Deux jeunes filles blessées dans une collision: une conductrice ivre écope de 15 mois de prison

Par Louise Bédard
Deux jeunes filles blessées dans une collision: une conductrice ivre écope de 15 mois de prison
Les deux jeunes victimes ont témoigné avant que le juge Éric Simard prononce la sentence au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu. (Photo : : Le Canada Français - Archives)

Jacinthe Haeck, 54 ans, une récidiviste de l’alcool au volant, a été condamnée le 12 décembre, à 15 mois de prison pour avoir conduit avec les facultés affaiblies et causé des blessures à deux jeunes filles.

Le 5 novembre 2021, vers 18h30, sur la rue Principale, à Saint-Michel, des citoyens remarquent la conduite très erratique d’une automobiliste qui louvoie et circule parfois sur la voie inverse. 

La conductrice s’engage dans une courbe en S et conduit complètement en sens inverse. Elle roule les phares éteints. Elle entre en collision avec la voiture conduite par une jeune fille de 17 ans et dans laquelle se trouve sa sœur de 10 ans. L’impact est violent au point où l’arrière du véhicule de l’accusée lève de terre. Les feux de freinage n’ont pas été actionnés, a expliqué Me Stéphanie Vautour, procureure de la poursuite. 

Des citoyens portent secours aux victimes. La jeune conductrice a le visage en sang. Sa sœur est inconsciente, mais revient à elle. Une de ses jambes est coincée. 

L’accusée reste dans son véhicule jusqu’à l’arrivée des policiers et s’informe de l’état des deux victimes. Le taux d’alcool dans son organisme s’élevait à 165 mg, soit le double de la limite permise.

Victimes

Les deux jeunes victimes ont témoigné avant que le juge Éric Simard prononce la sentence. La conductrice de 17 ans a raconté en pleurant qu’elle croyait sa jeune sœur morte. Elle a éprouvé un sentiment de culpabilité durant quelques mois. Le juge lui a fait remarquer que ce n’était pas sa faute.

Une fracture au nez l’a empêchée de travailler durant trois semaines. Elle attend une intervention chirurgicale. Elle a eu des flashbacks de l’accident qui lui ont causé beaucoup d’anxiété. Encore aujourd’hui, elle conduit avec la peur de faire un face-à-face. Le positif de cet événement est que ma petite sœur et moi, nous nous sommes rapprochées, a-t-elle mentionné.

Sa sœur cadette a subi des blessures plus sérieuses. Elle a dû demeurer trois mois à la maison avant de reprendre l’école. Elle a souffert d’une fracture au fémur, au tibia et au péroné à une jambe. Elle a dû subir deux interventions chirurgicales. De plus, elle a souffert d’une commotion cérébrale importante. Elle ne se souvient de rien, mais les cicatrices sur son corps lui rappellent l’accident.

Accusée

L’accusée s’est adressée elle aussi à la cour. Des événements, elle a retenu qu’il était temps qu’elle se fasse soigner. Elle a suivi deux thérapies au cours de la dernière année pour régler un passé très douloureux et accepter qui elle était, a-t-elle dit. Elle poursuivra les rencontres avec sa thérapeute en sortant de prison, car elle a connu des rechutes de consommation d’alcool depuis l’an dernier.

« Je vais m’en vouloir toute ma vie pour ces enfants-là. (…) Je suis une maman et je suis une grand-mère. Je sais très bien ce que les parents ont pu ressentir », a-t-elle ajouté en sanglotant. 

La femme a demandé à pouvoir s’adresser directement aux victimes et à leur famille.

« Je veux que vous sachiez que je ne suis pas la femme que vous avez croisée ce soir-là. Je n’ai pas voulu ça. J’ignore pourquoi la vie vous a mises sur mon chemin et pourquoi j’ai pris mon véhicule parce que je ne m’en souviens même pas. Je suis vraiment désolée », a-t-elle déclaré en demandant pardon aux deux jeunes filles et leurs parents. 

Détention

Les avocats ont présenté une suggestion commune d’une peine de 15 mois de détention qui sera suivie d’une probation de deux ans et d’une interdiction de conduire de trois ans. 

Le juge a retenu la recommandation, la jugeant raisonnable. Il prend en compte le plaidoyer de culpabilité de l’accusée y voyant une démonstration qu’elle assume la responsabilité de ses gestes. 

Il lui a fait remarquer qu’elle avait déjà été condamnée en 2016, ce qui aurait dû sonner une alarme chez elle. On peut avoir un problème d’alcool, mais cela ne nous fait pas conduire, lui a-t-il fait observer, expliquant qu’elle est punie pour avoir conduit. Le juge a dit espérer ne plus jamais la revoir.  

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