La défense des aînés en résidence plus utile que jamais

AÎNÉS. Le pertinence de l’accompagnement des aînés habitant en résidence privée n’est plus à prouver. Le Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes (CAAP) Montérégie a répondu à 362 demandes de la part d’aînés au cours de la dernière année. C’est trois fois plus qu’en 2019, année de départ de ce nouveau mandat pour l’organisme basé à Saint-Jean-sur-Richelieu, mais qui dessert l’ensemble de la Montérégie.

Le CAAP souhaite que son mandat sur les droits et obligations qui découlent du bail en résidence pour aînés soit reconduit pour au moins trois autres années. Sa nouvelle mission lui provient directement du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Il y a encore beaucoup à faire pour arrimer les normes et règlements qui s’appliquent au tribunal administratif du logement, soutient l’organisme.

« Les règles sont différentes d’un endroit à l’autre », constate Myriam Noiseux, directrice générale du CAAP Montérégie. Elle l’a plus que jamais constaté à cause de la pandémie. « Certaines personnes se sentaient prisonnières de leur résidence, dit-elle. Elles étaient anxieuses et avaient besoin d’être rassurées. »

La définition des services inclus au bail, des services à la personne et des services à la carte ont fait l’objet de plusieurs interrogations auprès de son équipe de conseillers. L’annulation et l’ajout de services, les ententes de services avec le CLSC et les retraits préautorisés aussi, ce qui démontre « à quel point nous sommes confrontés à l’absence de balises concernant certaines façons de faire », écrit le CAAP dans son rapport annuel.

DEMANDES CONJOINTES

Les locataires ont plus de recours qu’avant pour faire valoir leurs droits. Le Tribunal administratif du logement leur permet désormais de lui adresser des demandes conjointes pour un motif commun.

Le CAAP Montérégie souligne pour sa part l’émergence des associations de locataires en résidence pour aînés pour stimuler la défense de leurs droits. « Comme dans le système de santé, chaque résidence pour aînés devrait avoir son association de locataires ou son comité d’usagers locataires », suggère-t-il.

La dernière année en a été une de « grands chambardements », affirme Myriam Noiseux, qui a succédé le 1er avril 2020 à Jean Thouin, et qui a orchestré le déménagement de l’organisme dans le Vieux-Saint-Jean. Ses bureaux sont maintenant situés à un jet de pierre du palais de justice, au 125, rue Saint-Charles. La directrice générale connaît très bien son équipe, puisqu’elle en faisait partie depuis 13 ans à titre de conseillère.

DIFFICILE D’ACCÈS

La pandémie a aussi compliqué l’accès aux services de santé, à commencer par les médecins de famille. « Ça ne change pas depuis plusieurs années », déplore Mme Noiseux à propos de l’attente au guichet d’accès pour la clientèle orpheline.

Elle cite un autre exemple, soit la difficulté de prendre un rendez-vous en clinique. Il faut parfois le faire en ligne, parfois au téléphone, à un jour et une heure donnée. « Pour les aînés, ce n’est pas évident et ils se découragent », remarque-t-elle.

Dans la catégorie des soins et des services de santé, le CAAP de la Montérégie a rendu 1213 services aux usagers au cours de la dernière année. Si l’on ajoute les questionnements sur le bail en résidence pour aînés, l’organisme a accompagné 1500 personnes dans leurs démarches.