Saint-Bernard-de-Lacolle: deux ans de prison avec sursis pour contrebande d’armes

Par Louise Bédard
Saint-Bernard-de-Lacolle: deux ans de prison avec sursis pour contrebande d’armes
L'accusée avait été interceptée au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle en septembre 2018. (Photo : : Le Canada Français - Archives)

Justice. Enza Esposito, une citoyenne canadienne résidant à Lachine, a été condamnée à deux ans de prison à purger dans la communauté pour importation de 19 armes à feu prohibées ou à autorisation restreinte ainsi que des dispositifs prohibés.

La femme âgée de 43 ans avait été arrêtée au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle le 22 septembre 2018. Elle a reçu sa sentence le 6 février dernier.

En 2018, une enquête était en cours et visait Naomi Haynes, une femme soupçonnée de contrebande d’armes à feu. Le 6 septembre 2018, un avis de guet était émis concernant Enza Esposito, considérée comme une personne d’intérêt parce qu’elle avait déjà traversé la frontière avec Noami Haynes à trois reprises.

Le 22 septembre 2018, vers 11h57, l’accusée Esposito entrait aux États-Unis par le poste frontalier de Champlain (NY). Elle était au volant de son véhicule, un Ford Escape. À 12h30, elle s’est garée dans le stationnement du centre commercial de Plattsburgh. Elle a été vue par les caméras de surveillance entrant au magasin Target et dans d’autres commerces.

L’examen des communications de l’accusée a montré qu’elle a communiqué juste avant d’entrer au centre commercial avec Tageina Lloyd Belone, le père d’un des enfants de Noami Haynes.

Contrebande

À 13h30, alors que l’accusée n’était pas présente, un homme a été vu pendant qu’il entrait dans le véhicule de celle-ci. La voiture a quitté le champ de surveillance des caméras du centre commercial et le conducteur s’est dirigé vers une destination inconnue. Les armes de contrebande ont alors été placées dans un compartiment caché du Ford Escape.

En plaidant coupable, l’accusée a admis qu’elle savait que des marchandises de contrebande allaient être dissimulées dans son véhicule et que le but de son voyage à Plattsburgh était de rapporter de la contrebande au Canada. Dans un exposé des faits, il a été reconnu que Enza Esposito ne savait pas ce qu’elle importait. Elle ignorait qu’il s’agissait d’armes parce qu’elle n’a pas cherché à le savoir.

À 13h49, l’accusée a communiqué de nouveau avec Tageina Lloyd Belone. À 14h08, le véhicule de l’accusée était de retour dans le stationnement du centre commercial. Cinq minutes plus tard, l’accusée était aperçue marchant vers son véhicule.

Interception

À 14h45, Enza Esposito se présentait au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle et déclarait avoir acheté 27$ d’épicerie à Plattsburgh. La fouille de son véhicule a permis aux agents frontaliers de découvrir le compartiment secret.

À l’intérieur se trouvaient 17 armes de poing prohibées et deux armes à autorisation restreinte ainsi qu’un silencieux, un viseur au laser et 32 chargeurs, tous des dispositifs prohibés.

Le GPS du véhicule était programmé pour le voisinage de la résidence de Tageina Llyod Belone. Quelque temps après le passage de l’accusée à la frontière, Naomi Haynes se présentait à son tour aux douanes.

Sentence

Même si elle semble clémente, la peine suggérée par les avocats est raisonnable et les conditions de son application sont assez sévères, a fait valoir Me Catherine Legault, procureure de la poursuite.

L’accusée est condamnée à une peine de deux ans moins un jour de détention à purger dans la collectivité. Elle est assignée à résidence pour la première année de la peine avec des exceptions. Un couvre-feu lui est imposé durant la seconde année de la peine.

Par la suite, la femme sera soumise à une probation de deux ans. Elle devra effectuer 100 heures de travaux communautaires. Il lui a été interdit de communiquer avec les deux autres personnes mentionnées. Il lui est défendu de posséder des armes pour une période de dix ans.

Le juge a suivi la recommandation. Faisant référence au rapport présentenciel, il a considéré que l’accusée avait commis l’infraction dans un contexte particulier et sous la mauvaise influence de son entourage. Le magistrat espère que le passage de l’accusée devant la justice aura un effet dissuasif.

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