Histoire de ne pas rester sur notre faim

Opinion. L’agriculture a façonné la construction de nos campagnes, de nos villages. L’agriculture a construit le Québec. Pourtant, à l’heure actuelle, les nombreuses crises qui s’enchaînent l’affaiblissent, nous affaiblissent ; la pandémie, l’inflation, la crise climatique, la pénurie de main-d’œuvre, la guerre commerciale… Dans une société riche comme le Québec, c’est de plus en plus difficile de se loger et de se nourrir. Si l’agriculture concerne tout le monde, c’est parce que tout le monde doit manger pour vivre. 

Les négociations à venir avec les Américains pourraient affaiblir, de manière irréversible, l’autonomie alimentaire du Québec, donc la capacité de notre société à se nourrir par elle-même de son agriculture. Donald Trump aimerait mettre la hache à notre système de gestion de l’offre afin que les produits américains puissent rentrer à flot sur les tablettes des épiciers de chez nous. 

La gestion de l’offre permet de protéger l’agriculture québécoise et de faire en sorte que nos industries du lait, des œufs et de la volaille ne soient pas en compétition avec l’industrie américaine. Malheureusement, lors de la première administration Trump, le gouvernement libéral a ouvert une brèche en cédant des parts de marché au lait américain. 

Dans la circonscription de Châteauguay-Les Jardins-de-Napierville, on en a beaucoup de ce type d’entreprises agricoles. D’ailleurs, le Bloc Québécois a déposé un projet de loi pour faire en sorte que la gestion de l’offre soit exclue des prochaines négociations avec les Américains, une industrie dont les productions sont particulièrement représentées au Québec. On ne doit pas servir de monnaie d’échange pour sauver l’industrie automobile de l’Ontario une deuxième fois. Or, les autres partis tardent toujours à démontrer un appui ferme à la proposition du Bloc Québécois. Mark Carney a déjà annoncé qu’il ne voulait pas d’une loi pour la protéger. 

La gestion de l’offre permet au Québec de conserver une partie de sa souveraineté alimentaire. À chaque crise, qu’elle soit pandémique ou tarifaire, on ramène cet enjeu l’avant-plan de l’actualité. Cette fois-ci, on doit saisir l’opportunité. Le Québec ne doit pas régresser. On doit s’approvisionner davantage des aliments qui viennent de chez nous. 

Le programme du Bloc Québécois est clair : on doit choisir les producteurs et les transformateurs locaux. Il met de l’avant un certain nombre de mesures, entre autres, soutenir la relève agricole, revitaliser les terres en friche, de même que soutenir le développement de la production en serres et l’agriculture urbaine. Il propose aussi de miser sur l’amélioration de la filière locale du surgelé pour consommer plus de produits du Québec lors de la saison froide. Le pari n’est pas risqué, puisque personne ne se trompe en achetant les aliments du Québec. 

Quand on y pense, cette idée s’inscrit dans une logique bien cohérente : le Bloc Québécois défend seulement le Québec. Miser sur le Québec, c’est se rapprocher du monde. Un monde proche plus proche de la terre que des banques de Toronto. Un monde plus proche des régions du Québec que du pétrole de l’ouest. Un monde plus proche de notre agriculture. 

Comme n’importe quelle organisation capitalistique, les actions du Canada sont dictées par les industries les plus payantes de son économie. Dans le présent contexte où le Québec ne représente qu’un cinquième de la fédération canadienne, c’est mathématique, nos fermes seront monnayées, prise 2. 

Dans notre région, grâce à nos fermes familiales établies depuis des générations et à nos terres noires uniques, on est reconnu nationalement pour être le garde-manger du Québec. Nous, citoyens de Châteauguay-les Jardins-de-Napierville, avons le devoir d’élire un candidat établi ici depuis 30 ans. D’élire un entrepreneur qui comprend les défis que vivent nos PME agricoles. 

Pour cela, je suis persuadé qu’on doit solidairement se choisir. Choisir notre agriculture. Choisir un candidat local. Choisir le Bloc Québécois. 

Prenons à bras-le-corps cet enjeu au niveau local pour changer le récit sur le plan national, histoire de ne pas rester sur notre faim.