La baisse des inscriptions entraine des pertes de plus de 150 000 $ pour l’Estacade
Actualité. Depuis plus de 25 ans, le Centre de plein air l’Estacade, situé à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, voit le nombre d’enfants qui s’inscrivent à son camp de vacances estival augmenter presque annuellement. L’été 2026 marque cependant un tournant pour cet organisme à but non lucratif, avec une baisse historique des inscriptions, qui entrainera d’importantes pertes financières cette année, mais également pour les années à venir.
Au cours des trois dernières années, l’Estacade a accueilli 700 jeunes à son camp de vacances estival. Il s’agit de semaines de camp, du dimanche au samedi, pour les enfants âgés de 5 à 17 ans. Cette année, le nombre d’inscriptions a chuté à 450. Ce sont donc 250 enfants de moins qui fréquenteront ce camp, entrainant une importante perte financière pour l’organisme.
Raisons
Deux types de clientèle fréquentent le camp de vacances de l’Estacade, soit des enfants issus de la classe moyenne, qui paient le plein tarif pour une semaine de camp, soit 740 $. L’Estacade accueille aussi des enfants issus de milieux défavorisés qui fréquentent différents organismes communautaires locaux, comme L’Étoile, Famille à Coeur ou le Mouvement SEM, et d’autres qui proviennent d’institutions gouvernementales de la grande région de la Montérégie, comme les centres jeunesse ou les CLSC. Pour ces organisations, le coût d’inscription d’un jeune est de 370 $ par semaine. Ce sont les profits générés par l’Estacade et les subventions que l’organisme reçoit de ses bailleurs de fonds, dont Centraide et le gouvernement du Québec, qui permettent de payer la différence.
« Des 250 inscriptions que nous avons en moins, environ 120 viennent des organismes locaux, explique Yannick Godin, directeur général à l’Estacade. Ils ont reçu moins d’argent de donateurs, donc ils priorisent les services qu’ils offrent au quotidien. Les CLSC et les centres jeunesse ont reçu moins d’argent du gouvernement, donc ils ont dû faire des choix et ils ont coupé dans les camps de jour. »
De plus, probablement en raison de la situation économique difficile, 130 enfants issus de la classe moyenne ne se sont pas inscrits au camp cette année.
Un camp à 100 $ par semaine
Pour tenter de récupérer une partie de ces inscriptions, l’Estacade offre à ces organismes une importante réduction du coût d’une semaine de camp, qui passe de 370 $ à 100 $ par enfant.
« En ce moment, des familles dans le besoin apprennent de leurs intervenants que leurs enfants ne pourront pas venir dans un camp cet été, déplore M. Godin. Si des gens veulent nous encourager en inscrivant leur enfant ou en faisant des dons, c’est le bon moment de le faire parce que c’est sûr que cette année va faire très mal. »
Pertes
Ces 250 inscriptions en moins se traduisent par une perte de revenus de l’ordre de plus de 150 000 $ pour l’Estacade, dont 50 000 $ représentent un profit qui est réinvesti pour financer le camp d’enfants défavorisés l’an prochain.
Les effets de cette baisse des inscriptions se feront aussi sentir dans les prochaines années, puisque l’Estacade reçoit du financement en fonction des enfants défavorisés que l’organisme accueille.
« On reçoit habituellement environ 100 000 $ du gouvernement et 50 000 $ de Centraide. Avec 120 enfants défavorisés de moins cette année, ça veut dire que mon enveloppe budgétaire va baisser de 50 % l’an prochain, dénonce M. Godin. C’est pour ça qu’on offre un gros rabais aux organismes locaux. On tente de sauver la mise pour l’été prochain. »
À cela s’ajoutent 70 enfants défavorisés qui participaient au programme La Glissade de l’été et qui leur donnait droit à une semaine de camp gratuit. Ce programme n’a pas été reconduit cette année.
Même les inscriptions aux camps de jour municipaux sont en baisse, passant d’environ 200 enfants par les années passées à 150 jeunes cet été, ce qui se traduit par une perte de revenus d’environ 40 000 $.
Bonne nouvelle
« Dans le registre des bonnes nouvelles, au mois de mai et juin, l’Estacade a accueilli chaque jour entre 300 et 600 élèves en sortie scolaire. C’est environ 10 000 jeunes qui sont venus nous visiter en sortie scolaire cette année. Nous sommes un des camps qui fonctionnent le mieux en termes de sorties scolaires », conclut M. Godin.
