du Bloc québécois. Dans les derniers jours, certains employés ont témoigné anonymement dans les médias pour plutôt affirmer que Cúram était à l’origine des erreurs de PSV.

« On a réussi à obtenir qu’il y ait une étude en comité qui se fasse pour faire la lumière et voir ce [qu’Ottawa] met en place pour régler le problème. Au début, ils essayaient juste de mettre le couvercle sur la marmite et dire que tout allait bien », explique Christine Normandin.

La députée de Saint-Jean demande au gouvernement fédéral de revoir ses attentes quant à Cúram : le nouveau logiciel devait bientôt commencer à prendre en charge les prestations d’assurance-emploi en plus de la PSV. « Si on commence à gérer l’assurance-emploi, alors que ce sont des gens qui, pas mal systématiquement, sont dans une situation précaire à court terme, dans un programme qui est mal foutu, là on va vraiment avoir un problème plus grand qu’avec les pensions de vieillesse », croit Christine Normandin.

Un problème à retardement

Le gouvernement du Canada aurait été averti des déboires de son logiciel dès le mois de juin 2025 et n’aurait pas investigué davantage, dénonce la leader parlementaire. « Un autre fiasco informatique au gouvernement, c’est déjà de trop. Mais quand ce sont les aînés qui en sont victimes et que ça touche directement le versement de leur pension, ça ne passe pas ! » souligne-t-elle dans un communiqué.

Les délais dans la réception des chèques de vieillesse causeront aussi des problèmes lors des déclarations d’impôt. Des montants émis en 2025, mais reçus en 2026, viendraient gonfler les revenus de l’année en cours, alors que des paiements supérieurs au montant permis pourraient devoir être retournés. « Eux risquent de se faire réclamer, dans le futur, des arrérages », craint la députée de Saint-Jean.

Christine Normandin invite les personnes ayant des difficultés avec la réception ou avec le calcul de leur PSV à communiquer avec son bureau, situé au 100, rue Richelieu, bureau 210, à Saint-Jean-sur-Richelieu.