Quatre mois de détention pour un ressortissant indien
Une peine de 120 jours de détention a été imposée à Sahil Sahil, un ressortissant indien de 21 ans, pour avoir aidé des personnes à entrer au Canada sans se présenter à un poste frontalier. La peine a été prononcée le 27 novembre au palais de justice de Saint-Jean.
Un crédit de 75 jours sur sa peine lui a été accordé pour tenir compte de la détention provisoire depuis le 29 août. Il était détenu par l’Agence des services frontaliers du Canada.
Selon l’enquête menée par le poste Champlain (Saint-Jean) de l’Équipe intégrée de l’application de la loi aux frontières (IBET) de la GRC, il faisant partie d’un groupe organisant des passages illégaux à la frontière. Il n’a aucun statut au Canada. Il serait entré au Québec le 15 mai en passant la frontière entre les points d’entrée. Sa demande d’asile a été rejetée.
Une fois sa peine purgée, il sera déporté. L’auto grise de marque Audi de l’année 2009 qu’il conduisait lors de son arrestation a été saisie.
Planque
Selon le rapport policier déposé à la cour, l’enquête a débuté le 14 juin à la suite d’une information reçue d’un migrant d’origine indienne arrêté près de la frontière alors qu’il marchait seul. Il a raconté avoir payé 2400 $, la veille, pour être transporté aux États-Unis. L’homme relatait qu’un groupe organisait des passages illégaux à la frontière à partir d’une maison servant de planque sur la rue Chèvrefils, à Saint-Rémi.
Le 29 août, à 7 h 15, une opération est entreprise par la GRC à la suite de renseignements reçus de la United States Border Police que quatre individus ont été vus marchant aux États-Unis et se dirigeant vers le Canada à la hauteur du chemin Alberton, à Saint-Bernard-de-Lacolle. Une surveillance du logement de Saint-Rémi est entreprise. À 8 h 45, deux véhicules, dont une Audi, en partent et sont suivis par les policiers jusqu’au chemin Alberton.
Une heure plus tard, à 9 h 45, un policier de la GRC intercepte l’Audi sur le chemin Quest, à Sherrington. Cinq personnes en sortent et prennent la fuite dans les bois. Deux autres individus, d’origine indienne, demeurent sur la banquette arrière du véhicule et sont arrêtés pour entrée illégale au Canada. Quelques heures plus tard, avec l’aide du maître-chien, quatre individus sont arrêtés dans les bois. Parmi eux, l’accusé Sahil qui était au volant de la voiture Audi portant une plaque temporaire du Québec.
Réseau
Si Sahil n’a pas parlé à la police, en revanche, cinq des autres individus ont fourni une déclaration.
Un jeune homme de 25 ans raconte qu’il cherchait de l’aide pour entrer illégalement au Canada parce qu’il a des problèmes avec le gouvernement indien. Il a rencontré quelqu’un dans un temple sikh de New York qui a offert de lui arranger ça. Il a été amené avec quatre ou cinq inconnus jusqu’à la frontière canadienne par un conducteur à qui il a remis 1500 $ US. Il a marché deux à trois heures dans les bois en compagnie d’un des inconnus qui partageait leur localisation avec un chauffeur qui les attendait. En arrivant à la route, ils ont embarqué dans une voiture.
Un autre jeune homme relate qu’il a perdu son statut aux États-Unis à la suite du resserrement des mesures d’immigration. Il travaillait dans une pizzéria à New York et un collègue l’a référé à un certain Deepak qui lui a donné des instructions pour entrer illégalement au Canada. Il a été transporté avec d’autres près de la frontière. Ils ont marché puis embarqué dans une Audi qui a été interceptée par la police quinze minutes plus tard. Il a fui, mais il a été rattrapé. Il devait remettre 2500 $ US à un homme qu’il a reconnu en le croisant au poste de police. Il s’agit de l’accusé Sahil.
Un autre individu de 29 ans explique avoir trouvé un groupe de contrebandiers sur Instagram à qui il a envoyé directement un message. Il a été cueilli à son domicile par deux hommes et conduit près d’un bois avec cinq autres individus. Ils ont marché jusqu’à un chemin de terre. Une auto est arrivée et a été interceptée après par la police. Sa famille en Inde devait payer pour le passage.
Un homme âgé de 64 ans s’est fait raconter dans un temple, à l’extérieur de la ville de New York, que c’était facile et sécuritaire de traverser illégalement la frontière. Il devait payer une somme de 2000 $ US à son arrivée au Canada. Une fourgonnette l’a conduit avec six autres hommes. Il devait être logé dans un hôtel de Montréal.
Un cinquième migrant, un homme de 25 ans, précise de son côté qu’un certain Kastior a organisé son passage après qu’il lui a donné 2000 $ US. Ils étaient cinq ou six à marcher dans les bois, guidés par un contact qui était le seul à connaître la direction.
Perquisition
Le 3 septembre, une perquisition est menée à l’appartement de Saint-Rémi. Une comparaison entre les photos saisies et des vidéos apparaissant sur une page Instagram confirme, selon la GRC, que l’endroit a servi de lieu de transit pour les migrants arrivant des États-Unis sur une base régulière.
