Un homme coupable de conduite dangereuse
Justice. Les observations sur la peine de Tommy Saint-Louis, 27 ans, coupable de conduite dangereuse et d’avoir causé des blessures à deux jeunes femmes lors d’un accident, ont été reportées au 21 janvier 2027.
L’accusé était sans antécédents judiciaires. Un rapport présentenciel a été demandé avant que les avocats fassent part de leurs observations et que le juge décide de la peine.
Le 10 août, l’homme a plaidé coupable à cinq chefs d’accusation portés contre lui à la suite d’un accident survenu le 15 août 2024, à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix. Il a admis que sa capacité de conduire était affaiblie, que son alcoolémie était égale ou supérieure à 80 mg d’alcool par 100 ml de sang et qu’il a causé des blessures à deux personnes. Il a reconnu avoir conduit de façon dangereuse.
De plus, il a amené un policier à entreprendre une enquête en faisant une fausse déclaration. Il accusait une autre personne d’avoir commis une infraction, soit une conduite dangereuse. Enfin, il a volontairement entravé un policier dans l’exécution de ses fonctions. Un exposé des faits a été présenté au juge.
Collision frontale
Le 15 août 2024, vers 22 h 15, une collision frontale impliquant deux véhicules a eu lieu devant le 1391, rue Principale (route 223), à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix. Elle impliquait un véhicule Infiniti G37 avec à son bord l’accusé et deux autres hommes âgés respectivement de 24 et 30 ans. Dans l’autre véhicule, un Pontiac Sunfire, se trouvaient deux jeunes femmes de 19 ans.
À l’arrivée des premiers répondants, l’accusé est couché dans le fossé, près de la voiture Infiniti, et se plaint de douleurs. Un pompier lui porte secours et détecte une odeur de « fond de tonne » provenant de son haleine.
À l’un des policiers, Saint-Louis raconte que lui et les deux autres hommes se sont arrêtés au dépanneur, à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, où un individu prénommé Vincent les a abordés pour avoir un transport. L’accusé dit qu’il a accepté de l’embarquer, mais il lui a demandé de prendre le volant. Saint-Louis prétend alors que Vincent conduisait au moment de la collision et s’est enfui par la suite sur la 101e Avenue. Les deux autres passagers de l’Infiniti fournissent la même version.
Le ratissage des alentours ne permet pas aux policiers de trouver l’individu. Les images des caméras de surveillance du dépanneur Esso et du restaurant La Belle Province, sur la rue Principale, ne montrent en aucun temps la présence de l’Infiniti sur les lieux au cours de la soirée.
De son côté, la conductrice de la voiture Pontiac Sunfire, qui est gravement blessée, mentionne aux premiers répondants avoir bu une gorgée de café et croit avoir bifurqué de sa trajectoire.
Enquête
Au cours de l’enquête, le frère d’un des passagers de l’Infiniti remet à la police une vidéo, vraisemblablement enregistrée à partir de la banquette arrière du véhicule et peu de temps avant la collision. On y voit Saint-Louis au volant et qui éteint les phares en croisant un véhicule.
Le passager qui a filmé la scène a fait une déposition à la police le 12 septembre 2024. Il relate que le 15 août 2024, il a passé la journée avec l’autre passager. Les deux hommes se sont rendus chez l’accusé et ont bu ensemble une grosse bouteille de whisky Fireball. Ils ont pris environ 8 shooters chacun avant le souper. Ils sont allés à la SAQ en soirée. Il ne se souvient pas de la collision parce qu’il était en état d’ébriété.
L’autre conducteur confirme être allé avec l’autre passager à la SAQ à Iberville pour acheter une bouteille de whisky Fireball. Chez l’accusé, ils ont consommé rapidement de l’alcool et fumé un ou deux joints de cannabis. Vers 21 h, les trois hommes sont partis à bord de l’Infiniti que l’accusé a conduit toute la soirée. Ils ont roulé sur la route 223, en direction sud.
Le témoin précise s’être senti stressé parce que l’accusé a éteint les phares du véhicule. Il déclare avoir vu l’accusé prendre une ou deux gorgées de whisky en conduisant. Il se souvient s’être arrêté au pont de Noyan pour uriner. Il reconnaît qu’ils n’ont jamais fait monter une quatrième personne. Après la collision, les trois hommes se sont concertés pour inventer l’existence de Vincent.
Vitesse
Au lieu de la collision, la route à deux voies est en ligne droite et il n’y a pas d’éclairage. La vitesse maximale permise est de 90 km/h. Au moment de l’accident, la chaussée était sèche. La collision s’est produite dans la voie sud de la route, soit celle où circulait la Pontiac dans laquelle étaient assises les deux jeunes filles qui ont été blessées.
La reconstitution de l’accident par un policier de la Division de l’expertise en véhicules et collisions de la Sûreté du Québec a montré aussi que cinq secondes avant l’accident, le véhicule Infiniti, conduit par l’accusé, circulait en direction nord à 137 km/h et a accéléré jusqu’à 151 km/h au moment de l’impact. L’Infiniti n’a pas freiné, mais le volant tourné vers la droite suggère que le conducteur a tenté de retourner dans sa voie. De plus, les phares semblaient éteints, note le policier dans son rapport. Mentionnons que la voiture Pontiac roulait à une vitesse de 106 km/h et a freiné.
ADN
Les coussins gonflables du siège du conducteur de l’Infiniti ont été envoyés au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale pour y rechercher le profil génétique du conducteur au moment de la collision. Une tache de sang a été décelée sur le coussin du volant.
En vertu d’une autorisation judiciaire, un échantillon de substances corporelles a été prélevé chez l’accusé. Son analyse a révélé que le profil génétique de l’accusé se trouvait sur le coussin gonflable du volant de l’Infiniti.
Blessé lors de l’accident, l’accusé a été transporté à l’hôpital. Une analyse de son sang a révélé que son alcoolémie se situait au-dessus de la limite permise.
Blessures
La conductrice de la Pontiac a subi plusieurs blessures, dont de nombreuses fractures ainsi que des lacérations à des organes. Elle a souffert d’amnésie. Sa passagère a aussi été blessée et a souffert de fractures, de plusieurs ecchymoses et d’un choc post-traumatique.
