Saint-Valentin: un acériculteur se fait voler sa production de sirop d’érable
Actualité. Louis-Patrick Godin, qui possède une petite érablière familiale sur le Petit Rang, à Saint-Valentin, s’est fait dérober sa production de sirop d’érable, dans la nuit 28 au 29 mars.
Ce sont plus de 200 conserves, qui étaient entreposées dans son érablière, qui se sont ainsi volatilisées. Le vol a été signalé à la Sûreté du Québec.
« On fait une petite production pour satisfaire une centaine d’amis et de collègues, explique M. Godin. On fait ça pour le plaisir. »
C’est le fruit de deux semaines de travail qui s’est ainsi évaporé. « C’était notre première récolte d’eau d’érable, dit-il. C’est une saison difficile. J’ai eu un bris mécanique lors d’une super coulée, quand toutes les chaudières débordaient. La nuit suivante, il a fait -15 degrés et les chaudières ont débordé parce que tout a gelé. »
Si quelqu’un arrive avec du sirop à vendre et que c’est écrit dans son front qu’il ne possède pas d’érablière, c’est sûr que c’est du recel, alors sachez que vous achetez un produit qui a été volé.
Louis-Patrick Godin, producteur de sirop d’érable
Voleur
Le sirop volé venait tout juste d’être mis en conserve. « Je les laissais refroidir en soirée avant de les mettre dans des caisses, explique M. Godin. Quand je suis arrivé le lendemain matin pour les mettre dans les boîtes, il n’y avait plus rien. »
L’érablière de M. Godin est située sur le Petit Rang, à la frontière entre Saint-Valentin et Saint-Blaise-sur-Richelieu. Il n’y a que trois résidences sur ce rang. « J’ai appelé la police, mais je ne m’attends pas à ce qu’ils fassent une chasse à l’homme. S’ils attrapent quelqu’un qui n’a pas fait son stop et qu’ils voient des cannes sur son siège arrière. On ne sait jamais… », dit-il.
Travail perdu
M. Godin fabrique son sirop de façon artisanale. Cette année, il a procédé à quelque 900 entailles. Il récolte l’eau d’érable à l’ancienne, à l’aide de chaudières accrochées aux arbres. Il récupère l’eau d’érable à la main, avant de la faire bouillir sur un feu de bois.
« C’était la première coulée et elle était belle, se désole M. Godin. C’est pas tant la quantité ou la valeur marchande, mais j’ai travaillé fort pour ce sirop-là. J’ai charrié plus de 4000 litres d’eau d’érable à la main, à travers les branches, avec l’eau qui me coule dans les bottes. C’est insultant de se faire voler, en toute tranquillité, deux semaines de labeur. »
Excellent sirop
M. Godin est surtout attristé par le fait qu’il ne pourra pas livrer son sirop à ses clients. « Mon sirop est excellent. Il a déjà été primé, souligne-t-il. La plupart de mes clients sont des fines bouches et ils me disent que mon sirop est le meilleur. J’en envoie dans l’Ouest canadien, en France et en Écosse. Ça me fait de la peine parce que je vais décevoir du monde cette année. C’est ça qui me heurte le plus. »
