Saint-Rémi : Ortec Environnement Services met 22 employés en lock-out

Travail.  Vingt-deux employés de l’entreprise Ortec Environnement Services sont à la rue depuis le 7 janvier, date à laquelle leur employeur a décrété un lock-out. 

Ce geste de l’employeur a semé l’incompréhension chez les syndiqués, qui sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics et au Conseil central de la Montérégie-CSN. 

Les employés d’Ortec occupent des postes d’opérateurs de camions et d’aides-opérateurs. Ils se déplacent sur différents terrains pour des opérations de pompage et de nettoyage de fosses et de réservoirs, entre autres. 

Négociations

Les négociations en vue du renouvellement de la convention collective, qui est échue depuis le 31 décembre 2024, ont commencé le 31 janvier 2025. Un conciliateur s’est joint à la table de négociation au mois de septembre 2025 pour faire avancer les pourparlers.

« Nous comprenons mal la réaction de l’employeur, affirme Pierre-Philippe Lamarque, président du syndicat d’Ortec Environnement à Saint-Rémi. Nous n’avons pas exercé de moyens de pression. Nous n’avions aucun vote de grève dans notre manche avant le déclenchement du lock-out. Le syndicat et ses membres croyaient à la négociation. »

Vote de grève

Quatre rencontres de négociation se sont tenues au cours de l’automne, dont une au début du mois de décembre. La suivante avait été prévue pour le 6 février 2026, avant même le déclenchement du lock-out par Ortec Environnement Services.

« Quand on est arrivés le 7 janvier, il y avait de la sécurité, les serrures étaient changées, tout était fait, déplore M. Lamarque, qui est à l’emploi de l’entreprise depuis 24 ans. À ce moment-là, il n’y avait aucun vote de grève de pris. Ce n’était pas une option pour les gars. Ils aiment leur job. »

En réponse au lock-out imposé aux travailleurs, les syndiqués ont voté en faveur d’un mandat de grève générale illimitée à 89 %, le 7 janvier. 

« Nous avions pratiquement réglé toutes les clauses normatives, mais l’employeur a préféré nous mettre à la rue tout de suite, en pensant que nous allions revenir à genoux pour sa grosse période du printemps. Dorénavant, c’est nous qui décidons quand nous reviendrons », affirme M. Lamarque.

Demandes syndicales

Les demandes syndicales portent sur différents enjeux, dont le salaire, mais aussi le fonds de pension, les vacances et les heures supplémentaires. « Par exemple, ailleurs chez Ortec, les employés ont droit à du temps supplémentaire après 10 heures de travail dans une journée. On veut se rapprocher d’eux, précise M. Lamarque. On demandait du 4 % d’augmentation de salaire, mais l’employeur nous offre seulement 2,25 % et il n’y a pas de négociation. On nous répond juste par oui et non. »

Affectation

Un autre enjeu porte sur l’affectation des travailleurs. « Ce n’est pas tout le monde qui est capable de faire toutes les sortes de jobs, plaide M. Lamarque. Une personne de 60 ans, elle veut peut-être commencer un peu plus tard le matin. En ce moment, ce n’est pas l’ancienneté qui détermine les affectations pour les heures de départ le matin, c’est selon l’humeur de la répartition. J’ai fait une liste de problèmes qu’on rencontre tous les jours, mais l’employeur n’a même pas voulu la regarder. On ne dit pas que notre solution est la meilleure. On peut trouver la solution ensemble, mais l’employeur n’est ouvert à rien. »

Mauvaise foi

Les syndiqués estiment que l’employeur négocie de mauvaise foi. « On nous offre un 0,25 % de plus que l’offre de 2,25 %, à partir de la deuxième année, mais en échange, ils veulent qu’on retire toutes nos autres demandes salariales. On est toujours ouverts à négocier, mais c’est sûr que les gars ne signeront pas n’importe quoi », conclut M. Lamarque.