L’industrie du golf en perte de vitesse

SPORTS. Selon un récent rapport de la Table de concertation des associations de golf, il s’est joué 20% moins de rondes de golf au Québec en 2013. Manque de temps des joueurs, absence de relève, météo capricieuse, les raisons sont nombreuses pour expliquer la baisse d’achalandage des terrains de golf, phénomène que l’on observe aussi dans notre région.

Certains comme Martin Côté, qui dirige le Club de golf Triangle d’or de Saint-Rémi, pointent du doigt la météo. «Annuellement, on compte 40 000 départs chez nous, mais je dirais qu’on en manque entre 3 000 et 4 000 à cause de la pluie et des conditions météorologiques», explique-t-il.

André Guay, propriétaire du Golf International 2000, à Saint-Bernard-de-Lacolle, abonde dans le même sens. «Cette année, c’est l’année la plus tardive qu’on a ouvert, vers le 7 avril.» 

Il faut dire que ce terrain de golf a fait sa renommée en étant le premier à ouvrir et le dernier à fermer, au Québec. Pour être en mesure d’opérer dès le début du mois de mars, on souffle la neige sur les 27 trous que compte ce terrain de golf unique. «Ça aide à ouvrir et à fermer la saison, soutient M. Guay.

Ce dernier déplore aussi le changement de la loi quant à l’obligation de présenter son passeport pour traverser la frontière américaine.  «On avait 10% à 15% d’augmentation du nombre de joueurs par année depuis 1995.  Ça baisse depuis trois ans, mais cette année c’est pire.» 

Il estime qu’environ 20% des joueurs provenaient des États-Unis, proportion qui a chuté sous les 5% aujourd’hui.  «Ç’a fait fuir les Américains.  Ils ne prennent pas de passeport, ils ne voyagent pas à l’extérieur de leur pays.»  

Raisons

Outre la météo et le passeport obligatoire, plusieurs autres explications sont évoquées par les dirigeants de terrains de golf pour expliquer la baisse d’engouement pour ce sport, dont le trop grand nombre de terrains.  «Il y a sept ou huit terrains de golf qui devraient disparaitre dans la région de Montréal, estime M. Guay.  Quand j’ai commencé à construire mon terrain en 1992, une étude disait qu’on avait besoin d’une douzaine de terrains de golf dans la région, mais il s’en est construit 35.»

Selon Christian Hamel du club de golf de Hemmingford, il faut que le golf se renouvelle pour attirer les jeunes joueurs.  «Il faut être plus ouvert et la règlementation doit être plus souple, estime-t-il, faisant notamment référence à la tenue vestimentaire.  La nouvelle génération est réfractaire à cette réglementation.» 

Il note aussi l’effet négatif de la Commission Charbonneau qui rend les entreprises plus frileuses. «Quand le maire d’une ville ne fait plus de tournois parce que les commanditaires ne veulent plus s’associer… Il y a beaucoup de business qui se faisait par le golf. Le monde du golf vivait beaucoup avec les tournois et les personnalités publiques venaient, mais on les voit de moins en moins», explique M. Hamel.  

Enfin, M. Hamel souligne la fiscalité comme un autre irritant qui éloigne les entreprises du monde du golf. «Les repas dans un club de golf ne sont pas déduits à 100% comme dans une loge au Centre Bell. Il y a des entreprises qui ne s’associent pas au golf à cause de ça. La fiscalité n’est pas traitée sur un même pied d’égalité.»

Avec la collaboration de Marie-Claude Pilon et Isabelle Laramée

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