Église Notre-Dame-du-Mont-Carmel: les propriétaires en quête d’une nouvelle vocation pour les bâtiments
Actualité. L’église Notre-Dame-du-Mont-Carmel, son presbytère, ainsi que son immense terrain vacant ont récemment trouvé preneur. Les nouveaux propriétaires sont trois partenaires de la région qui ont l’intention de développer le site pour offrir du logement et des espaces commerciaux. Ils souhaitent aussi trouver une façon de mettre en valeur l’église et le presbytère, en leur trouvant une nouvelle vocation.
Le prix demandé pour la propriété était de 975 000 $ plus taxes, mais le site a finalement été vendu au coût de 750 000 $.
Des proprios locaux
Les nouveaux propriétaires sont Gaby Tétreault, un entrepreneur général qui est natif de Napierville, mais qui habite à Lacolle depuis une dizaine d’années, Steve Grégoire, un agriculteur de Saint-Cyprien-de-Napierville qui possède aussi des terres à Lacolle, ainsi que Nicolas Desrochers-Ruhdorfer, un architecte qui réside également à Lacolle.
« Ma grand-mère est arrivée à Lacolle et ma mère est née ici. Je suis né à Lacolle et j’y habite avec mes enfants, explique M. Desrochers-Ruhdorfer. On connait bien Lacolle et on l’a vu évoluer. En tant qu’architecte, c’est vraiment intéressant de faire un projet dans son village. »

Priorité au logement et aux commerces de proximité
Dans un premier temps, les nouveaux propriétaires entendent développer le terrain vacant, d’une superficie d’environ 100 000 pieds carrés, qui est adjacent à l’église.
« On est en train de faire des tests d’aménagement de ce terrain, à savoir quel usage sera situé à quel endroit, explique M. Desrochers-Ruhdorfer. On veut un peu de tout. Ce serait le fun d’avoir des condos et des maisons de ville. Il n’y en a pas à Lacolle. C’est sûr que des condos pour les familles, à prix raisonnable, c’est vendeur. Il y a l’école et le parc juste à côté. On sait aussi que la Ville aimerait avoir du commercial.»
Un projet harmonieux
Les nouveaux propriétaires ont le souci de présenter un projet qui sera en cohérence avec les besoins de la population de Lacolle et qui s’intégrera de façon harmonieuse au cœur du village. « Nous allons demander des avis préliminaires à la Municipalité pour savoir si nous avons besoin de dérogations pour réaliser notre projet. On veut que notre proposition s’arrime avec les besoins actuels et futurs », précise M. Desrochers-Ruhdorfer.
On veut développer ce projet nous-mêmes. Les trois, on partage le même avis. On ne cherche pas une rentabilité rapide. Nous avons une vision à plus long terme.
Nicolas Desrochers-Ruhdorfer, architecte

Avenir de l’église
Une fois qu’ils auront statué sur la vocation du terrain vacant, les nouveaux propriétaires se pencheront sur l’avenir de l’église et du presbytère, qu’ils souhaitent préserver.
« Mes parents se sont mariés là et j’ai été baptisé là, souligne M. Desrochers-Ruhdorfer. Ça fait longtemps que cette propriété fait partie de ma vie. Nous devrons trouver le bon projet pour que l’église reste en place et qu’elle reste au service de la communauté. »
Elle pourrait notamment être transformée en salle communautaire pour y accueillir tous les grands événements festifs qui se déroulent à Lacolle, suggère-t-il.
« Le fait de développer le terrain à côté en priorité va nous donner les outils nécessaires pour prendre notre temps avec l’église. Les discussions vont super bien avec l’équipe municipale, conclut M. Desrochers-Ruhdorfer. On espère que la population sera aussi emballée que nous de voir le projet qui va se faire sur ce terrain-là. »
Bref historique
La mise en vente de cette église fait suite au regroupement des quatre anciennes paroisses de la Frontière, soit Saint-Valentin, Saint-Bernard-de-Lacolle, Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix et Notre-Dame-du-Mont-Carmel (Lacolle).
Au terme de ce regroupement, il a été décidé que les églises de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix et celle de Lacolle seraient mises en vente.
Construite en 1928, d’après les plans de l’architecte Donald Cardinal, cette église est équipée d’un orgue Casavant Frères, opus 1760, qui a été installé en 1944.
Sa valeur patrimoniale a obtenu la cote E (Faible), selon l’Inventaire des lieux de culture du Québec. Il s’agit de la plus faible valeur de cette échelle d’évaluation, la plus élevée étant A (incontournable).
